Saad Hariri accueillant Samir Geagea dans sa résidence à Paris. Photo Dalati et Nohra
Pour des observateurs qui aiment l'ordre et ne dédaignent pas de se livrer aux joies de la classification des époques, la « phase maronito-maronite » du processus présidentiel est bel est bien achevée : l'entente au sein du quatuor de tête n'ayant pas été au rendez-vous ces dernières semaines, les quelques jours qui nous séparent de la fin du mandat du président Michel Sleiman, le 25 mai à 00h00, se dérouleront sous le signe de la « phase libanaise », avec la participation donc des leaderships musulmans.
Si, dans une semaine, cette étape intermédiaire se termine elle aussi par un échec, on passera alors à proprement parler à la « phase internationale », c'est-à-dire à des interventions plus directes, plus franches et peut-être même un tout petit peu plus musclées de la part des puissances étrangères concernées, afin d' « aider » les Libanais à se mettre d'accord sur un nouveau chef de l'État.
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On n'en est certes pas là pour l'instant, quoique la phase dite « libanaise » offre d'ores et déjà un paradoxe saisissant dans la mesure où les tractations en rapport avec l'échéance présidentielle se sont pour ainsi dire transposées à l'extérieur, en particulier à Paris.
Dans la capitale française, se côtoient en effet ces jours-ci d'éminents représentants de l'aréopage politique libanais, notamment autour du chef du courant du Futur, Saad Hariri. Ce dernier a reçu hier pour la seconde fois en deux jours le leader des Forces libanaises et, jusqu'à nouvel ordre, candidat du 14 Mars à la présidentielle, Samir Geagea. La rencontre, agrémentée d'un déjeuner de travail, s'est déroulée en présence d'un troisième ténor, le chef du bloc parlementaire du Futur, Fouad Siniora.
On apprend d'autre part que MM. Geagea et Siniora ont eu, toujours à Paris, des entretiens avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud al-Fayçal. Le chef du PSP, Walid Joumblatt, arrivé hier même dans la Ville lumière en compagnie du ministre de la Santé, Waël Abou Faour, devait également avoir une entrevue avec lui.
Enfin, on fait état aussi de la présence à Paris du ministre des Télécoms, Boutros Harb, et de celui de l'Intérieur, Nouhad Machnouk.
Sortira-t-il quelque chose de concret de tout ce mouvement de responsables libanais dans la capitale française avant jeudi prochain, date de la cinquième séance électorale du Parlement convoquée par le président de la Chambre, Nabih Berry ? Nul ne le sait, d'autant qu'un nuage opaque voile jusqu'ici la teneur des entretiens qui s'y déroulent.
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Le bref communiqué publié hier par le bureau de presse de M. Hariri au sujet de ses entretiens avec M. Geagea n'augure pas d'une grande transparence dans les jours qui viennent. On y apprend que les discussions ont « porté sur la situation générale dans le pays, et en particulier sur la pressante question de l'échéance présidentielle », et que « les points de vue étaient identiques concernant la nécessité de tenir (le scrutin) dans les délais constitutionnels et le refus de la vacance présidentielle ».
La présence de M. Siniora à ces discussions, qui ont duré plusieurs heures, a tout juste permis à certains analystes de spéculer sur un recul sérieux des pronostics présidentiels en faveur du chef du CPL, le général Michel Aoun, l'ancien Premier ministre et actuel député de Saïda étant connu pour y être franchement hostile.
Tout aussi opposé à cette candidature semble être M. Joumblatt, qui devrait lui aussi rencontrer M. Hariri avant le départ de ce dernier pour Riyad, où l'attend ce soir un banquet officiel en l'honneur du Premier ministre, Tammam Salam. Ce dernier effectue dans le royaume son premier déplacement à l'étranger depuis la formation de son gouvernement, en février.
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Mais pour en revenir au chef du PSP, comment ne pas parler de son lapsus de samedi à Brih, au Chouf, lorsqu'il s'est adressé au « chef de l'État, le général Michel Aoun », provoquant l'hilarité générale ! En réalité, la rectification du tir fut bien plus significative que le lapsus lui-même, M. Joumblatt étant allé jusqu'à évoquer l'obsession nocturne que lui causait l'idée même de la candidature du général Aoun, au point d'en devenir un cauchemar.
Loin de toute considération onirique, les informations de presse qui circulaient hier reflétaient grosso modo ce recul des chances des quatre leaders maronites et un regain d'intérêt pour les pointures plus modestes.
Reste à connaître l'opinion du 8 Mars à ce sujet et en particulier du Hezbollah qui, pour sa part, poursuit tranquillement sa série de leçons sur les particularités (non démocratiques) de la démocratie libanaise.
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CORRECTION ! Merci : ".... malgré leur Mauvais Œil, à ces Malsains, aux paupières cousues bientôt !".
03 h 55, le 21 mai 2014