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Nos lecteurs ont la parole - Louis Ingea

La révolte du paria

Le citoyen libanais, considéré dans sa grande masse, est un lâche. On peut également ajouter qu'il est sordide, cupide et stupide.
Je ne l'insulte pas. Je le décris.
Lecteurs, n'arrondissez pas les yeux et ne dites pas que j'exagère. Ceux qui d'entre vous me ressemblent, gens de bonne foi, pacifiques et travailleurs, méritent seulement le premier qualificatif. Le reste de la litanie concerne les imbéciles qui prennent la ruse pour de l'intelligence ou ceux qui n'ont jamais été dignes d'une citoyenneté quelconque. Soit pour cause d'obscurantisme, soit pour être demeurés fidèles à un instinct de première instance.
Je m'en veux de me découvrir aussi méprisant. Je ne me reconnais plus et j'enrage.
Comment une poignée d'humains, aussi superficiels qu'ils soient, peuvent-il se dégrader jusqu'au niveau de la bêtise la plus abjecte ? Comment la population de ce pays a-t-elle pu en arriver à subir, impuissante et muette, le diktat d'une bande de museleurs professionnels – dont elle fut complice et solidaire durant des années d'affilée – et qui se croient baptisés députés de la nation ?
Or, sur ce territoire, il n'y a que des magouilleurs et des parias. Il y a cent ans que les magouilleurs jouissent. Il y a cent ans que les parias subissent. Il est grand temps que cela change.
Aujourd'hui, trêve de politesse et de retenue. C'est à la hache, à l'aide de propos acides et contondants, qu'il faut trancher. Je m'adresserai donc aux lâches qui constituent la grande majorité silencieuse et j'aurai recours au vieux remède qui guérit le mal par le mal :
« Vous, les lâches qui somnolez encore sur le terrain, soyez donc, tant qu'à faire, tout à fait lâches. Suspendez-vous, calfeutrez-vous, ne sortez plus, ne travaillez plus, mangez peu ou n'importe quoi, vous n'en mourrez pas davantage. Mais surtout, surtout, bloquez vos devoirs envers le soi-disant État. Ne payez plus rien. Ni taxes, ni impôts, ni TVA, ni redevances. On appellerait la chose, par euphémisme, une désobéissance civile. Et faites savoir que vous ne cesserez la grève que lorsque nos élus d'opérette se décideront à tenir, en quorum complet, une réunion plénière pour désigner un président... Avec, pour première mission – pas si impossible que cela –, de convoquer de toute urgence une assemblée consultative pour réécrire une Constitution décente, taillée à la mesure de la société libanaise.
Il ne m'appartient nullement d'avancer la moindre idée dans ce sens. Nous avons suffisamment d'hommes de loi pour ce faire. Mais, de grâce, que la sinistre comédie qu'on nous joue à répétition s'arrête là ! Nous ne sommes pas un troupeau de moutons qu'on peut mener à l'abattoir. Nous sommes des êtres humains doués d'esprit et d'énergie.
Prenons les choses en main. Que l'on fasse taire ces boutiquiers de la politique qui n'ont ni foi, ni loi, ni culture, ni esprit. Que l'on s'adresse au monde entier pour nous y aider. À Dieu, au diable, à qui l'on veut. Pourvu qu'on en sorte !
C'est assez ! Il nous faut leur gommer ces sourires hypocrites, ces allures délurées, ces réunions insipides de postérieurs calés dans des sièges de style, ces promesses vides de sens. Afin qu'ils cessent de combiner, de piller, de s'empiffrer de dîners bidons, de femmes aux toilettes voyantes et de véhicules à quatre roues motrices.
Le chaos ne cédera sa place que devant le sursaut général qui saura, n'en doutons point, trouver l'antidote au poison qui nous ronge.
À défaut.... Que cette république saute ! Jungle pour jungle, nous survivrons au moins dans un désordre qui ne nous aura pas été imposé. Et nous aurons le droit de dire : « C'est nous qui avons choisi. Qui avons décidé de nous suicider. »
L'euthanasie est une discipline qui semble s'inscrire dans les mœurs futures. Pour une fois, elle nous mettra à l'avant-garde.
À moins que ma révolte ne soit qu'un cri dans le désert. Auquel cas, advienne que pourra !

Louis INGEA

Le citoyen libanais, considéré dans sa grande masse, est un lâche. On peut également ajouter qu'il est sordide, cupide et stupide.Je ne l'insulte pas. Je le décris.Lecteurs, n'arrondissez pas les yeux et ne dites pas que j'exagère. Ceux qui d'entre vous me ressemblent, gens de bonne foi, pacifiques et travailleurs, méritent seulement le premier qualificatif. Le reste de la litanie concerne les imbéciles qui prennent la ruse pour de l'intelligence ou ceux qui n'ont jamais été dignes d'une citoyenneté quelconque. Soit pour cause d'obscurantisme, soit pour être demeurés fidèles à un instinct de première instance.Je m'en veux de me découvrir aussi méprisant. Je ne me reconnais plus et j'enrage.Comment une poignée d'humains, aussi superficiels qu'ils soient, peuvent-il se dégrader jusqu'au niveau de la bêtise la plus...
commentaires (3)

Le plus important est de choisir. D'un cœur léger, semble-t-il, sur Barada et Zabadâni. Avec infiniment plus de réticences, voire d'angoisse, de ce côté-ci style Äâssi et Lîtâni. Tant il est vrai que le grand large par opposition à l'arrimage à ce Printemps Arabe reste un fantasme, une vocation ou le besoin ancestral de s’exiler pour, yîîîh, mieux s’épanouiiir ! C'est dire, au-delà de l'exploit que va constituer cette percée vers ce Mouvement Printanier dont la difficulté pratique n'ont pas d'équivalent à cette journée, combien l'aspect symbolique de ce Souffle Printanier devrait impressionner l’humanité. On sait comment il arrive assez fréquemment à des Niais libanais(h) d'irriter leurs "frères et sœurs" mahééék de ce Fertilisé, par des conduites ou des propos au mieux ambigus, au pire provocants nés ! Mais si un fait est plus important que de Petits libanais(h), il arrive qu'une toute petite aide soit infiniment plus conséquente qu'1 rhétorique pareille campagnardisée. Pâmés libanais(h) assumant un chemin de même puîné qui, quoiqu'il en ait, soudera leur patelin à ce bel Avenir Printanier, et voilà qui devrait rasséréner quelque peu les plus sceptiques des Sains eux par contre éhhh Libanais. Pour cette conTrée, le fait de faire sauter ces barrières déjà Pers(c)ées enrichira une main libanaise pleine d'atouts a priori, dès lors qu'on s’acheminera vers ces Printanières du corps et de l’esprit en vue enfin d'1 New Saine Syrie.

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

11 h 52, le 06 mai 2014

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Commentaires (3)

  • Le plus important est de choisir. D'un cœur léger, semble-t-il, sur Barada et Zabadâni. Avec infiniment plus de réticences, voire d'angoisse, de ce côté-ci style Äâssi et Lîtâni. Tant il est vrai que le grand large par opposition à l'arrimage à ce Printemps Arabe reste un fantasme, une vocation ou le besoin ancestral de s’exiler pour, yîîîh, mieux s’épanouiiir ! C'est dire, au-delà de l'exploit que va constituer cette percée vers ce Mouvement Printanier dont la difficulté pratique n'ont pas d'équivalent à cette journée, combien l'aspect symbolique de ce Souffle Printanier devrait impressionner l’humanité. On sait comment il arrive assez fréquemment à des Niais libanais(h) d'irriter leurs "frères et sœurs" mahééék de ce Fertilisé, par des conduites ou des propos au mieux ambigus, au pire provocants nés ! Mais si un fait est plus important que de Petits libanais(h), il arrive qu'une toute petite aide soit infiniment plus conséquente qu'1 rhétorique pareille campagnardisée. Pâmés libanais(h) assumant un chemin de même puîné qui, quoiqu'il en ait, soudera leur patelin à ce bel Avenir Printanier, et voilà qui devrait rasséréner quelque peu les plus sceptiques des Sains eux par contre éhhh Libanais. Pour cette conTrée, le fait de faire sauter ces barrières déjà Pers(c)ées enrichira une main libanaise pleine d'atouts a priori, dès lors qu'on s’acheminera vers ces Printanières du corps et de l’esprit en vue enfin d'1 New Saine Syrie.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    11 h 52, le 06 mai 2014

  • Cher Mr. Ingea, tout ce que vous dites la, je l'approuve sans reserve. Je n'aurais qu'une seule remarque a ajouter.Comment nous sortir de ce fameux petrin? Il y aurait une solution a nos malheurs, mais encore faudrait-il que nous nous entendions tous autour d'elle. Elle implique des sacrifices qu'il faudrait accepter de subir. Mais, sommes-nous d'accord sur ce point? Malheureusement, j'en doute.Nous avons une lucarne de six mois pour sortir de la crise.Serons-nous assez murs pour la saisir? J'en doute fort.Autrement, adieu, veaux, vaches, cochons, cuvees, comme dit le dicton.

    George Sabat

    07 h 08, le 06 mai 2014

  • Ou, le cri du cœur ! Excellent.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    03 h 16, le 06 mai 2014

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