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Économie

Le malaise français vis-à-vis de l’Europe

La France dispose de 74 sièges sur 766 au Parlement européen. Un tiers des élus français pourraient venir de partis, situés aux extrêmes du sceptre politique, dont le discours a des accents eurosceptiques, voire europhobiques. Le FN, qui fait du retour au franc un des axes de son programme économique, pourrait avoir 20 députés, contre 3 actuellement, selon la dernière prévision de PollWatch. Même dans les partis centraux de gauche (PS) ou de droite (UMP), l'UE et l'euro sont souvent présentés comme la cause de tous nos maux. Ah, si la Commission ne nous imposait pas tant d'austérité budgétaire ! Ah, si la BCE agissait comme la Fed ! Ah, si l'euro n'était pas si fort ! Non qu'on ne puisse critiquer l'UE, mais alors, il faut présenter tous les arguments. Où seraient les taux d'emprunt si la France émettait sa dette en franc ? Si les gouvernements français pouvaient dévaluer à leur guise, les investisseurs seraient-ils indifférents à les entendre promettre des réformes qu'ils ne réalisent pas (ou mal) ? Cette élection n'attire plus les foules depuis longtemps et la mobilisation le 25 mai va encore reculer. De surcroît, après 2008, la confiance que les Européens avaient dans les institutions a baissé dans tous les pays, notamment en France. On notera avec un brin de surprise que la BCE, qui a eu le rôle le plus actif pour sortir la zone euro de la récession, est l'institution la moins bien considérée.
Le malaise français à propos de l'Europe s'est accru depuis vingt ans. Tout d'abord, il est évident que l'abandon de la souveraineté monétaire est mal digéré par une classe politique habituée à décider de tout. Bien que l'euro ait été approuvé par référendum en 1992, fût-ce avec une courte majorité, il faudrait rejouer Maastricht chaque jour.
Ensuite, l'élargissement de l'UE à partir de 1995 (au lieu d'un approfondissement du cœur initial) a dilué le poids de la France dans les processus de décision, rendus par ailleurs plus complexes. Enfin, le déclin relatif de l'économie française par rapport à l'Allemagne a créé un grand déséquilibre entre les deux pays qui peuvent prétendre partager le leadership de l'Europe. Le déficit démocratique de l'UE touche de nombreux pays, mais dans le cas de la France, il peut amener à rejeter des réformes nécessaires au motif qu'elles sont inspirées, sinon imposées, par l'Europe.

La France dispose de 74 sièges sur 766 au Parlement européen. Un tiers des élus français pourraient venir de partis, situés aux extrêmes du sceptre politique, dont le discours a des accents eurosceptiques, voire europhobiques. Le FN, qui fait du retour au franc un des axes de son programme économique, pourrait avoir 20 députés, contre 3 actuellement, selon la dernière prévision de PollWatch. Même dans les partis centraux de gauche (PS) ou de droite (UMP), l'UE et l'euro sont souvent présentés comme la cause de tous nos maux. Ah, si la Commission ne nous imposait pas tant d'austérité budgétaire ! Ah, si la BCE agissait comme la Fed ! Ah, si l'euro n'était pas si fort ! Non qu'on ne puisse critiquer l'UE, mais alors, il faut présenter tous les arguments. Où seraient les taux d'emprunt si la France émettait sa dette en...
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