Le président du Conseil accompagnant M. Gemayel vers son bureau. Au second plan, Salim Sayegh et Élie Marouni. Photo Dalati et Nohra
Constatant qu'il ne pouvait plus songer à la modifier, le parti Kataëb tente de lever « l'ambiguïté destructrice » contenue dans la déclaration ministérielle par des « déclarations interprétatives », en l'occurrence celles des présidents Sleiman et Salam, et du patriarche Raï afin de rassurer l'opinion.
Telle est l'attitude des Kataëb à l'égard de la déclaration ministérielle adoptée vendredi dernier, et dont les failles sérieuses, en ce qui concerne l'autorité de l'État et l'autonomie de la résistance, sont telles que la démission des trois ministres représentant les Kataëb a été sérieusement envisagée.
C'est en résumé ce qu'une source informée a confié hier soir à L'Orient-Le Jour, au terme d'une journée marquée par deux visites rendues successivement par Samy Gemayel au président Sleiman, puis au président du Conseil – la première étant restée confidentielle –, et une troisième visite rendue cette fois par Amine Gemayel au Grand Sérail. Et la source de parler d'une « cellule de crise » au sein de laquelle « une parfaite coordination existe » entre le président Amine Gemayel et son fils.
Aussi bien à Bkerké qu'au Grand Sérail, le parti Kataëb a obtenu satisfaction sur sa volonté de clarification de la déclaration ministérielle, assure la source précitée.
À Bkerké, le patriarche avait saisi l'occasion de l'homélie dominicale pour parler de la nécessité « de corriger ce qui doit l'être et de clarifier ce qui est confus » dans la déclaration.
Au Grand Sérail, le Premier ministre a affirmé, après avoir rencontré le président Gemayel, que « le cabinet a mis l'accent, dans sa déclaration, sur l'unité de l'État libanais et son autorité de référence exclusive dans tout ce qui concerne la politique générale, ainsi que la responsabilité de l'État et son rôle dans la réalisation de la souveraineté et de l'indépendance du pays, ainsi que de la sûreté de ses fils ».
Une troisième « déclaration interprétative » est attendue aujourd'hui du président Sleiman, au terme de la visite que doit lui rendre le chef des Kataëb, qui sera accompagné d'une délégation de 13 personnes comprenant notamment les ministres et les députés de ce parti, ainsi que son secrétaire général.
La déclaration attendue du président Sleiman « s'adressera non seulement au parti Kataëb, mais aussi à tous ceux qui continuent d'entretenir le doute au sujet de la déclaration ministérielle », relève la source citée.
Si l'on en croit le Premier ministre, la page d'une éventuelle démission des trois ministres du parti Kataëb est définitivement tournée et Amine Gemayel lui aurait fourni un signe positif de participation.
Toutefois, cette décision ne sera formalisée qu'aujourd'hui en fin de journée, par un vote du bureau politique du parti Kataëb, auquel seront exposés les contacts effectués depuis vendredi dernier, notamment le contact d'aujourd'hui avec le chef de l'État, et les raisons pour lesquelles il paraît souhaitable qu'en dépit des ambiguïtés le gouvernement obtienne la confiance.
Selon la source susmentionnée, et à la stupéfaction de tous, le bureau politique réuni samedi dernier s'était divisé en deux camps parfaitement égaux, les uns souhaitant la démission des ministres, les autres leur maintien.
En tout état de cause, le parti Kataëb aura également pris en compte, dans sa décision, les conseils que lui prodiguent les pays amis, États-Unis et Union européenne en tête, qui voient dans la formation du gouvernement et dans la prochaine élection d'un nouveau chef de l'État, ainsi que dans la mise en œuvre des accords internationaux sur le Liban, autant d'éléments de stabilité interne dont le Liban n'a jamais eu autant besoin.
Le vote de confiance
Si tout se passe comme prévu, et si les ministres du parti Kataëb restent au sein du gouvernement, le cabinet Salam est assuré d'obtenir la confiance par, au moins, 106 voix sur 128. Certains vont même jusqu'à le créditer de 118 voix. Les « non »-avérés sont, pour le moment, au nombre de 8 ; mais il existe 13 autres votes incertains ou de députés qui se trouvent à l'étranger. Les Forces libanaises sont la principale source d'opposition au gouvernement.
Le dernier pointage effectué hier se présente comme suit : bloc du Futur (27 voix), favorables, mais trois des députés de ce bloc seront absents : Saad Hariri, Farid Makari et Okab Sakr ; bloc des indépendants ou alliés du Futur (16 voix), dont 3 votes incertains, ceux de Marwan Hamadé, Fouad el-Saad et Antoine Saad ; bloc du Changement et de la Réforme comprenant le CPL, les Marada, le Tachnag et Fadi Aouar (26 voix) favorables ; bloc du Hezbollah (13 voix) favorables ; bloc Amal (13 voix) favorables ; bloc Walid Joumblatt (8 voix) favorables ; Michel Murr et Nayla Tuéni (2 voix) favorables ; PSNS (2 voix) favorables ; Baas (2 voix) favorables ; indépendants Talal Arslan, Mohammad Safadi et Nicolas Fattouche (3 voix) ; bloc Nagib Mikati et Ahmad Karamé (2 voix) ; bloc des Forces libanaises (8 voix), contre et bloc Kataëb (5 voix).
Ersal et Tripoli
Sur le plan de la sécurité, l'armée est en état d'alerte maximale sur toute l'étendue du front Est, où elle tente d'endiguer l'entrée illégale de combattants du Front al-Nosra refluant vers le Liban, après la déconfiture de Yabroud.
Mais le plus grave reste l'hostilité croissante qui se manifeste au sein de la population locale entre ceux qui appuient la révolution syrienne et ceux qui se battent aux côtés du régime de Damas. La fermeture de la route reliant Ersal la sunnite à Laboué la chiite, et à travers Laboué avec le reste du pays est, sur ce plan, emblématique. Tôt ou tard, une action de l'armée dans la région d'Ersal deviendra inévitable, constate-t-on, et si l'on hésite à le faire immédiatement, c'est en raison de son coût humain qui sera certainement élevé.
À Tripoli, l'évolution des combats est symptomatique d'une radicalisation des groupes sunnites, exacerbés par la situation en Syrie. Désormais, ces groupes n'hésitent plus à ouvrir le feu sur l'armée, soupçonnée de collusion avec les forces prorégime syrien à Jabal Mohsen.
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L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
ÇA M'INQUIÈTE DE VOIR CETTE PHOTO. AMINE À CÔTÉ DE TAMMAM. MOI QUI A AIMÉ LE PÈRE PIERRE DANS MA JEUNESSE, C'ÉTAIT QUELQU'UN QUI NOUS AIMAIT LUI AUSSI. AMINE À ÉCHOUÉ PARTOUT EN POLITIQUE. TOUT EST PASSÉ SOUS SON NEZ. LA LISTE EST LONGUE. IL EST DEVENU DÉPUTÉ POUR REMPLACER SON ONCLE MAURICE DÉCÉDÉ. PUIS PRÉSIDENT POUR REMPLACER SON PETIT FRÈRE BACHIR DÉCÉDÉ AUSSI. COMME PRÉSIDENT, C'EST LUI QUI A ÉVINCÉ LE GÉNÉRAL IBRAHIM TANNOUS EN NOUS IMPOSANT LE MERCENAIRE MICHEL AOUN À LA TÊTE DE L'ARMÉE AVEC TOUS LES DÉGATS INFLIGÉS SUR LE PAYS PAR CE DERNIER ET QUI NE SE FINISSENT JAMAIS. QUAND EDMOND RIZK A PRIS LA FUITE, IL M'A DIT QUE AMINE EST OCCUPÉ PAR L'ARGENT C'EST TOUT CE QU'IL INTERESSE. QU'EST CE QUI RESTE D'INTÉRESSANT CHEZ LES KATAËB AUJOURD'HUI ? C'EST TOUJOURS LUI ET LES ENFANTS EN PREMIER PLAN. AVANT LE SLOGAN DES KATAËB ÉTAIT: ALLAH - AL WATAN - AL AÏLAH "LA FAMILLE" MAINTENANT C'EST DEVENU: AL AÏLAH - ALLAH - AL WATAN. AMINE DEVAIT DEPUIS LONGTEMPS CÉDER LA PLACE À D'AUTRE GENS LIBRES, COMPÉTENTS ET INTÉRESSANTS POUR QU'ILS PUISSENT S'EN OCCUPER DU PAYS.
15 h 26, le 18 mars 2014