Les lauréats du concours avec le Pr Léla Chikhani et le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, M. Élias Bou Saab, lors de la remise des prix.
Lynn Bédran Farès, Mariette Aklé, Cynthia Jabbour et Anna-Rita Bassil Kebbé sont les gagnantes des trois premiers prix Léla Chikhani. Ce nouveau concours scientifique, lancé par le syndicat des psychothérapeutes et psychanalystes (SPP), vise à promouvoir la recherche en sciences humaines. « À travers ce prix, nous voulons encourager les jeunes à réfléchir, à analyser, à écrire », souligne le Dr Alia Sarkis, psychothérapeute, chargée de cours à l'Université de Balamand et responsable du comité relations publiques au sein du SPP.
Les quatre lauréates, issues de différentes universités, ont eu l'occasion de partager leurs recherches avec des professionnels, des experts et des académiciens lors du colloque organisé, le samedi 10 mai au palais de l'Unesco par le SPP, sur le thème : « Le groupe au cœur de la société et l'individu au cœur du groupe, fonctionnement et dysfonctionnement ». Une expérience enrichissante et très gratifiante, aux dires des participantes.
« Cette compétition, ce prix m'ont motivée encore plus à la recherche scientifique, indispensable à et indissociable de la pratique clinique », affirme Mariette Aklé, lauréate du premier prix ex aequo avec Lynn Bédran. La jeune psychologue et psychothérapeute s'est penchée dans son étude sur le crime d'honneur qui serait, « selon la théorie psychanalytique, un passage à l'acte destructeur d'un père a-symbolique, qui gouverne par le désir incestueux, et érige le tabou de la virginité comme facteur de survie et de cohésion du groupe clanique ».
La promotion de la recherche donc, mais aussi celle de la communication scientifique. « Le concours m'a donné l'occasion de m'exprimer sur un sujet qui m'intéresse », affirme Anna-Rita Bassil Kebbé, récipiendaire du 3e prix pour sa réflexion – basée sur son roman Neuf paru en 2012 – autour du lien entre l'avortement et le suicide qui « partagent un terrain commun : dans les deux cas, c'est la vie qui est en jeu ».
De la nourriture à l'inceste
Détentrice d'une licence en psychologie et d'un master en recherche et gestion, Lynn Bédran Farès, l'autre premier prix, a mené une recherche quantitative et qualitative sur la fonction culturelle de la consommation. « Mon étude a porté sur un échantillon de Libanais vivant à Paris. Dans cette recherche axée sur un produit lié à la culture, la nourriture, le processus de décision des consommateurs, l'aspect de la socialisation ainsi que la construction de l'identité relative aux marques ont été examinés », précise-t-elle.
Cynthia Jabbour, psychologue et psychothérapeute, diplômée de l'Université de Balamand, a remporté le 2e prix pour sa réflexion sur l'inceste adelphique. « Dans le cas de l'inceste adelphique hétérosexuel, la mère a un fort désir incestueux envers son fils et, incapable de sublimation, elle va le désirer et le considérer comme étant le seul objet de son désir. Elle va également projeter ce désir incestueux sur sa fille qui, au stade œdipien, l'introjecte et désire l'objet du désir de la mère qui est dans ce cas son frère », explique Cynthia.
Outre le développement de compétences en recherche et en communication scientifiques, le concours a donné l'occasion d'échanges autour « de sujets passionnants » et de partager leurs points de vue.
« Cette invitation à la recherche scientifique permet aux participants de mener la compétition aux niveaux intellectuel et académique, chacun apportant sa propre contribution à la recherche dans le domaine des sciences humaines. Seul cet effort multiple des tenants de toutes les disciplines des sciences humaines permet une compréhension et une prise en charge holistiques de l'homme », conclut Mariette Aklé.

