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Lifestyle - Cannes

Une troisième Palme d’or historique pour les frères Dardenne ?

À mi-parcours, les festivaliers ont déjà leurs favoris.

Les frères Jean-Pierre et Luc Dardenne, qui ont présenté hier en compétition leur film « Deux jours, une nuit », embrassant leur héroïne Marion Cotillard. « C’est un rêve » d’avoir pu travailler avec les frères Dardenne, a déclaré l’actrice française, parlant d’expérience « bouleversante, enrichissante, si ce n’est la plus belle ». Valery Hache/AFP

À mi-parcours du 67e Festival de Cannes, deux films se détachent plus nettement pour la course à la Palme d'or, qui sera décernée samedi soir, un huis clos psychologique en Anatolie et un hommage au célèbre peintre britannique JMW Turner. Deux autres longs métrages se tiennent toutefois en embuscade, selon les classements quotidiens des professionnels, mais pas forcément pour les mêmes raisons. Timbuktu, du réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako, pourrait damer le pion aux favoris, tandis que Foxcatcher, de l'Américain Bennett Miller, est plus cité pour un prix d'interprétation que pour la Palme d'or.
Le classement de neuf critiques internationaux du magazine britannique Screen donnait hier largement en tête des pronostics Mr. Turner, le biopic de Mike Leigh. Il devançait de peu Winter Sleep, film très bergmanien du Turc Nuri Bilge Ceylan. Les suivants étaient Foxcatcher et Maps to the Stars du Canadien David Cronenberg. Le classement du magazine Film français, rassemblant une dizaine de critiques hexagonaux, plaçait Winter Sleep en tête devant cette fois Timbuktu, pour une première Palme d'or africaine, puis Foxcatcher.
Mais le festival n'est pas terminé. Hier matin, Deux jours, une nuit, nouvelle chronique sociale des Belges Jean-Pierre et Luc Dardenne, était dévoilé en compétition et a été reçu par des applaudissements nourris. Ainsi, une troisième Palme d'or historique pour les frères Dardenne n'est pas exclue. Et « d'autres merveilles » possibles sont à venir, comme le nouveau film du Français Michel Hazanavicius. Le cinéaste revient à Cannes, après la fabuleuse aventure de The Artist en 2011, avec The Search, un drame sur fond de guerre en Tchétchénie. Enfin, le film russe Leviathan, d'Andrey Zvyagintsev, fait déjà l'objet de rumeurs croissantes.

La solidarité contre l'individualisme
La solidarité contre l'individualisme forcené est au cœur de Deux jours, une nuit, avec une Marion Cotillard bouleversante en ouvrière de la banlieue de Liège dont l'emploi dépend des autres. Certains festivaliers ont même parlé de prix d'interprétation pour l'actrice française. « C'est un rêve » d'avoir pu travailler avec les frères Dardenne, a expliqué Marion Cotillard, en parlant d'expérience « bouleversante, enrichissante, si ce n'est la plus belle ».
Les deux frères, qui n'imaginent pas travailler un jour l'un sans l'autre, forment un duo gagnant à Cannes. Ils font partie du club fermé des cinéastes doublement palmés : en 1999 pour Rosetta et en 2005 pour L'enfant.

La mer, l'amour, la mort...
Pour sa part, la réalisatrice japonaise et ex-jurée Naomi Kawase revient sur la Croisette avec Futatsume no mado (Deux fenêtres), ode à la nature et à l'amour filial à la fois contemplative et tendre. Ce récit initiatique prend vie dans la luxuriance de l'île d'Amami Oshima, au sud du Japon, terre d'origine de l'arrière-arrière-grand-mère de la réalisatrice. Une nuit, le jeune Kaito (Nijiro Murakami) trouve, flottant dans la mer, le corps sans vie d'un inconnu au dos tatoué d'un dragon bleu. Accident ou meurtre ? Personne ne le sait. Le lycéen, indécis et renfermé, et sa lumineuse amie Koiko (Jun Yoshinaga) vont partir à la recherche de la vérité, en même temps qu'ils découvrent l'amour.
« C'est le film le plus abouti que j'aie fait jusque là, c'est mon œuvre majeure », a dit la réalisatrice, qui avait récemment indiqué viser la Palme d'or.

Les chiens aussi font les beaux sur la Croisette
Une jeune fille pédale sur son vélo dans les rues désertes de Budapest. Soudain, surgit une meute de chiens sauvages qui se ruent sur elle : après White God, film du Hongrois Kornel Mundruczo présenté hier à Cannes, vous ne regarderez plus le meilleur ami de l'homme de la même façon. La scène d'ouverture de ce film futuriste, en compétition dans la catégorie « Un certain regard », donne le ton d'une œuvre originale où les chiens errants en ont assez des humains et se rebellent, menant une échappée meurtrière dans les rues de Budapest.
Dans Fehér Isten, le titre hongrois du film, le chien bien aimé de la jeune Lili, 13 ans, est abandonné sur le bord de l'autoroute. Hagen, c'est son nom, a le cœur brisé, mais il va bientôt reprendre du poil de la bête et songer à la vengeance, ralliant à sa cause bâtards et chiens errants. Ce cabot à la fourrure dorée est en fait joué par deux chiens, les frères Luke et Body. Ce dernier a eu droit à son heure de gloire sur la Croisette en apparaissant à la première avec le nœud papillon de rigueur, aboyant avec enthousiasme.
Pour le réalisateur Kornel Mundruczo, Hagen est le symbole de ceux qui sont marginalisés et opprimés, une inspiration prise dans la situation politique actuelle en Hongrie et dans d'autres pays d'Europe où montent le nationalisme et le populisme. L'idée d'utiliser les chiens pour symboliser les exclus lui est venue de l'écrivain sud-africain J. M. Coetzee, qui a écrit plusieurs livres évoquant le traitement des animaux par l'homme. Quelque 250 chiens errants ont été utilisés pour tourner le film, et des foyers ont été trouvés pour tous à la fin du tournage.
(Source : AFP)

À mi-parcours du 67e Festival de Cannes, deux films se détachent plus nettement pour la course à la Palme d'or, qui sera décernée samedi soir, un huis clos psychologique en Anatolie et un hommage au célèbre peintre britannique JMW Turner. Deux autres longs métrages se tiennent toutefois en embuscade, selon les classements quotidiens des professionnels, mais pas forcément pour les mêmes raisons. Timbuktu, du réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako, pourrait damer le pion aux favoris, tandis que Foxcatcher, de l'Américain Bennett Miller, est plus cité pour un prix d'interprétation que pour la Palme d'or.Le classement de neuf critiques internationaux du magazine britannique Screen donnait hier largement en tête des pronostics Mr. Turner, le biopic de Mike Leigh. Il devançait de peu Winter Sleep, film très bergmanien du...
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