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"Je n'avais pas l'intention de tuer Reeva", affirme Pistorius

Le procureur accuse le champion paralympique d'avoir fait "exploser" la tête de son amie "comme une pastèque".

Oscar Pistorius à son arrivée à la cour de Pretoria le 9 avril 2014. REUTERS/Siphiwe Sibeko

Oscar Pistorius a admis mercredi devant le tribunal avoir "fait une terrible erreur", mais a maintenu n'avoir jamais eu l'intention de tuer sa petite amie Reeva Steenkamp dans la nuit du 13 au 14 février 2013.

A l'issue d'une longue déposition commencée lundi matin, entrecoupée de larmes et de silences, le champion paralympique s'est adressé à la juge, à la demande de son avocat, en déclarant: "Non madame, je n'avais pas l'intention de tuer Reeva, ni personne d'autre".

 

Après une brève interruption, la parole est ensuite passée au redoutable procureur Gerrie Nel, pour le contre-interrogatoire. En un instant, le ton a changé.

Pistorius a d'abord admis qu'il avait pu être un modèle pour des millions de sportifs et de handicapés. Puis il a murmuré: "J'ai fait une terrible erreur". C'est là que Gerrie Nel a explosé: "Vous avez fait une erreur? (silence) Vous avez tué quelqu'un, c'est ce que vous avez fait. (silence) Et vous ne voudriez pas prendre la responsabilité de cet acte ? ".

"Si, madame le juge", a répondu Pistorius d'une voix cassée.

"Dites oui, j'ai tiré sur Reeva Steenkamp et je l'ai tuée", a tonné le procureur.

"Oui, je l'ai fait, madame le juge".

Poussé par Gerrie Nel, Pistorius a ensuite admis: "Je sais que j'ai la responsabilité de dire la vérité, pour Reeva et pour moi".

L'audience a ensuite été suspendue, le temps pour la juge de trancher un litige entre le procureur et la défense.

 

"Comme une pastèque"

Malgré l'objection de l'avocat de Pistorius Garry Roux qui a estimé que le parquet n'avait pas le droit d'introduire de preuve nouvelle à ce stade de la procédure, M. Nel a également projeté une vidéo, déjà diffusée par une chaîne de télévision, montrant Pistorius en train de tirer au fusil sur une pastèque.

Le procureur sud-africain a reproché à Oscar Pistorius d'avoir fait exploser la tête de son amie "comme une pastèque" et affirmé qu'il était temps qu'il assume ses torts. "(...) Vous voyez l'impact que cette munition a eu sur la pastèque? Elle a explosé, n'est-ce pas ?", a-t-il lancé, Pistorius acquiesçant. "Vous savez que c'est la même chose qui est arrivé à la tête de Reeva, elle a explosé, regardez... Je vais vous montrer". "M. Pistorius, cela a eu exactement le même effet, la balle qui lui est rentrée dans la tête!", a-t-il tonné. "C'est ça, regardez! Je sais que vous ne voulez pas car vous n'avez pas envie d'assumer vos responsabilités, mais il est temps de regarder ça, d'assumer ce que vous avez fait!", a-t-il ajouté, faisant projeter la photo de la tête blonde ensanglantée de la victime.

Pistorius s'est alors défendu, balbutiant en larmes qu'il ne voulait pas revoir une image qui le tourmente. "Quand j'ai relevé Reeva, j'ai touché sa tête, je me rappelle, je n'ai pas besoin de voir la photo, j'étais là", a-t-il lancé, bouleversé, se prenant la tête entre les mains et le visage rougi.

 

"Je sentais le sang couler sur moi"

En début de matinée, c'est l'avocat Roux qui avait guidé Pistorius dans sa déposition. Après le récit du meurtre la veille, au cours duquel l'accusé avait réaffirmé qu'il croyait tirer sur un cambrioleur, le récit mercredi a porté sur les minutes ayant suivi les coups de feu.

Après avoir défoncé avec une batte de cricket la porte des toilettes où Reeva était enfermée, Pistorius a découvert le corps ensanglanté de sa petite amie: "Je me suis agenouillé près de Reeva, j'ai regardé si elle respirait. La tête de Reeva reposait sur mon épaule, je sentais le sang couler sur moi", a-t-il dit, la voix cassée et secouée par les sanglots.

S'ensuit le récit des minutes de détresse de Pistorius, les premiers appels à l'aide, les coups de téléphone aux secours, l'arrivée des premiers voisins et de l'ambulance, bientôt suivis par la police.

"Je ne savais vraiment pas quoi faire, je voyais qu'elle respirait, mais elle respirait avec difficulté. J'ai essayé de la soulever mais je n'ai pas pu, j'ai eu peur d'aggraver ses blessures", a raconté le jeune homme.

 

L'avocat a ensuite confronté Pistorius aux témoignages des voisins qui ont entendu des cris et des bruits sonores en pleine nuit. Pistorius a soutenu que des "coups de feu" entendus par les voisins étaient en fait les coups de batte de cricket sur la porte des toilettes. A ce moment-là, la mère de Reeva Steenkamp et ses proches, dans la tribune du public, ont montré pour la première fois des signes d'agacement.

 

Pendant près de trois jours, Me Roux avait d'abord cherché, à travers ses questions, à brosser le portrait d'un jeune homme angoissé mais gentil et religieux. Le parquet, lui, défend la thèse de l'assassinat. Il affirme que les deux jeunes amants se sont violemment disputés le soir du meurtre. Que Reeva, se sentant menacée, s'est réfugiée dans les toilettes. Et que Pistorius a tiré quatre balles à travers la porte en sachant très bien qu'elle était là.

 

 

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