Scarlett Saad, lors du tournage de « Django ».
Son premier court-métrage, Django, est sélectionné au Festival du film libanais à Sydney, prévu au mois d'août dans la ville australienne. Le film, une aventure musicale inspirée de la biographie de Django Reinhardt, raconte l'histoire d'un jeune guitariste tzigane maudit par ses parents pour avoir fui le camp et sa famille à la recherche de ses rêves. Scarlett Saad, fraîchement diplômée en audiovisuel de l'Institut des études audiovisuelles de l'USJ (Iesav), musicienne et compositrice, est portée par une imagination débridée et par sa recherche naturelle de l'originalité. Sa passion pour le cinéma, c'est de son grand-père qu'elle l'acquiert, lui-même un grand fan du 7e art qui collectionne les films anciens. Aujourd'hui, à 24 ans, la jeune artiste aux multiples talents jette un regard reconnaissant sur ses années d'université. « J'ai beaucoup appris à l'Iesav. Ma vie universitaire m'a vraiment introduite dans un monde nouveau. C'était une grande expérience pour moi », confie-t-elle.
Scarlett commence à étudier le piano à l'âge de 7 ans. Mais c'est à l'école de musique de Kaslik qu'elle continue de perfectionner ses talents musicaux.
Django Reinhardt, c'est par hasard qu'elle le découvre. « J'ai immédiatement aimé son style, pas très jazzy, mélodique et laissant une place à l'improvisation. » Débute alors une histoire d'amour avec la musique du guitariste gitan. Elle achète son coffret musical, commence à lire tout ce qui a été publié sur lui et sur son mode de vie, et décide de lui dédier son premier court-métrage. « Pour retracer sa biographie complète, il fallait un long-métrage et des moyens que je n'avais pas », ajoute-t-elle, expliquant pourquoi elle n'a pas raconté dans son film la vie de Reinhardt lui-même.
Une centaine de personnes collaborent au film. « Ce n'était pas facile de rassembler tout ce monde », confie Scarlett. Une copine l'aide pour le recrutement des figurants. Mais les personnages principaux, c'est elle qui les choisit. « Certaines scènes ont été filmées à Kfour. C'est un très beau cadre. Mais les conditions sont difficiles. On filmait de nuit et il y avait des enfants », poursuit Scarlett, qui confie avoir recruté deux animateurs pour divertir les petits acteurs.
Son film de diplôme plaît beaucoup au jury. « C'était un grand projet. Au début, j'avais peur de m'y lancer », admet-elle.
La jeune cinéaste a de grands rêves et une forte détermination à les réaliser. « Nombreux sont les diplômés en audiovisuel qui se retrouvent à faire des choses dont ils n'ont pas réellement envie. Moi, je veux faire du cinéma, raconter des histoires, permettre aux gens de rêver, de s'évader. De nos jours, les films libanais de pure fiction disparaissent pour céder la place à des thèmes plus "sûrs" comme la guerre ou du vécu. Pourquoi pas de Harry Potter libanais ? » se demande-t-elle.
Scarlett rencontre au cours d'un voyage à Vienne le producteur Patrick Marischka. « On collabore ensemble à la création d'un album qui sera enregistré à Vienne au mois de juin », poursuit-elle. Un avenir prometteur se profile pour l'ambitieuse artiste. Mais ce qu'il faut d'urgence, c'est une politique gouvernementale visant à soutenir les jeunes réalisateurs et talents libanais et à les encourager à investir au pays du Cèdre.

