Depuis quelques jours, les femmes de Dawhat Aramoun ont peur de sortir la nuit, de s'aventurer dans les rues sombres de la localité. Elles craignent un homme armé d'une hache, qui sévit à 21 heures, qui ne vole pas les femmes, qui ne les viole pas, mais qui leur donne un coup puissant sur la tête et s'en va quand elles perdent connaissance.
On parle d'une ressortissante éthiopienne qui travaille dans une pâtisserie. Elle aurait eu la mâchoire et le crâne brisés. Il y aurait aussi une autre femme, dont le nom n'est pas connu, qui aurait été agressée de la même façon, et il y a Amira K. dont le papa a porté plainte. Elle a été agressée à l'entrée de son immeuble, en prenant l'ascenseur.
Les voisins d'Amira K. ont peur, tout comme les habitants de Dawhat Aramoun. « Amira vit dans notre immeuble, qui compte onze étages et 22 appartements. Nous employons un concierge qui n'a rien pu faire le soir de l'agression. Actuellement, nous œuvrons à mettre en place deux portails en fer. Cela prendra un peu de temps, nous avons cinq voisins en voyage et il faut qu'ils acceptent aussi », indique un homme, qui veut préserver l'anonymat, à L'Orient-Le Jour. « J'ai deux filles, des adolescentes. J'ai peur pour elles. Tous les habitants de l'immeuble craignent le pire », ajoute-t-il.
Selon les témoignages de ses voisins et de son père, Walid K., Amira, 25 ans, a été agressée à 21 heures. Elle rentrait chez elle à pied. La route était obscure et l'électricité était coupée.
« Elle est arrivée devant la porte de l'ascenseur. Elle n'a pas eu le temps d'appeler le concierge. Quelqu'un l'attendait. Debout derrière elle, il lui a fermé la bouche et l'a frappée à l'aide d'un objet contondant sur la tête. Amira est tombée. Elle n'a pas pu appeler à l'aide. Le concierge a entendu ses soupirs et l'a retrouvée sur le sol, ensanglantée », raconte le père d'Amira.
La jeune femme, agressée le 12 mars dernier, a eu une fracture au crâne. Elle a passé plusieurs jours aux soins intensifs et elle est rentrée chez elle il y a quelques jours. Son père ne soupçonne personne et souhaite que l'enquête suive son cours.
Dans un tweet publié hier, les FSI ont démenti l'existence d'un tueur en série. Une source policière a indiqué à L'Orient-Le Jour que « l'incident dont a été victime Amira K. est isolé. Le concierge d'un immeuble voisin a été arrêté dans ce cadre, mais il a ensuite été relâché ». L'enquête se poursuit.


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