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Nos lecteurs ont la parole - Carole Dib

La maman du brouillon

Mais qu'est-ce qui est écrit sur cette feuille ? Noire, gribouillée de part et d'autre par des mots et des sketches miniatures, on n'y comprend rien.
Pourtant, le propriétaire du brouillon y lit toute une histoire. Il y voit tout un dessin. Il est le seul à pouvoir le comprendre. Et il t'affirme que toute grande œuvre a toujours été un brouillon.
D'ailleurs, l'autre jour, je griffonnais mon plan d'architecture et soudain, ça m'a choqué. Cette idée m'a choquée. L'idée que, finalement, nous sommes nous-mêmes des brouillons. Nous ne sommes nous-mêmes que des « projets » en perpétuelle évolution. Nos sentiments, nos connaissances, nos personnalités.
Depuis notre enfance, puis notre adolescence et jusqu'à l'âge adulte, nous passons par des phases « noires » : des phases d'incertitude, d'hésitation, de peur. Nous passons par des moments tellement brouillons... Nous ne nous reconnaissons plus. Nous ne retrouvons plus notre voie. Et nous tombons dans une obscurité inintelligible.
En ces instants-là, qui est la seule personne sur terre capable de lire ce brouillon et surtout de le transformer, le métamorphoser, le purifier et le sublimer ?
La maman.
Son fils a beau être triste, ennuyé, stressé, elle le devine en un clin d'œil. Même s'il fait semblant de sourire et d'être heureux, la maman a toujours un scanner dernière technologie qui détecte la réalité qui se cache derrière son sourire, le vrai problème qui se cache derrière ses larmes.
Lui, des fois il se sent inutile, perdant, lâche, incapable.
Pourtant, sa maman lit en ses talents toute une histoire. Elle voit en ses capacités tout un avenir. Elle est la seule à pouvoir le comprendre.
Elle lui remonte le moral, le tient par la main et lui affirme que, finalement, le meilleur a toujours été le plus noir des brouillons.
Bonne fête à toutes les mamans. Bonne fête à ma maman. C'est grâce à toi que je deviens chaque jour un peu moins brouillon.

Carole DIB

Mais qu'est-ce qui est écrit sur cette feuille ? Noire, gribouillée de part et d'autre par des mots et des sketches miniatures, on n'y comprend rien.Pourtant, le propriétaire du brouillon y lit toute une histoire. Il y voit tout un dessin. Il est le seul à pouvoir le comprendre. Et il t'affirme que toute grande œuvre a toujours été un brouillon.D'ailleurs, l'autre jour, je griffonnais mon plan d'architecture et soudain, ça m'a choqué. Cette idée m'a choquée. L'idée que, finalement, nous sommes nous-mêmes des brouillons. Nous ne sommes nous-mêmes que des « projets » en perpétuelle évolution. Nos sentiments, nos connaissances, nos personnalités.Depuis notre enfance, puis notre adolescence et jusqu'à l'âge adulte, nous passons par des phases « noires » : des phases d'incertitude, d'hésitation, de peur. Nous...
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