D’après un rapport de l’OMS, la consommation mondiale équivalait à 6,2 litres d’alcool pur par personne âgée de plus de 15 ans. Photo AFP
Les Nations unies ont mis en garde hier contre la consommation excessive de l'alcool qui entraîne chaque année plus de trois millions de décès (un décès sur vingt), soit plus que le sida, la tuberculose et la violence réunis.
L'usage nocif de l'alcool a ainsi causé la mort de 3,3 millions de personnes en 2012 contre 2,5 millions en 2005, selon un rapport récent de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui déplore le manque d'action des autorités durant cette période.
« Il faut faire davantage pour protéger les populations des conséquences négatives sur la santé de la consommation d'alcool », a déclaré Oleg Chestnov, sous-directeur général de l'OMS pour les maladies non transmissibles et la santé mentale. Selon cet expert, une consommation excessive d'alcool accroît les risques de développer plus de 200 maladies différentes.
Maladies infectieuses, accidents de la circulation, blessures, homicides, maladies cardio-vasculaires, diabètes... 5,9 % des décès dans le monde (7,6 % chez les hommes et 4 % chez les femmes) sont liés à l'alcool chaque année. Et la situation devrait empirer à mesure que des pays fortement peuplés voient leur niveau de vie augmenter. Car si les pays riches (Amériques et Europe) restent les plus gros consommateurs d'alcool, la consommation a surtout augmenté ces dernières années en Inde et en Chine, mais elle est restée stable dans les pays des Amériques, d'Europe et d'Afrique.
« À travers le monde, environ 16 % des buveurs sont impliqués dans des épisodes de consommation massive, phénomène généralement appelé "binge-drinking", qui est le plus néfaste pour la santé », a indiqué Shekhar Saxena, directeur du département de la santé mentale et des abus de substances psychoactives à l'OMS. Il a souligné que les pauvres étaient généralement plus touchés par les conséquences sociales et sanitaires de la consommation d'alcool. « Ils n'ont souvent pas accès à des soins de qualité et sont moins protégés par les réseaux familiaux et communautaires », a-t-il constaté.
D'après le rapport, en 2010, les plus gros consommateurs d'alcool étaient la Russie, les pays d'Europe de l'Est, le Portugal, suivi de la majorité des pays de l'Union européenne, du Canada, de l'Australie et de l'Afrique du Sud. En 2012, la consommation mondiale équivalait à 6,2 litres d'alcool pur par personne âgée de plus de 15 ans. Un quart de cette consommation échappe au contrôle des autorités, mais ce taux est bien plus élevé dans les pays où la consommation d'alcool est interdite ou mal vue par la société, comme dans les pays de la Méditerranée orientale ou dans les pays d'Asie du Sud-Est. La moitié de la consommation officielle d'alcool dans le monde se fait sous forme de spiritueux, suivi par la bière (34,8 %) et le vin (8 %).
Selon l'OMS, 48 % de la population mondiale n'a jamais bu d'alcool, et l'abstinence est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. Par ailleurs, 11,7 % des personnes âgées de 15 à 19 ans pratiquent des beuveries épisodiques, contre 7,5 % pour le reste de la population. Cette tendance est toutefois inverse dans les pays du sud-est asiatique.
Pour lutter contre ce fléau, l'organisation onusienne estime qu'un plus grand nombre de pays devraient s'inspirer des mesures déjà prises par certains, telles que l'augmentation des taxes sur l'alcool, l'instauration de limites d'âge à l'achat et des restrictions en matière de publicité. L'OMS insiste aussi sur la prévention et sur la détection des personnes susceptibles d'avoir besoin d'une aide pour limiter ou arrêter leur consommation d'alcool.
(Sources : AFP et Reuters)

