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Campus - Libre Cours

Le regard d’un jeune cinéaste libanais sur la violence

Bakaya (restes) est le titre de son film de diplôme. Remains en anglais, comme les restes d'hommes, de femmes et d'enfants, ensanglantés ou calcinés, éparpillés sur les lieux des explosions ou des attentats-suicide qui font trembler Beyrouth, Damas ou Bagdad. Mais aussi comme ce qui demeure d'une situation, d'un événement, d'un fait, après que l'essentiel est révolu. « Ce que nous sommes, ce que l'on voit dans les actualités et ce que l'on vit ne sont que les restes de choses plus complètes, plus importantes, qui ont eu lieu antérieurement », avance Mohammad Berro.
Son film, sélectionné pour participer au Festival international de courts métrages 20 min/max prévu ce mois-ci en Allemagne, offre un regard différent sur l'usage de la violence.
Le réalisateur de 24 ans, fraîchement diplômé de l'Institut d'études scéniques, audiovisuelles et cinématographiques de l'USJ (Iesav) montre dans son premier court métrage, le passage à l'acte de Karim, universitaire libanais qui, « saturé par des images de la guerre et de la mort en provenance de la Syrie, prend une décision inoubliable ». Pourquoi cet étudiant bascule-t-il dans la violence ? Une question que Mohammad Berro laisse volontairement sans réponse. « Je n'ai pas voulu diriger le spectateur vers une conclusion. J'ai évité tout ce qui peut le conditionner. Qu'est-ce qui a poussé le jeune homme à tirer sur ses camarades et à se donner la mort ? Plusieurs réponses sont possibles », affirme le cinéaste.
Le film s'ouvre sur la voix du philosophe français Michel Foucault qui parle du biopouvoir. Suivent des scènes réelles provenant d'archives numériques : des images fortes, violentes, troublantes mais « esthétiques », selon l'artiste, qui a décidé, pour ne pas les « altérer », de les garder silencieuses.
Ne pas « intervenir », ne pas expliquer, juste montrer est le souci premier du réalisateur. Et c'est le spectateur qui est alors appelé à s'expliquer et à se raconter lui-même le film.
Peu conventionnel dans son approche, Mohammad Berro choisit dans son premier court métrage – qui sera présenté, après le festival en Allemagne, dans des événements cinématographiques en Suède et en Norvège – de s'éloigner de la linéarité et d'utiliser la lumière, l'obscurité, le silence, pour montrer « sans dramatisation », l'avant et l'après (à travers sa mère atterrée, dévastée, confuse et esseulée) de l'acte commis par Karim, sans exposer aux yeux des spectateurs l'acte lui-même.

Bakaya (restes) est le titre de son film de diplôme. Remains en anglais, comme les restes d'hommes, de femmes et d'enfants, ensanglantés ou calcinés, éparpillés sur les lieux des explosions ou des attentats-suicide qui font trembler Beyrouth, Damas ou Bagdad. Mais aussi comme ce qui demeure d'une situation, d'un événement, d'un fait, après que l'essentiel est révolu. « Ce que nous sommes, ce que l'on voit dans les actualités et ce que l'on vit ne sont que les restes de choses plus complètes, plus importantes, qui ont eu lieu antérieurement », avance Mohammad Berro.Son film, sélectionné pour participer au Festival international de courts métrages 20 min/max prévu ce mois-ci en Allemagne, offre un regard différent sur l'usage de la violence.Le réalisateur de 24 ans, fraîchement diplômé de l'Institut d'études...
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