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Culture - Parution

Rihani, le pluraliste à quatre mains

L'Est et l'Ouest étaient réunis en lui, un monde immense qu'il a pu embrasser dans ses écrits. Une compilation de cette pensée rihanienne ne peut qu'être la bienvenue.

Souheil Bushruï et May Rihani.

Intitulée Rihani, l'essence et éditée par l'Université du Maryland, elle comporte une double signature: Souheil Bushruï et May Rihani. Le premier est à la tête de la chaire Gibran Khalil Gibran à l'Université du Maryland et la seconde est la nièce du célèbre écrivain et une experte de son legs et en éducation internationale. En 300 pages, les deux auteurs exposent la richesse des idées et des réalisations d'Amine Rihani à travers une sélection de ses analyses philosophiques, spirituelles, politiques et sociales, de ses poèmes et autres créations. Et le lecteur découvre son parcours à partir de son village de Freiké (où il est né en 1876) vers les États-Unis (où il émigre à l'âge de 12 ans), l'Europe et le monde arabe, avant de regagner son village natal (où il meurt en 1940 et où se trouve un musée qui lui est dédié). Des pérégrinations qui feront de lui une figure importante du mouvement littéraire du «mahjar» (émigration) et l'un des premiers théoriciens du nationalisme arabe. Rihani, qui maniait avec le même talent les langues arabe et anglaise, avait tout du citoyen du monde. Ayant partagé sa vie entre les États-Unis, l'Europe et la péninsule arabique, il prônait avec conviction l'intérêt de développer le concept unitaire arabe d'États modernes, au-delà de toute tension religieuse, à l'image de l'actuelle Europe unifiée.

Une tente à Freiké
Ce modèle sociopolitique est notamment mis en exergue dans l'introduction de l'ouvrage où l'on retrouve Rihani dans sa période américaine disant: «Le melting-pot a certainement une âme... À son instar, l'esprit combiné de l'Orient et de l'Occident peut se couler dans une conscience universelle prismatique, où tout un chacun pourra se reconnaître.» On relève aussi que c'est cette même Amérique qui poussera le grand penseur libanais à en savoir plus sur le prophète Mahomet et l'islam, après la lecture de l'ouvrage de l'historien anglais du XIXe siècle Thomas Carlyle, intitulé Héros et culte de l'héros. Et voici l'image qu'il avait de lui-même: «Dans mon esprit, modelé par l'influence de l'Amérique, de la France et de l'Angleterre, venait se fondre quelque chose de l'imaginaire oriental.»
Pour preuve, une fois rentré au Liban et installé dans sa maison à Freiké, il avait dressé là une tente égyptienne décorée d'arabesques et de calligraphies poétiques et en avait fait son salon littéraire, accueillant rencontres et débats.
Il fallait bien cette écriture à quatre mains (Bushruï-Rihani) pour cerner l'incernable Rihani et son pluralisme, allant notamment de son Livre de Khaled au Sentier de visions, Est-Ouest, en passant par Le Chemin blanc et le désert, Ibn Saoud d'Arabie, Le Cœur du Liban, Un chant mystique, Vagues de ma vie et autres poèmes, Lettres à l'Oncle Sam et ses articles parus dans al-Hoda, premier journal publié en langue arabe aux États-Unis en 1898 par le Libanais Naoum Anthony Moukarzel.

Intitulée Rihani, l'essence et éditée par l'Université du Maryland, elle comporte une double signature: Souheil Bushruï et May Rihani. Le premier est à la tête de la chaire Gibran Khalil Gibran à l'Université du Maryland et la seconde est la nièce du célèbre écrivain et une experte de son legs et en éducation internationale. En 300 pages, les deux auteurs exposent la richesse des idées et des réalisations d'Amine Rihani à travers une sélection de ses analyses philosophiques, spirituelles, politiques et sociales, de ses poèmes et autres créations. Et le lecteur découvre son parcours à partir de son village de Freiké (où il est né en 1876) vers les États-Unis (où il émigre à l'âge de 12 ans), l'Europe et le monde arabe, avant de regagner son village natal (où il meurt en 1940 et où se trouve un musée qui...
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