Les étudiantes entourant le Dr Faten Kobrosli et l’écrivaine francophone Mme Ezza Agha Malak.
La journée scientifique organisée à la faculté des lettres et sciences humaines, section V, de l'Université libanaise, le mercredi 7 mai, autour du thème : « Lectures et réflexions sur les violences faites aux femmes à travers les œuvres des écrivaines francophones Calixthe Beyala et Ezza Agha Malak » a permis d'aborder et d'analyser les différents aspects de ce grave fléau social et a constitué une occasion pour les étudiantes en lettres de présenter le travail assidu, multidisciplinaire et de longue haleine qu'elles ont mené avec leur professeur, le Dr Faten Kobrosli, tout au long de l'année écoulée.
La rencontre, qui a rassemblé de nombreux académiciens, notamment le Pr Asma Chamli, doyenne de la faculté des lettres et des sciences humaines, le Dr Ali Hijazi, directeur de la faculté des lettres, section V, des professeurs, des experts, d'hommes et de femmes de lettres, des représentants des ONG locales qui luttent contre la violence conjugale, de l'AUF, de l'IF, de l'Unesco, du CRDP, du ministère de l'Éducation, des étudiants et des parents, a été marquée par d'intéressantes lectures, des débats constructifs et de riches interventions.
À l'origine de l'événement, une colère contre la violence conjugale qui ne fait qu'empirer au Liban et le souci de « promouvoir la lecture et d'éveiller l'esprit critique, créatif et productif des étudiants », selon le Dr Faten Kobrosli, instigatrice, coordinatrice et organisatrice de la rencontre.
Outre les interventions des auteurs et des experts, des ateliers ont été organisés au cours du colloque sur : « Les violences faites aux femmes dans les œuvres littéraires suivantes : Le petit prince de Belleville de Calixthe Beyala et Qu'as-tu fait de tes mômes, Papa ? de Ezza Agha Malak » ; « l'aspect littéraire et sociocritique, représentation de différentes violences présentes entre le dit et le non-dit dans les œuvres » – animé par le Dr Faten Kobrosli, professeur de littérature comparée et de didactique ; « l'aspect psychologique : les répercussions de ces violences sur les mômes », présenté par le Dr Kamal Wehbi, professeur de psychologie – atelier suivi par des études de cas vivants présentées par Mme Mirna Karouny, vice-présidente de l'association Dites non à la violence – ; l'aspect juridique des violences conjugales, animé par le Dr Wissam Ghayad, directeur de la faculté de droit, section V ainsi que le côté religieux présenté par le Dr Hassan Jouni, professeur à l'Université islamique.
L'art pour dénoncer a violence
Deux films conçus par et avec les étudiantes sous la direction du Dr Faten Kobrosli ont été présentés au public : Stop ! Arrêtez toutes ces violences faites aux femmes ! – dont le scénario rédigé par les étudiantes et leur professeure à partir des œuvres étudiées et filmé par le caméraman Ahmad Ismaïl, est joué avec brio par les étudiantes Nagham al-Khatib, Haïfa Chouman, Zeinab Chouman, Hawraa Daher, Sandy Ghantous, Nour Kryem et Nour Fawaz – et Le parcours d'un cours de littérature comparée en action, réalisé par l'étudiante du diplôme Lama Kanso pour marquer les étapes clés du travail. Sans oublier le témoignage de Mme Hala Halawani, peintre et enseignante d'art, qui a accompagné les étudiantes dans la création de tableaux, de peinture et de collage, de portraits de femmes inspirés des œuvres de Calixthe Beyala et de Ezza Agha Malak, dont certains sont très bouleversants et qui ont été exposés au cours de la journée. « Le Dr Faten Kobrosli a proposé le beau titre de l'exposition « Bleus de femmes ». Elle a voulu que ses étudiantes apprennent comment transformer un mot, une phrase, un paragraphe en un sentiment ou une réalité que le spectateur peut deviner en observant un tableau de peinture ou de collage », a-t-elle affirmé.
Une rencontre variée et très réussie, de l'avis de tous les participants qui leur a permis, entre autres, de découvrir, d'analyser et de comparer les différents types de violences que subissent les femmes en Afrique, au Liban et en France et d'identifier différentes techniques d'écriture, de riches lexiques et de multiples figures de style utilisés pour évoquer et dénoncer les violences dont souffrent les femmes.

