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À La Une - La Femme De La Semaine

Superstitieuse, avide lectrice et fan de moto : la face cachée de Dilma Rousseff

La présidente du Brésil dévoile devant la presse une facette de sa personnalité que peu connaissent.

 

 

Dilma Rousseff à Brasilia, le 16 avril 2014. AFP/Evaristo SA

La présidente du Brésil Dilma Rousseff dévore des livres qui lui dérobent des heures de sommeil, regarde des séries télévisées, est superstitieuse en football et n'hésite pas à déjouer ses agents de sécurité pour faire des escapades à moto.

Mme Rousseff, 66 ans, a une réputation de "dame de fer" autoritaire depuis qu'elle a été chef du gouvernement de Luiz Inacio Lula da Silva, son parrain politique, et après être devenue la première femme présidente de la plus grande économie sud-américaine.

Mais elle peut parler aussi avec enthousiasme d'un bon livre, du plaisir de flâner incognito dans les rues de Rome et de New York, "quelque chose que je ne peux faire qu'à l'étranger" ou de la "grande sensation de liberté" à faire de la moto. En août dernier, un ami du gouvernement lui lançait "On fait une fugue ?", en lui offrant de faire un tour sur sa Harley Davidson rouge. La chef de l'Etat n'a pas hésité, et faisant fi de la sécurité a sillonné les rues de Brasilia incognito.

Ces anecdotes, elle les a confiées mardi soir lors d'un dîner avec la presse étrangère au Palais de l'Alvorada, le palais présidentiel, où elle a dévoilé une facette de sa personnalité que peu de Brésiliens connaissent.

 

Superstitieuse
Habituellement réticente aux interviews avec la presse, la présidente s'est montrée décontractée, contente du résultat 4 à 0 du match amical de la Seleçao contre le Panama mardi et des possibilités de victoire du Brésil pour le Mondial qui commence le 12 juin. Elle est même descendue de son estrade en quête d'un banc dans la salle pour "toucher du bois". "Je suis très superstitieuse en football, comme tous les Brésiliens", a-t-elle confié. Elle dit qu'elle fera de tout pendant le Mondial : toucher du bois, porter son bracelet orné d'un œil porte-bonheur grec et croiser les doigts pendant les matches.

De son passé d'ex-guérilléra qui a subi la torture et la prison, elle ne fait qu'une brève allusion en rappelant que le fait d'avoir passé le Mondial de 1970 en prison lui a appris à faire la différence entre le foot et la politique : la Seleçao appartient à une nation, pas à un gouvernement.

 

(Lire aussi: Mondial : Dilma Rousseff répond aux critiques et s'en prend à la FIFA)

 

Game of Thrones
"Sans lire, je n'arrive pas à dormir", explique-t-elle aussi, reconnaissant qu'elle perd ainsi des heures de sommeil, et qu'elle est fan de son Kindle où elle peut lire "de nombreux livres qui n'ont pas encore été traduits en portugais". Mme Rousseff lit le français, l'anglais et l'espagnol, assure son chef du gouvernement, Aloizio Mercadante.

Regarder "n'importe quel film" et les séries televises, spécialement celles de la BBC, est un autre hobby de la présidente, même si elle connaît aussi des succès actuels, comme "Game of Thrones".

Défendant mordicus les grands travaux d'infrastructure en cours et ses efforts pour améliorer la distribution des revenus et l'éducation, Mme Rousseff a montré aussi son côté gestionnaire. Elle a exposé dans les moindres détails techniques chacun des projets, comme les gigantesques voies ferrées ou le détournement du Rio Sao Francisco dans le nord-est pour approvisionner les habitants en eau potable.

 

Les employés du métro de Sao Paulo ont entamé jeudi une "grève illimitée", mettant sous forte pression les autorités à une semaine du coup d'envoi du Mondial dans la capitale économique brésilienne, d'où était partie la fronde sociale historique de juin 2013. Il y a un an exactement, Sao Paulo avait donné le coup d'envoi de la fronde sociale historique qui allait ébranler ce gigantesque pays émergent de 200 millions d'habitants en pleine Coupe des confédérations. Des manifestations d'abord limitées d'étudiants paulistes réclamant la gratuité des transports publics et durement réprimées par la police militaire avaient rapidement fait tâche d'huile dans tout le pays. Des centaines de millions de manifestants brésiliens rejetant toute bannière politique avaient dénoncé, parfois violemment, les 11 milliards de dollars d'argent public dépensés pour l'organisation du Mondial et réclamé des investissement massifs dans les transports publics, la santé ou l'éducation.

 

Revenant sur l'affaire de la NSA (en 2013, la chaîne de TV Globo avait révélé que la NSA avait espionné les communications de Dilma Rousseff, de ses proches collaborateurs et de millions de Brésiliens ainsi que les données de la plus grande entreprise du Brésil, le géant pétrolier Petrobras), la présidente a indiqué qu'elle attend toujours, du gouvernement des Etats-unis, un "fort signal", une garantie qu'ils n'espionneront plus les autres pays, après les révélations d'espionnage faites l'année dernière par Edward Snowden.


Interrogée sur une légalisation du cannabis, comme l'a fait son ami José Mujica, président uruguayen, Dilma Rousseff a rejeté cette option, estimant que la réalité des deux pays est très différente avec une forte présence du crime organisé dans le géant sud-américain. "Notre fonction est de contrôler les armes et la drogue aux frontières", dit-elle.

 

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