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Cinema-

Au Métropolis Empire Sofil

Un portrait de la ville de Paris dans les années soixante.

Le Joli mai,

de Chris Marker et Pierre Lhomme

France, 1963, 136 min. DCP. En français sous-titré anglais

On trouve dans la note d'intention de la maison de production « La Sofra » : « Que repêchera-t-on de nos années à nous ? Peut-être tout autre chose que ce que nous y voyons de plus voyant. » En 2001, le film est projeté dans un lycée parisien, les lettres de ces lycées adressées à Catherine Winter (productrice) ont toutes en commun un étonnement face aux propos des gens interviewés en 1962, étonnement lié à la résonance contemporaine des dires des intervenants : « J'entends ça aujourd'hui dans mon entourage » ; « La société n'a pas changé » ; « Le racisme persiste encore plus aujourd'hui ».
Le Joli mai est tourné à Paris en mai 1962, juste après les accords d'Évian. Chris Marker interroge des hommes et des femmes sur les problèmes politiques et sociaux, et sur leur vie quotidienne.
Que font les Parisiens ? À quoi pensent-ils ? La guerre et la politique ? On évite d'en parler. L'intervieweur s'en étonne même : « Les Français qui aiment tant discuter seraient-ils muets ? » En 2013, cinquante ans après sa première sortie, La Sofra, en collaboration avec Potemkine Films, décide de ressortir Le Joli mai en salle. Les « rides » de la pellicule ont été conservées à la numérisation. Le spectateur doit ressentir que le seul problème important, c'est une espèce de rapport vrai avec les autres.
« Une ode à Paris, le plus beau décor du monde. Culte. »
Sélectionné à Cannes Classics 2013, le film a été restauré avec le soutien du Centre national du cinéma et de l'image animée supervisé par Pierre Lhomme.
Le film clôture « Les Écrans du réel » le dimanche 30 mars, à 20 heures.

 

Fiche technique

Réalisation : Chris Marker, Pierre Lhomme
Image : Pierre Lhomme, Étienne Becker
Son : Antoine Bonfanti
Musique : Michel Legrand
Montage : Eva Zora
Production : La Sofra
Narrateur : Yves Montand.

 

Araq, Guardians of Time Lost,

de Diala Kashmar

Liban /EAU, arabe, s-t anglais, 110 min.

Pour son premier documentaire produit par Artrip (fondé par Fadi Nassereldine et Diala Kashmar) et coproduit par Carole Abboud et Lida Sharaf avec le soutien de Enjaaz et Beirut Screen Institute, la jeune cinéaste Diala Kashmar nous plonge dans les bas-fonds du quartier de Lija, où sévissent des jeunes marginaux mis au banc de la société et qui représentent comme des bombes prêtes à exploser à toute heure.
Née durant la guerre, la réalisatrice, qui a fait ses débuts d'actrice après des études d'art dramatique avant de prendre la caméra, a à son actif nombre de documentaires réalisés pour la télévision. Comment a-t-elle eu l'idée de ce film ? Elle avoue avoir toujours craint de passer par ce quartier, mais c'est en découvrant Titti, un jeune homme de là bas qui lui a fait la connaissance du gang, qu'elle a eu envie de parler des ces individus aux noms bizarres, ces hors-la-loi, comme ils se font appeler, mais qui ne sont après tout que des âmes perdues. Âmes perdues dans une société qui les a utilisés à des fins politiques et guerrières. Âmes perdues encore parce ces jeunes gens n'ont ni but, ni ambition, ni rêves et probablement pas de solutions à leurs vies.
Que propose alors Diala Kashmar ? Juste un éclairage sur les conséquences (in)humaines de la guerre (les dommages collatéraux, comme on les appelle), mais aussi une réflexion sur ce que peut nourrir ce quartier en son sein comme causes d'une autre guerre. Jean Roche, fondateur du « Cinéma vérité », n'avait-il pas dit que « les marginaux ont toujours raison » ?
Sur fond de musique de Zeid Hamdan, ce documentaire très intéressant, qui vous prend aux tripes, a reçu le prix spécial du jury à Dubaï en 2013. Il est projeté ce soir à 20 heures dans le cadre d'Écrans du réel.

Le Joli mai,
de Chris Marker et Pierre Lhomme
France, 1963, 136 min. DCP. En français sous-titré anglais
On trouve dans la note d'intention de la maison de production « La Sofra » : « Que repêchera-t-on de nos années à nous ? Peut-être tout autre chose que ce que nous y voyons de plus voyant. » En 2001, le film est projeté dans un lycée parisien, les lettres de ces lycées adressées à Catherine Winter (productrice) ont toutes en commun un étonnement face aux propos des gens interviewés en 1962, étonnement lié à la résonance contemporaine des dires des intervenants : « J'entends ça aujourd'hui dans mon entourage » ; « La société n'a pas changé » ; « Le racisme persiste encore plus aujourd'hui ».Le Joli mai est tourné à Paris en mai 1962, juste après les accords d'Évian. Chris Marker...
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