Les Amis du Liban se réuniront à Paris pour exprimer et concrétiser leur soutien au pays du Cèdre conformément à ce qui avait été annoncé par le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, et récemment confirmé par le président François Hollande lors de sa réunion à Tunis avec son homologue libanais Michel Sleiman.
C'est ce qui a été dit hier au Quai d'Orsay par le porte-parole du ministère des AE Romain Nadal, qui a salué au passage la formation du nouveau gouvernement libanais et rendu hommage à Michel Sleiman et Tammam Salam pour leurs efforts qui ont permis de mettre en place une nouvelle équipe ministérielle.
« Il est nécessaire à ce stade de préserver le Liban de l'impact de la crise syrienne et de soutenir fermement et concrètement les autorités libanaises face aux problèmes qu'elles rencontrent », a ajouté le porte-parole qui n'a pas voulu donner la date précise de la réunion de Paris. Mais on apprend de source diplomatique officieuse que cette conférence – que l'on appelle maintenant le « Core Group » pour le Liban – aura lieu le 5 mars et que le coup d'envoi des préparatifs vient d'être donné. Sans connaître encore avec précision la liste des pays et organisations participants, on apprend que l'ordre du jour portera sur le soutien au Liban au triple plan humanitaire, politique et militaire.
Plus d'un haut responsable français ont mis en avant ces derniers temps la nécessité de venir en aide au Liban pour faire face et gérer l'afflux de réfugiés syriens qui dépasse les moyens du pays. Pour ce qui est de l'aide politique, elle devient maintenant possible avec un gouvernement bien en place représentant toutes les fractions du pays. Comprendre que la question de l'élection présidentielle et celle d'une nouvelle loi électorale pourraient être évoquées tout comme la confirmation de l'aide militaire qui doit permettre au nouveau gouvernement de maintenir l'ordre tout en veillant à la protection des frontières.
Reste à savoir si les aspects politique et militaire du soutien au Liban seront traités avec la même minutie et la même urgence que l'aide humanitaire qui figure, dit-on au Quai d'Orsay, au premier plan de l'ordre du jour et qui doit être discutée et décidée immédiatement.
En ce qui concerne l'aide militaire, on estime, dans les cercles proches des ministères français des AE et de la Défense, qu'il ne saurait y avoir de concertation sur le Liban sans parler de fourniture de matériel militaire et d'armement. Sur ce sujet, la parole sera à la France qui étudie actuellement une liste libanaise d'approvisionnement d'une valeur de 4,6 milliards de dollars qui pourraient être partiellement acquittés par l'aide saoudienne de 3 milliards.
Reste à savoir si, quantitativement, la liste libanaise sera prise en compte ou s'il y aura des réserves sur certains matériels sophistiqués. À cet égard, le ministère de la Défense a affirmé plus d'une fois qu'il sera le seul juge de ce que l'on doit fournir au Liban, sans tenir compte de réserves formulées de temps à autre par des pays tiers. On pense en particulier à Israël et aux États-Unis qui expriment leur crainte de voir l'armement fourni au Liban passer aux mains du Hezbollah.
En guise de réponse à ces réserves, des milieux diplomatiques arabes arguent que si l'on veut que les forces armées libanaises soient les seules dépositaires d'un équipement et d'un matériel modernes en tant que seule puissance légale, il faudrait commencer par leur fournir l'aide militaire que réclame le commandement de l'armée.
Lire aussi
Salam invite les ministres à fixer leurs priorités
À Téhéran, Berry propose un groupe des « 5 + 2 » pour une solution politique en Syrie
Un millier de familles syriennes sont arrivées en week-end à Ersal
« Il est nécessaire à ce stade de préserver le Liban de l'impact de la crise syrienne et de soutenir fermement et concrètement les autorités libanaises face aux problèmes qu'elles...

