Le palais présidentiel de Mogadiscio a été visé hier par un spectaculaire attentat-commando revendiqué par les islamistes shebab, qui, outre les assaillants, a coûté la vie à au moins cinq personnes.
Une voiture piégée a d'abord explosé contre l'enceinte du complexe présidentiel Villa Somalia, pourtant très sécurisé. Ont immédiatement suivi une dizaine d'hommes armés qui ont pénétré dans l'enceinte, ont rapporté des sources sécuritaires et des témoins. Selon la police, « neuf assaillants » ont péri dans l'attaque, qui a par ailleurs fait cinq victimes des responsables somaliens ou des soldats. Un haut responsable gouvernemental s'exprimant sous couvert d'anonymat a indiqué qu'un membre du cabinet du Premier ministre et un ancien chef adjoint des services de renseignements figuraient parmi ces victimes.
Le gouvernement assurait avoir repris le contrôle de la situation en milieu d'après-midi, assisté notamment des forces de sécurité somaliennes et des soldats de la Force de l'Union africaine en somalie (Amisom). Les shebab, qui ont juré la perte des autorités somaliennes, ont immédiatement revendiqué l'attaque, expliquant que « l'assaut » montrait « qu'aucun endroit n'est sûr pour le gouvernement apostat ».
Indemne, le président Hassan Cheikh Mohamoud, dont le pays tente difficilement de sortir de deux décennies de guerre civile, a présenté ses condoléances aux familles des victimes et promis de poursuivre la lutte contre les « ennemis de la paix ». Il a également assuré que les attaques des shebab, qu'il a qualifiés de « groupe marginal en voie d'extinction », ne parviendraient pas à avoir « un impact significatif » sur la reconstruction du pays. Le président somalien, dont l'arrivée au pouvoir avait déclenché un vent d'optimisme parmi la communauté internationale, avait déjà été la cible d'un attentat moins de 48 heures après son élection, en septembre 2012. Il n'avait pas été blessé.
Les shebab, affiliés à el-Qaëda, ont été chassés de la capitale somalienne en août 2011 par la fragile armée somalienne et la force de l'Union africaine (UA). Depuis, ils ont perdu leurs bastions dans le sud et le centre du pays. Mais ils continuent de contrôler de vastes zones rurales et, à Mogadiscio, de lancer des attaques de type guérilla de plus en plus sophistiquées, qui se sont multipliées ces derniers temps.
(Source : AFP)


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