Liban

François Roux : Personne n’est au-dessus des lois

Dans un entretien accordé à la LBCI, le chef du bureau de la défense du Tribunal spécial pour le Liban, François Roux, a évoqué « la procédure judiciaire engagée » contre les deux journalistes du quotidien al-Akhbar et de la NTV, Ibrahim el-Amine et Carma Khayyat, affirmant que les deux journalistes « sont des accusés » et qu'il revient à la justice de trancher.
« La liberté de la presse est un principe fondamental dans une société démocratique. Personne n'est au-dessus des lois : ni les avocats, ni les juges, ni les journalistes », a déclaré sur ce plan le chef du bureau de la défense. Pour M. Roux, la question est de savoir s'ils ont ou non « franchi la ligne rouge ».
« C'est la question qui sera posée » au tribunal, a-t-il dit. « Il est normal que le Tribunal spécial pour le Liban, à l'instar d'ailleurs de l'ensemble des tribunaux internationaux, protège les témoins, à la fois les témoins du procureur et ceux de la défense », a-t-il relevé.
« Il reste toutefois à savoir si les deux journalistes concernés ont été ou non au-delà de ce qui était convenable, a-t-il ajouté. Ce sera important pour tout le monde, pour le tribunal aussi bien que pour les médias, de pouvoir poser ce débat », a souligné M. Roux, ajoutant qu'il faudra attendre la réponse que donnera la justice à ce sujet. Il a cependant souligné que les deux journalistes pourraient être acquittés si les juges en décidaient ainsi, comme cela s'est vu dans d'autres cas.
Rappelons que les deux journalistes doivent comparaître le 13 mai devant le TSL après qu'une procédure judiciaire eut été engagée contre eux, suite à la publication d'une liste de témoins avec leurs adresses personnelles.
M. Roux a ajouté que les investigations se poursuivent d'ailleurs aujourd'hui sur la question des fuites, soulignant qu'une « troisième source » fait actuellement l'objet d'une enquête.
Quant aux autres informations publiées suite à d'autres « fuites » – allusion notamment aux fuites parvenues au Der Speigel –, « il faut savoir que les informations provenant de certaines de ces fuites avaient été publiées avant que l'article 60 des règles de procédure et de preuves (faute professionnelle d'un conseil ou de toute autre personne intervenant devant le tribunal ) n'existe dans sa forme actuelle », a indiqué M. Roux.
On n'est pas dans un cas de « diffamation » qui, a-t-il dit, aurait entraîné des peines relativement légères, mais dans une situation « d'entrave à la justice », entraînant des « pressions sur les témoins », a encore précisé le chef du bureau de la défense.

Rifi : Respecter les engagements du Liban
De son côté, le ministre de la Justice, Achraf Rifi, a insisté sur la nécessité « de respecter les engagements du Liban en ce qui concerne la coopération avec le Tribunal spécial pour le Liban », sur base des accords et protocoles, « quelles que soient les parties ou les personnes faisant l'objet d'une procédure judiciaire dans le cadre du TSL », a-t-il dit.
Le ministre a ainsi appelé les personnes concernées, sans les nommer, à « se plier aux décisions ou convocations émises par cette instance ».
Et de rappeler enfin la distinction entre la liberté de la presse et la violation du secret de l'enquête, notamment la publication des noms des témoins.


Dans un entretien accordé à la LBCI, le chef du bureau de la défense du Tribunal spécial pour le Liban, François Roux, a évoqué « la procédure judiciaire engagée » contre les deux journalistes du quotidien al-Akhbar et de la NTV, Ibrahim el-Amine et Carma Khayyat, affirmant que les deux journalistes « sont des accusés » et qu'il revient à la justice de trancher.
« La...

commentaires (2)

Tel est pris qui croyait prendre. Bien fait pour leur faciès !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

11 h 19, le 03 mai 2014

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Commentaires (2)

  • Tel est pris qui croyait prendre. Bien fait pour leur faciès !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    11 h 19, le 03 mai 2014

  • Il ne s'agit pas de la "liberté de la presse" quand un journaliste veut à tout prix et par tous les moyens, même les plus scabreux, dénigrer l'image d'un tribunal international, discréditer sa justice et faire du chantage et des menaces aux témoins qui comparaîtront devant lui. Ras le bol dans cette affaire ! Que le Hezbollah, dont le totalitarisme est maintenant "soucieux" (!) de la "liberté de la presse" et de "la souveraineté du Liban" qu'il piétine tous les jours, cache les deux journalistes en question avec ses assassaints de Rafic Hariri. Point final.

    Halim Abou Chacra

    11 h 17, le 03 mai 2014