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Nos lecteurs ont la parole - Émile Sfeir

Arrêtons l’hémorragie !

Depuis 1947, date de la création d'Israël, jusqu'à 1969, le Liban a connu vingt-deux ans de stabilité politique et économique, grâce à la convention d'armistice conclue en 1948 entre les deux pays.
En 1969, sous la pression de la Syrie de Hafez el-Assad et de l'Égypte de Abdel Nasser, le Liban a dû signer l'accord du Caire, avec la connivence de Libanais qui ne s'étaient pas encore libanisés. Cet accord qui concédait à la Résistance palestinienne une partie du territoire libanais, alors surnommée le Fatehland, afin d'attaquer Israël et de récupérer la Palestine occupée. Cet accord, dont la majorité des Libanais ne voulaient pas, fut le cheval de bataille de feu Raymond Eddé contre lequel il a tenu une grande et longue résistance mais qui malheureusement, sous l'effet des conciliations et des concessions faites au niveau de l'administration centrale du pays, fut voté par le Parlement sans que les députés l'aient lu...
À partir de cette fatidique date de 1969, le Liban a dû consentir, en l'espace de quelques années, des concessions répétées (surtout celle de 1973), aux prises avec l'armée israélienne de l'extérieur et, de l'intérieur, avec la résistance palestinienne, qui était devenue plus puissante que l'État et qui soufflait le chaud et le froid, et cela jusqu'à la grande déflagration de 1975.
Tout comme maintenant le Hezbollah qui, plutôt que d'obtenir un lopin de terre, comme les Palestiniens, s'est taillé un État dans l'État, devenant, à coups de concessions, plus puissant que l'État lui-même. Ce Hezb, avec sa façon de tenir tête aux diverses institutions officielles, de se soustraire à l'autorité centrale, à ses disciplines et ses lois, essaie maintenant de provoquer le vide au niveau de l'autorité suprême et de faire chuter le régime pour établir un nouveau système politique où il aurait une place plus prépondérante.
Enfin, avec les 450000 Palestiniens qui se trouvent chez nous et l'arrivée de près d'un million de réfugiés syriens, la situation du pays va être plus problématique qu'elle ne l'est actuellement.
Comment en sommes-nous arrivés là et où allons-nous si nous continuons à fermer les yeux sur les débordements des uns et les concussions des autres? Tout cela nous amène à réfléchir très sérieusement à notre avenir, à celui de nos enfants et petits-enfants, à nos acquis, à notre culture, à notre civilisation, à nos coutumes, à notre économie et surtout à notre mode de vie, notre identité et notre liberté.
Tous ces impératifs nous portent à œuvrer pour que la prochaine élection présidentielle nous amène un président intègre, pur Libanais, déterminé, bloquant les solutions mi-figue mi raisin, fort d'une assise populaire et bénéficiant de l'accord et l'appui des pays amis et arabes sans pour autant avoir un quelconque lien avec l'un de ces pays au détriment des intérêts du Liban et des Libanais.
Un président capable de mettre fin à l'effritement du pays et à cette hémorragie galopante que nous vivons.

Émile SFEIR
Ingénieur

Depuis 1947, date de la création d'Israël, jusqu'à 1969, le Liban a connu vingt-deux ans de stabilité politique et économique, grâce à la convention d'armistice conclue en 1948 entre les deux pays.En 1969, sous la pression de la Syrie de Hafez el-Assad et de l'Égypte de Abdel Nasser, le Liban a dû signer l'accord du Caire, avec la connivence de Libanais qui ne s'étaient pas encore libanisés. Cet accord qui concédait à la Résistance palestinienne une partie du territoire libanais, alors surnommée le Fatehland, afin d'attaquer Israël et de récupérer la Palestine occupée. Cet accord, dont la majorité des Libanais ne voulaient pas, fut le cheval de bataille de feu Raymond Eddé contre lequel il a tenu une grande et longue résistance mais qui malheureusement, sous l'effet des conciliations et des concessions faites au...
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