Le pape François à la basilique Saint-Pierre au Vatican. Filippo Monteforte/AFP
Le pape François a invité dimanche dans sa « maison » au Vatican les présidents Shimon Peres et Mahmoud Abbas à prier avec lui pour la paix.
À son retour de Jérusalem, le pape avait tenu à clarifier son dessein devant les journalistes l'accompagnant dans l'avion, alors que les spéculations s'amplifiaient sur l'amorce d'une médiation du Vatican. « Peut-être ne me suis-je pas bien expliqué... Cette rencontre de prière ne sera pas pour une médiation ou pour chercher des solutions. Nous nous réunissons pour prier, c'est tout. Et après, chacun reviendra chez soi. » « Prier ensemble sans faire aucune discussion, cela peut aider », avait-il estimé. Pour la rencontre de prière qui pourrait se tenir dans les jardins du Vatican, les deux chefs d'État devraient être accompagnés de rabbins et d'imams, et par le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée, déjà présent avec le pape en Terre sainte. Selon le site Il Sismografo, le Vatican veut faire en sorte « que chacun puisse prier dans le respect de son identité de foi ». L'insistance du pape pour souligner qu'il ne s'agit pas d'une médiation n'exclut pas que la diplomatie vaticane puisse se mobiliser. Le secrétaire d'État Pietro Parolin est en outre un grand connaisseur du dossier israélo-palestinien.
De leurs côtés, informés auparavant de cette initiative, les deux présidents s'étaient rapidement déclarés disponibles. En effet, le mandat de M. Peres s'achève en juillet, ce dernier possède une marge de manœuvre étroite après avoir été désavoué en 2011 par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, pour avoir tenté de mener des négociations secrètes avec
Mahmoud Abbas. Cette prière a lieu dans un contexte particulièrement délicat, alors que M. Abbas a formé un nouveau gouvernement soutenu par le mouvement radical palestinien Hamas, ennemi juré d'Israël.
« Ce serait une folie de ma part ! »
La démarche de François vise à montrer par des gestes que les trois religions monothéistes ont des racines communes et doivent s'entendre pour la paix sur une terre sacrée pour elles trois. C'est ainsi qu'il a déposé la prière du « Notre Père » dans le Mur des lamentations, et qu'il a donné l'accolade devant ce mur à un rabbin et à un professeur musulman.
Dans l'avion, François, interrogé sur l'avenir de Jérusalem, avait reconnu que le Saint-Siège avait son « point de vue religieux » mais que le pape n'était pas « compétent » sur le plan politique : « Je ne me sens pas compétent pour dire : il faut qu'on fasse ceci ou cela. Parce que ce serait une folie de ma part ! »
(Source : AFP)


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