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À La Une - L'homme De La Semaine

Philippe Couillard, alias l'"ours", nouveau Premier ministre du Québec

Neurochirurgien, M. Couillard entretient une image de nouveau-venu sur la scène politique de la Belle Province.

Philippe Couillard, nouveau Premier ministre du Québec. REUTERS/Mathieu Belanger

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) Philippe Couillard est devenu lundi soir le nouveau Premier ministre de la province francophone après la victoire confortable de son parti, infligeant par la même un désaveu cinglant aux projets identitaires du Parti québécois (PQ) de Pauline Marois sur la laïcité et la souveraineté.

 

Avec 25,4% des voix et 30 élus sur 125, le PQ a encaissé son score le plus faible depuis sa première élection en 1970, très loin derrière le PLQ (41,5% des suffrages, 70 sièges) emmené par Philippe Couillard. Battue dans sa propre circonscription, la Première ministre sortante Pauline Marois a annoncé son départ de la direction du PQ. La Coalition Avenir Québec (CAQ) du nationaliste François Legault a mordu sur les terres indépendantistes (23% et 22 élus), tout comme la petite formation souverainiste de gauche Québec Solidaire (7,6% et 3 sièges).

 

A 56 ans, Philippe Couillard a réussi le pari de ramener au pouvoir les libéraux, chassés du gouvernement de la province francophone au printemps 2012 au terme d'un long conflit étudiant. Des scènes de joie ont éclaté bien au-delà de la salle où le PLQ avait réuni ses partisans lundi soir à Montréal et contrastaient avec la déception des rares militants du PQ qui affichaient une mine défaite dans un grand hôtel de la métropole.

Une cadre du PQ, en pleurs sur l'épaule de son compagnon, lâchait dépitée que les indépendantistes allaient "devenir comme les cajuns (ndlr: déportés en Louisiane), une vague idée romantique". Première femme à gouverner le Québec, Pauline Marois restera aussi comme étant la chef d'un gouvernement qui, pour la première fois en 40 ans, n'a pas été reconduit pour un deuxième mandat.

 

Ministre de la Santé de Jean Charest pendant cinq années, M. Couillard, neurochirurgien, est devenu le nouveau Premier ministre du Québec en promettant de s'atteler aux "vraies affaires". Il entretient une image de nouveau-venu sur la scène politique de la Belle Province, esquivant systématiquement les dossiers qui ont entaché le bilan des neuf années de gouvernement du PLQ (2003-2012).

Cadres du parti cités dans une vaste commission d'enquête sur le trafic d'influence entre entrepreneurs et dirigeants politiques, ministre poursuivi pour clientélisme, et surtout soupçons répandus de collusion avec des milieux proches de la mafia, le PLQ a été chassé du pouvoir en septembre 2012.

Immédiatement après la défaite, les barons du parti se sont tournés vers M. Couillard. Cinq ans après son retrait de la politique, il prend en mars 2013 la tête du parti qu'il a mené lundi à la victoire, en dépit de finances précaires, aidé par d'anciens ténors de l'époque Charest.


Solitaire et surnommé "l'ours" par ses proches, ce Franco-Canadien à la barbe blanche soigneusement taillée et aux yeux bleus a ramené le PLQ au pouvoir avec un seul axe de campagne: créer des emplois. Avec son slogan de campagne "+ensemble, on s'occupe des vraies affaires+", il n'a eu de cesse d'agiter l'épouvantail du référendum sur l'indépendance du Québec, même si les indépendantistes ont assuré qu'un tel scénario était improbable à court terme. Il a aussi fustigé la charte sur la laïcité "discriminatoire" portée par ses adversaires du Parti québécois.

 


Héritier du 1er colon anobli

De son vrai nom Philippe Couillard de l'Espinay, héritier du premier colon anobli par Louis XIV du temps de la Nouvelle-France, le nouveau Premier ministre québécois, père de trois enfants, voulait devenir archéologue -il nourrit une grande passion pour Napoléon- mais a finalement fait carrière dans la chirurgie, avant de passer en politique.
Chirurgien-chef dans un hôpital montréalais au début des années 1990, il s'expatrie pendant quatre ans en Arabie saoudite où il participe à la fondation d'un service de neurochirurgie pour un groupe pétrolier. De retour au Canada, il enseigne la médecine avant de devenir député de Montréal, où il est né en 1957.
En 2008, il quitte le gouvernement -"Je n'ai jamais voulu être politicien de carrière"- et rejoint un fonds d'investissement spécialisé dans la santé avec qui il avait négocié son embauche quand il était encore ministre.


Outre la très récente révélation de l'existence d'un compte bancaire dans le paradis fiscal anglo-normand de Jersey où il percevait ses émoluments saoudiens, il traîne comme un boulet sa vieille amitié avec Arthur Porter.
Emprisonné au Panama, l'ancien médecin Arthur Porter a dirigé un grand hôpital canadien, ainsi que le comité indépendant de supervision des services de renseignement, où siégeait alors M. Couillard. La justice canadienne, qui réclame son extradition, le poursuit pour de nombreux chefs d'accusations comme le "recyclage des produits de la criminalité".

Ce lien d'amitié et d'affaires des deux hommes a même été dénoncé par des libéraux eux-mêmes: pendant qu'avec d'autres au gouvernement, "(nous) combattions la corruption, tu faisais des affaires avec Arthur Porter", lui avait lancé Raymond Bachand, ancien ministre de Jean Charest, en plein débat pour la direction du parti.


Fidèle à sa ligne de conduite, M. Couillard avait accusé le coup sans broncher. Plutôt que d'attaquer ses adversaires, il préfère véhiculer une allure bonhomme, toujours jovial, esquivant les questions embarrassantes par l'humour. Les clés de la longévité de son prédécesseur et mentor Jean Charest.

 

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Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) Philippe Couillard est devenu lundi soir le nouveau Premier ministre de la province francophone après la victoire confortable de son parti, infligeant par la même un désaveu cinglant aux projets identitaires du Parti québécois (PQ) de Pauline Marois sur la laïcité et la souveraineté.
 
Avec 25,4% des voix et 30 élus sur 125, le PQ a encaissé son score le plus faible depuis sa première élection en 1970, très loin derrière le PLQ (41,5% des suffrages, 70 sièges) emmené par Philippe Couillard. Battue dans sa propre circonscription, la Première ministre sortante Pauline Marois a annoncé son départ de la direction du PQ. La Coalition Avenir Québec (CAQ) du nationaliste François Legault a mordu sur les terres indépendantistes (23% et 22 élus), tout comme la petite formation...
commentaires (2)

HEUREUX QUE LE NOM FINISSE PAR ARD...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

18 h 18, le 09 avril 2014

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Commentaires (2)

  • HEUREUX QUE LE NOM FINISSE PAR ARD...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    18 h 18, le 09 avril 2014

  • Mr Couillard et en plus un "ours" ? esperons qu'il n'est pas un ours mal leche , le Couillard !

    FRIK-A-FRAK

    17 h 15, le 09 avril 2014

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