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Liban - Environnement

Un nouveau réseau sur les forêts méditerranéennes voit le jour à Rabat


Il est étonnant de constater combien les problèmes dont souffrent les forêts en région méditerranéenne sont similaires d'un pays à l'autre. Les échanges entre les forestiers de cette région mettent toujours cette réalité en évidence, mais la coopération entre spécialistes de divers pays aura désormais un nouveau cadre, le Réseau des communicateurs forestiers dans la région méditerranéenne. C'est à l'initative de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) et de la GIZ (Agence allemande de coopération internationale, qui gère un projet régional pour le développement des politiques forestières) qu'un atelier de travail autour de la communication forestière (ou comment promouvoir les projets autour des forêts) a été tenu la semaine dernière à Rabat, en présence de représentants d'une dizaine de pays, dont le Liban. Une réunion qui a débouché sur la création de ce réseau de communicateurs qui privilégiera les échanges d'expériences et d'expertise, sans perdre de vue la nécessité de mieux promouvoir les questions relatives aux forêts méditerranéennes dans les forums mondiaux tels les sommets sur le changement climatique par exemple.

Une Libanaise, Patricia Sfeir, fondatrice de SEEDS-Int., a été désignée coordinatrice d'un comité de cinq personnes regroupant Pilar Valbuena d'Espagne, Abdelmalek Abdelfettah d'Algérie, Najiba Ennoursaid du Maroc et Fayda Mgadmi de Tunisie. Ce comité a tenu une première réunion à l'issue de l'atelier de travail et devrait se réunir dans l'avenir proche pour décider des prochaines étapes de travail.

Ce regroupement n'est pas le premier en son genre : un réseau européen de communicateurs forestiers existe depuis une vingtaine d'années, d'autres ont été créés plus récemment en Amérique latine, en Afrique, en Amérique centrale, en Asie-Pacifique ainsi qu'en Afrique de l'Ouest. Tous ces réseaux, ainsi que le nouveau, jouissent de l'appui de la FAO qui a aidé à les mettre en place, même si leur fonctionnement dépend largement de la volonté et de l'énergie de leurs membres. Les stratégies mises en place par les membres de ces différents réseaux ont tenté au mieux de rapprocher les distances entre leurs membres, s'appuyant sur des supports tels que des pages Facebook, des sites Internet interactifs, des réunions régulières...

Ces différentes expériences ont été relatées au cours de l'atelier de travail par Maria De Cristofano, de la FAO. Insistant sur l'interactivité des débats et le dynamisme des échanges au sein de ces réseaux, elle s'est félicitée du fait que la création d'un réseau méditerranéen vient fermer la boucle puisqu'elle complète cette série de réseaux représentant les zones forestières majeures du globe. Elle a précisé que les échanges ne se limitent pas aux membres d'un même réseau, mais que ces groupes ont la possibilité de communiquer entre eux. Pour sa part, Colin Morton a parlé des leçons à retenir de l'expérience la plus ancienne en la matière, celle du réseau européen. Selon lui, grâce au forum interactif mis en place, le réseau a permis d'améliorer le professionnalisme des communicateurs forestiers européens, qu'ils soient experts, journalistes... Toutefois, en réponse à une question, il a reconnu que l'impact sur les politiques nationales des pays représentés reste pour l'instant limité.

« Créer des synergies entre les pays »

Patricia Sfeir, la coordinatrice de ce nouveau réseau, s'est confiée à L'Orient-Le Jour sur ce que signifie pour elle, mais aussi pour le Liban, sa désignation à ce poste. « Je trouve très smbolique que dans un secteur dominé traditionnellement par les hommes, un tel comité n'en compte qu'un seul et qu'il soit présidé par une femme, dit-elle. Pour moi, en tant que femme et que forestier, cette nomination est une véritable récompense. Il y a tellement de défis à relever que ce processus sera sans nul doute interactif et dynamique. Et il est symbolique également que ce soit le Liban, un pays du Sud, qui occupe cette position de leader. »

Pour la jeune femme, un tel réseau « contribuera à créer des synergies entre les pays, à instituer une communication plus intense au niveau des échanges d'expériences et des leçons apprises ». « Il sera crucial d'élaborer une stratégie commune pour faire face aux défis de la région, sutout en ce qui concerne le changement climatique », poursuit-elle.

Quelle importance revêt un tel réseau et comment s'assurer de son bon fonctionnement ? « Nous comptons créer notre propre structure, adaptée à la situation de nos pays, explique Patricia Sfeir. Nous voulons parvenir à une déclaration commune sur notre situation et sur nos besoins pour la soumettre aux sommets internationaux tels que les sommets de changement climatique, au cours desquels les négociations (dans le cadre du programme REDD qui vise à réduire les émissions dues à la déforestation) passent souvent à côté des spécificités de la forêt méditerranéenne. Il s'agit de faire prévaloir que la grande qualité de nos forêts réside dans leur biodiversité, non leur superficie. »

Que peut espérer le Liban d'une telle participation, sachant que ses forêts se réduisent comme peau de chagrin ? « Notre pays peut profiter de l'échange d'expériences et du renforcement des capacités de ses experts, souligne-t-elle. Nous pouvons promouvoir, par exemple, l'introduction d'espèces résistantes au feu et à la sécheresse. Les pratiques doivent changer et les plans devenir plus adaptés aux conditions climatiques. »

Ce réseau est ouvert à tous, individus, ONG, journalistes, secteur privé spécialisé, bénéficiaires du secteur forestier, et à toute personne reliée à la communication dans le domaine forestier. Il y aura bientôt une application à remplir pour en faire partie.

Il est étonnant de constater combien les problèmes dont souffrent les forêts en région méditerranéenne sont similaires d'un pays à l'autre. Les échanges entre les forestiers de cette région mettent toujours cette réalité en évidence, mais la coopération entre spécialistes de divers pays aura désormais un nouveau cadre, le Réseau des communicateurs forestiers dans la région méditerranéenne. C'est à l'initative de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) et de la GIZ (Agence allemande de coopération internationale, qui gère un projet régional pour le développement des politiques forestières) qu'un atelier de travail autour de la communication forestière (ou comment promouvoir les projets autour des forêts) a été tenu la semaine dernière à Rabat,...
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