Lorsqu'en 2001, le film de Chris Marker et Pierre Lhomme Le Joli mai (tourné en 1962 et présenté dans sa version restaurée dans le cadre des Écrans du réel à Beyrouth) a été montré aux lycéens, ces derniers se sont étonnés comme rien n'avait changé dans la tessiture de la société parisienne. « La société n'a pas changé, le même racisme, les mêmes... », ont-ils dit. Peut-on dire de même au sujet de la société libanaise ?
Depuis 1975, date fatidique du changement de profil du Liban, rien n'a pourtant (positivement) changé. Le Liban a perdu plus de 200 000 victimes, une infrastructure prometteuse, son rôle de message de paix dans le monde. Et pourtant rien n'a changé. Prenons par exemple un journal d'aujourd'hui : nous pouvons retrouver les mêmes manchettes qu'il y a quelques décennies. Même paysage, mêmes bombes, mêmes agressivités, mêmes adversités. Une même population statique, immuable, inamovible. Ancrée dans ses clichés, préjugés, dans des codes rigides et des carcans stricts. Et l'on vous bassine les oreilles avec des « attendons voir »...
En attendant ? En attendant quoi ? Qui ? Un Godot qui ne viendra jamais ? Un Godot qui est peut-être venu, mais que personne n'a voulu voir ?
Joli avril ? Peut-être dans le paysage, la nature qui refleurit prématurément et les bourgeons qui pointent leur nez. Mais certainement pas joli avril dans le cœur des Libanais.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef