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Liban - Éclairage

Après la chute de Yabroud, les yeux se tournent vers Ersal

Baba Amr, Qoussayr, Yabroud, l'un après l'autre, les fiefs de l'opposition syrienne sont en train de tomber entre les mains des forces du régime et de ses alliés. Mais les experts militaires sont unanimes pour affirmer que la chute de Yabroud a été bien plus rapide que prévu, alors qu'aussi bien l'opposition que les forces du régime présentaient cette ville de près de 75 000 habitants comme une place forte, regorgeant de combattants du front al-Nosra formés en Jordanie et ailleurs, et équipés d'armes sophistiquées. D'ailleurs, une chanson initialement écrite et composée par le Hezbollah selon laquelle il était question de « remporter une nouvelle victoire à Yabroud » avait été détournée par les combattants d'al-Nosra pour dire au Hezbollah « Tu creuses ta tombe à Yabroud ». C'est dire combien les combattants de l'opposition avaient au départ le moral élevé.

 

Mais la stratégie adoptée par les forces du régime d'encercler petit à petit la ville et de prendre ensuite les collines qui la surplombent, avant de lancer l'assaut final, s'est avérée efficace. Toutefois, même dans cette stratégie, les forces du régime avaient prévu un long siège. Or, il n'a duré que quelques jours, au bout desquels une bonne partie des combattants se sont rendus ou ont été tués, alors que quelques milliers (on parle de 2 000) ont pris la fuite... emportant avec eux les voitures piégées qu'ils comptaient envoyer au Liban.

 

Selon les experts militaires, les combattants de l'opposition ont fui vers deux villages, Flita et Rankous. Flita est la dernière localité avant Ersal, alors que Rankous fait face à Baalbeck. Les sources proches de l'armée syrienne affirment que Flita ne peut pas tenir longtemps et que sa prise est l'affaire de quelques jours. Par contre, Rankous est située dans le jurd et elle est plus difficile d'accès. Toutefois, l'élément important, c'est que les combattants réfugiés à Flita peuvent, si celle-ci tombe, aller se cacher dans le jurd de Ersal, alors que ceux de Rankous ne peuvent pas prendre le chemin de Baalbeck. Ils devront, dans ce cas, rester dans les montagnes du Qalamoun qui séparent la frontière libanaise de la Syrie pour quelque temps, la géographie des lieux pouvant leur servir d'abri provisoire. Mais au final, nul ne peut nier l'importance de la chute de Yabroud aussi bien pour le rapport de force sur le terrain en Syrie que pour le Liban, puisque les dernières enquêtes montent que dix des voitures bourrées d'explosifs envoyées récemment au Liban avaient été piégées dans cette localité.


La question qui se pose aujourd'hui est la suivante : la chute de Yabroud entre les mains des forces du régime signifie-t-elle la fin des attentats au Liban ? Une source sécuritaire autorisée répond rapidement qu'il n'en est rien. Le rythme des attentats peut se ralentir car les terroristes ont moins de facilités dans les déplacements et la logistique, mais cela ne les empêche pas d'avoir encore beaucoup de moyens. Auparavant, ils s'emparaient des voitures volées au Liban et les envoyaient à Yabroud pour y être piégées, mais ils peuvent désormais les préparer à exploser au Liban même.

De plus, certains combattants ont visiblement fui Yabroud avec des voitures piégées, dont on ignore le nombre exact. En 24 heures, l'armée en a trouvé deux, une qui a explosé à Nabi Osman parce qu'elle avait été repérée et l'autre a été découverte par l'armée qui l'a fait exploser.


La source sécuritaire autorisée précise que la situation est grave pour le Liban, notamment à Ersal où il y a désormais près de 100 000 personnes. Autrement dit, il y a un tiers de Libanais contre deux tiers de Syriens favorables aux différents courants de l'opposition. Ce sont désormais les Syriens qui font la loi dans cette bourgade, et même si l'armée a dressé des barrages dans la région, elle ne peut pas en contrôler toutes les allées et venues, d'abord parce que les effectifs postés sur place sont insuffisants et surtout parce qu'il n'y a pas de décision politique en ce sens. Une telle décision, précise la source sécuritaire précitée, devrait être prise au plus haut niveau de l'État, et être claire et ferme. L'armée a déjà préparé un plan pour empêcher l'extension géographique des éléments armés à d'autres régions du pays, mais elle ne peut pas l'appliquer sans un feu vert de la part de toutes les parties. La situation est d'autant plus grave que le système social dans la Békaa est basé sur les clans et les tribus (les acha'ër), notamment dans la région de Baalbeck et ses environs, et dans la région de Ersal et ses environs. Et ce système considère la vendetta comme un devoir lorsque la tribu ou le clan sont attaqués...


Comme les derniers obus tombés sur les localités chiites autour de Baalbeck proviennent de la zone entre Flita et Ersal, et du jurd de cette dernière, les tribus de Baalbeck pourraient décider de riposter conformément au principe de vendetta. Une véritable guerre pourrait alors éclater entre ces deux régions sans que l'armée puisse s'interposer. Certes, jusqu'à présent, Amal et le Hezbollah parviennent à juguler la colère des familles et des clans, mais si les bombardements et les attentats deviennent plus violents, comment être sûr que la situation restera sous contrôle ?

La source sécuritaire précitée est catégorique, les autorités doivent réagir rapidement car les risques sont trop grands, et la tension sur le terrain, augmentée par l'arrivée massive des Syriens, combattants et familles, qui n'ont nulle part ailleurs où aller, est un facteur évident de déstabilisation. Ersal ne doit pas être la victime de la prise de Yabroud. Mais pour cela, il faut une réaction officielle rapide et efficace qui se concrétise par un feu vert à l'armée et aux services de sécurité.

 

 

Baba Amr, Qoussayr, Yabroud, l'un après l'autre, les fiefs de l'opposition syrienne sont en train de tomber entre les mains des forces du régime et de ses alliés. Mais les experts militaires sont unanimes pour affirmer que la chute de Yabroud a été bien plus rapide que prévu, alors qu'aussi bien l'opposition que les forces du régime présentaient cette ville de près de 75 000 habitants...
commentaires (8)

TOUCHER À LA VILLE DE ARSAL SERAIT ALLUMER LA MÈCHE D'UNE GUERRE RELIGIEUSE... QUI DÉJÀ COUVE À TRIPOLI SI L'INIQUITÉ DES DEUX POIDS ET DEUX MESURES CONTINUE. SEULE L'ARMÉE POURRAIT RAMASSER LES NON SYRIENS S'IL EN EXISTE ! MÊME PAS LES OPPOSANTS SYRIENS FUYANT LES CARNAGES ET QUI ONT, PEUT-ÊTRE, TROUVÉ REFUGE DANS LA VILLE.

LA LIBRE EXPRESSION

12 h 11, le 19 mars 2014

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Commentaires (8)

  • TOUCHER À LA VILLE DE ARSAL SERAIT ALLUMER LA MÈCHE D'UNE GUERRE RELIGIEUSE... QUI DÉJÀ COUVE À TRIPOLI SI L'INIQUITÉ DES DEUX POIDS ET DEUX MESURES CONTINUE. SEULE L'ARMÉE POURRAIT RAMASSER LES NON SYRIENS S'IL EN EXISTE ! MÊME PAS LES OPPOSANTS SYRIENS FUYANT LES CARNAGES ET QUI ONT, PEUT-ÊTRE, TROUVÉ REFUGE DANS LA VILLE.

    LA LIBRE EXPRESSION

    12 h 11, le 19 mars 2014

  • A cause de la stupidité libanaise dont nous sommes fiers(!) nous serons des cibles parfaites pour le régime et l'opposition, et qui a dit que les "?" ne savent pas fabriquer des voitures piégès au Liban, les matières premières et les "cannibales" y abondent... Sauve qui peut

    Bahijeh Akoury

    17 h 03, le 18 mars 2014

  • Précisons que l'opposition syrienne est infiltrée d'éléments salafowahabites binsaouds , et que ça va pas très fort entre eux en ce moment. Je vous garantie que l'affrontement se fera jour entre les partisans du qatar et ceux des bensaouds . Faites vos jeux , rien ne va plus ! Scarlett ne nous a pas dit en détails le pourquoi du comment de la rapide défaite à Yabroud , c'était pas le sujet certes , mais la trahison parmi les mercenaires en est un élément déterminant non négligeable autant que le coup de maître du hezb qui réussit à liquider 13 têtes des mercenaires dans un opération de grande voltige , opération faite avec une rapidité et une efficacité déroutante pour les mercenaires . On déplore que des attentats puissent encore nous sauter à la gueule , mais la confiance en notre résistance est plus forte que jamais , on vaincra le mal , on y croit et les cassandres pleurnicheuses se retrouveront bien bêtes le jour où il n'y aura que joie et bonheur de s'être débarrassé de cette calamine au Qalamoun n'auront plus rien à se mettre sous l'œil larmoyant .

    FRIK-A-FRAK

    14 h 02, le 18 mars 2014

  • Il faut ARRETER le flux de syriens vers Ersal. Pourquoi n'y arrive-t-on pas? Depuis que les refugies syriens ont commence a affluer au Liban, la Turquie et la Jordanie ont fixe un plafond de 20000 refugies. Pourquoi nos politiciens n'ont-ils pas fait de meme? Le 14 mars voulait a tout prix les accueillir pour des raisons humanitaires (sic). Or, parmi ces refugies, beaucoup de miliciens syriens se sont infiltres au Liban. C'est dire la strategie intelligente du 14 mars.. Voila ou nous en sommes!

    Michele Aoun

    10 h 33, le 18 mars 2014

  • Que nenni, car le rythme des attentats peut se ralentir, les mercenaires du régime ayant moins de facilités, mais cela ne les empêche pas d'avoir encore des moyens. Avant, ils s'emparaient des voitures et les envoyaient chez les chabbîhâhs pour y être piégées, mais ils peuvent désormais les préparer à exploser au Liban. Ces expèèèrts précisent que c'est grave pour le Liban, notamment dans ces 3 zones précitées où il y a beaucoup de mercenaires du régime cachés. Il y a 1/3 de mercenaires libanais contre 2/3 de mercenaires syriens favorables au régime aSSadique. Ce sont ces Syriens qui font la loi, et même si l'armée a dressé des barrages dans ces zones, elle ne peut pas tout contrôler car y a pas de décision politique en ce sens. La situation est grave vu que le système dans ces 3 zones est basé sur les clans-acha'ër, style Bäälbick-Hirmil. Système qui considère la vendetta comme un devoir lorsque le clan est menacé. Une guerre pourrait éclater entre ces 2 espèces de mercenaires du régime bääSSyrien sans que l'armée puisse s'interposer. Amal et ce Hézébbb tentent coucicouça de juguler la colère des clans, mais si les mercenaires syriens du régime deviennent + violents, comment être sûr que la situation reste sous contrôle. Les expèèèrts sont formels, la tension est multipliée avec l'entrée massive des syriens mercenaires de ce régime. Le Grand-Liban ne doit plus être la victime encore de ce régime bääSSyrien !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 25, le 18 mars 2014

  • L'ARTICLE COMMENCE PAR LA CONFESSION : BABA AMR, QOUSSEIR ET YABROUD : LES FIEFS DE "L'OPPOSITION SYRIENNE" C.A.D. DES SYRIENS QU'ON ÉGORGE ET QUI SE RÉFUGIENT AU LIBAN, TRANSFORMÉS EN REVANCHARDS, ET NON LES FIEFS DES TERRORISTES QU'ON NOUS CHANTE... ON PEUT AUSSI S'ATTENDRE AU PIRE DU MILLION+ DÉJÀ CHEZ NOUS... DES SYRIENS... POINT D'ÉTRANGERS PARMI EUX. ON PEUT SURTOUT COMPRENDRE LES BARATINS QU'ON NOUS SERT HABITUELLEMENT ET QUE CETTE PHRASE DU COMMENCEMENT DE CET ARTICLE VIENT PAR MÉGARDE DE TRAHIR !

    LA LIBRE EXPRESSION

    07 h 50, le 18 mars 2014

  • "Les fiefs des bääSSyriens étaient tombés entre les mains des Sains syriens Révolutionnaires. Mais les expèèèrts affirment que la chute de ce Satané régime sera plus rapide que prévu, alors qu'on le croyait fort grâce aux mercenaires hézbbollâhîs und pasdarânîs formés au Liban et en Per(s)cée et équipés d'armes aussi Per(s)cées. C'est dire combien ce bääSSyrien régime aurait dû avoir un moral élevé. Mais la fine stratégie adoptée par la Révolution s'est avérée efficace. Toutefois, les Révolutionnaires avaient prévu une longue guerre. Or, elle ne dure que depuis 3 années, au bout desquelles les mercenaires de ce régime si haï se sont rendus ou ont été tués, alors que d'autres ont déserté.... emportant les voitures piégées qu'ils comptaient envoyer au Liban. Selon les expèèèrts, ces mercenaires fuient et vont fuir vers 3 zones au Liban : Dâhïyéééh, Mont-ouvrier et Bäälbick-Hirmil. Ils affirment que ces mercenaires ne peuvent pas tenir longtemps, et que la prise de Damas est pour bientôt. Ils devront donc rester cachés au Liban mais nul ne peut nier ce danger puisque les enquêtes montrent que les attentats à que comptaient préparer Michél le Pardonneur seraient d'actualité du fait de ces mercenaires cachés au Liban. D'où, that is the question : la chute de Damas aux mains de la Révolution signifie -t-elle la fin des attentats ? Réponse des mêêêmes expèèèrts : Que nenni !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 47, le 18 mars 2014

  • "La question qui se pose aujourd'hui est la suivante : la chute de Yabroud entre les mains des forces du régime (et du Hezbollah) signifie-t-elle la fin des attentats au Liban ? Une source sécuritaire auotorisée répond rapidement qu'il n'en est rien". Cela veut dire qu'au contraire les attentas-kamikaze au Liban vont augmenter. Et cette "source sécuritaire autorisée" n'at-elle pas ajouté que l'armée est faite pour ça : subir les conséquences des aventures et des dérives du Hezbollah et y parer ?

    Halim Abou Chacra

    05 h 57, le 18 mars 2014

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