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Moyen Orient et Monde - Frontières

Le Hamas s’emporte contre l’Égypte et l’accuse presque de « sionisme »

Un tribunal du Caire interdit le mouvement islamiste sur le territoire égyptien.

Les dirigeants du Hamas au pouvoir à Gaza ont dénoncé hier l'interdiction en Égypte par la justice des activités du mouvement islamiste palestinien, accusant Le Caire de « servir l'occupation israélienne ».


« Une telle décision vise à étrangler la résistance et sert l'occupation israélienne », a déclaré Bassem Naïm, conseiller pour les affaires étrangères du chef du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh, espérant que cette décision ne se traduirait pas par « des restrictions à la circulation des personnes » à Gaza. « Nous condamnons cette décision, que nous considérons comme choquante et répréhensible, dénoncée non seulement par le Hamas, mais par toutes les forces de la résistance du peuple palestinien, au moment où nous attendons de l'Égypte qu'elle soutienne ce peuple », a-t-il ajouté.
« Nous appelons tous les mouvements et partis égyptiens à rejeter cette décision et à réclamer son annulation », a-t-il exhorté, soulignant que « la Palestine et Gaza sont à la pointe du combat en faveur des nations arabes et musulmanes et de la protection de la sécurité nationale de l'Égypte ».


Un porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri, a également démenti que le mouvement islamiste palestinien opère en Égypte. « Nous demandons à l'Égype de soutenir la résistance (palestinienne). Sa décision, qui la situe aux côtés de l'occupant sioniste, risque de l'isoler du combat historique de la cause palestinienne », a argué le porte-parole.


À l'extérieur de Gaza, Ezzat al-Rishq, un membre du bureau politique du Hamas, a qualifié la décision égyptienne de « très dangereuse ». « Elle va ouvrir les portes à de nouvelles agressions et à la guerre contre Gaza », a averti ce proche de Khaled Mechaal, le chef du Hamas qui s'est installé à Doha après avoir quitté Damas.

 

Prêche unique
C'est le tribunal égyptien qui a interdit hier le Hamas, considéré comme la branche palestinienne des Frères musulmans, mouvement du président islamiste destitué Mohammad Morsi, décrété organisation « terroriste » par Le Caire en décembre et cible d'une très sanglante répression depuis la reprise en main du pouvoir par l'armée.


Il faut dire que les attentats visant policiers et militaires se sont multipliés depuis la chute de M. Morsi, notamment dans le Sinaï, et de hauts responsables égyptiens accusent régulièrement le Hamas d'être « impliqué » dans ces attaques. D'ailleurs, plusieurs membres du Hamas figurent parmi les coaccusés, la plupart jugés par contumace, dans le procès le plus emblématique intenté contre M. Morsi et les cadres de sa confrérie : ils sont tous jugés pour « espionnage », accusés d'avoir « comploté » avec le Hamas et l'Iran pour « déstabiliser » l'Égypte. Ce procès est pour le moment ajourné à une date non définie.


En attendant, dans les mosquées égyptiennes, le thème du prêche du vendredi est désormais imposé par les autorités, dans une démarche déterminée et claire visant à priver les islamistes d'un de leurs canaux de diffusion. Parce que depuis que l'armée a destitué et arrêté le président Morsi, ses partisans ont pris l'habitude de manifester à la sortie des mosquées, faisant de la prière hebdomadaire du vendredi le point de départ de leurs défilés et du prêche un moyen de mobiliser des troupes.
Rappelons que les autorités ont récemment suspendu 55 000 imams. Ils n'avaient pas été formés par l'Université al-Azhar, l'une des plus prestigieuses facultés islamiques de l'islam sunnite, contrôlée par l'État égyptien, et étaient accusés d'avoir « incité à la violence et utilisé les mosquées pour répandre l'extrémisme religieux ».

 

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