Cet immigrant subsaharien a réussi à rejoindre l’enclave espagnole de Melilla. D’autres ont été moins chanceux... Jesus Blasco de Avellaneda/Reuters
Une nouvelle vague de migrations a touché l'Europe hier, réanimant un débat et des drames qui s'étaient quelque peu fait oublier. Le bilan est lourd : 12 morts, dont deux enfants.
Un demi-millier d'immigrants subsahariens ont ainsi pénétré hier dans l'enclave espagnole de Melilla, soit le groupe le plus important depuis 2005, époque des arrivées massives de migrants sur le sol espagnol.
Par ailleurs, au moins sept migrants dont deux enfants sont morts hier après le chavirage de leur embarcation à 1,5 mille nautique de l'île de Lesbos en mer Égée. La barque transportait au total 17 personnes, et ce nouveau drame s'est produit à moins de deux mois d'un naufrage similaire en Grèce. En outre, quatre migrants d'origine syrienne sont morts hier au large des côtes méditerranéennes de la Turquie dans le naufrage de leur embarcation qui tentait de rallier la Grèce, a rapporté l'agence de presse Dogan. Trois autres migrants qui avaient pris place à bord ont été secourus par les garde-côtes et un autre était toujours porté disparu dans les eaux de la mer Égée.
Côté italien, les migrants ont connu un sort plus heureux. La marine italienne a annoncé hier avoir sauvé quelque 600 migrants syriens, palestiniens et érythréens, dont 62 mineurs, qui traversaient la Méditerranée à bord de deux embarcations surchargées. Les migrants, parmi lesquels 103 femmes, avaient été repérés par un avion qui patrouillait au-dessus de la Méditerranée dans le cadre de l'opération « Mare nostrum ». Cette dernière avait été lancée à l'automne dernier par les autorités italiennes afin d'éviter d'autres drames après le naufrage de deux navires qui avait fait des centaines de morts en octobre.
Amnesty International a pour sa part dénoncé hier le traitement « honteux » infligé par les autorités chypriotes aux migrants et demandeurs d'asile. « Il est honteux de penser qu'au sein de l'Union européenne, des personnes qui n'ont commis aucun crime sont maintenues en rétention dans des conditions comparables à la prison pour des périodes parfois supérieures à 18 mois », a expliqué le responsable du programme Droits des réfugiés et des migrants à Amnesty International, Sherif Elsayed Ali. Menogia est « une prison qui ne dit pas son nom », a-t-il aussi dénoncé. « Derrière une double barrière en métal, les détenus vivent les uns sur les autres, et ne sont autorisés à quitter le bâtiment que deux heures et demie par jour. »
Le ministre chypriote de l'Intérieur, Socrates Hasikos, a réagi en fustigeant un rapport « partial et infondé » s'appuyant « presque exclusivement sur des informations recueillies par des ONG, tandis que les explications du gouvernement ont été ignorées ».
(Source : AFP)


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