L'architecture représente pour elle un langage universel et le moyen de contribuer à l'édification d'un monde meilleur. Elle, c'est Christelle Ziadé, lauréate du premier prix du Green Education Award, l'une des neuf catégories du concours annuel Green Mind Award visant à honorer les meilleurs projets et pratiques écologiques dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.
Intelligent, innovant et holistique, son projet, intitulé « L'art-Terre du savoir vert », conçu pour le village de Saghbine, dans la Békaa, vise à optimiser plusieurs secteurs vitaux du pays : l'agriculture, l'économie, la santé publique, la biodiversité, le secteur touristique et l'architecture. « Si la nature est comparable au corps humain, mon projet ne traite pas un seul organe, mais cible une maladie systémique menaçant l'ensemble du corps », explique l'architecte, diplômée de l'ALBA en 2013. Ce n'est donc pas un seul problème écologique que « L'art-Terre du savoir vert » propose de résoudre, mais une multitude de questions environnementales telles que la préservation du sol et des écosystèmes, la situation du Litani, la gestion de l'eau, la qualité des productions agricoles, la sécurité sanitaire des produits alimentaires et la construction écologique. Christelle introduit dans son projet la technique de pisé, un procédé de construction en terre crue extraite de l'environnement immédiat de la construction réduisant ainsi les émissions de CO2 dues au transport des produits de construction. « Ce matériau offre de nombreux avantages écologiques grâce à son importante capacité thermique par rapport à d'autres matériaux industriels », ajoute l'enthousiaste architecte aux multiples talents artistiques ; Christelle joue du piano, danse depuis des années, et dessine des vêtements et des accessoires de mode.
Un travail sérieux et acharné
Pour élaborer son projet, Christelle – qui a travaillé en solo, contrairement aux autres concurrents – a effectué des recherches auprès de nombreuses instances locales compétentes en matière de climat, d'écologie et d'agriculture, avant d'analyser les données collectées et de les étudier à la lumière des références existantes. Un travail rendu difficile en l'absence de normes spécifiques au pays du Cèdre. « Mon projet pourrait constituer une base pour la création de normes d'évaluation des constructions écologiques au Liban », espère-t-elle.
« L'art-Terre du savoir vert » comprend une salle d'exposition, des laboratoires, des salles d'enseignement, un restaurant et des logements écologiques. Sa concrétisation serait bénéfique non seulement pour le village de Saghbine, mais aussi pour toute la Békaa. Deviendra-t-il réalité ? « Une rencontre entre les lauréats et de potentiels investisseurs est prévue le 9 juin », précise Christelle. Sinon, le ministère de l'Environnement est invité à s'y intéresser.

