Aussitôt arrêté, Naïm Abbas a donc avoué. On ignore tout des méthodes de l'armée libanaise qui a réussi à le capturer, mais elles sont drôlement efficaces. Ce jihadiste forcené, ce brigadier de la mort, ce parangon d'abnégation prêt à tous les sacrifices pour gagner son paradis, comment a-t-on fait pour lui faire cracher le morceau et livrer sur-le-champ tous les signalements des véhicules piégés en circulation dans le pays ?
Quand on appartient aux Brigades Abdallah Azzam, quelle pourrait être la menace suprême sous laquelle on serait prêt à livrer toute la stratégie du groupe ? La mort ? Mais la mort n'est-elle pas le rêve ultime du futur « chahid », ce téléporteur qui vous envoie littéralement en l'air vers le boxon céleste où 70 vierges sont à l'accueil et aux petits soins ? Abdallah Azzam en personne, le cheikh des Moujahidine, neuf ans de jihad au compteur, beaucoup en Afghanistan, un peu en Palestine, a été tué par une voiture piégée à Peshawar, en 1989. Dans l'une de ses notices biographiques, il est dit littéralement : « Une des jambes de son fils fut retrouvée suspendue à une ligne téléphonique. Néanmoins, qu'Allah soit glorifié, le cheikh fut retrouvé parfaitement intact, excepté une hémorragie interne qui causa sa mort. De nombreuses personnes présentes confirmeront l'odeur de musc qui émanait de son corps. » Non seulement Naïm Abbas donne une bien piètre image du jihad en essayant d'échapper à une sainte mort, mais son attitude a dû perturber tous les candidats qui, en ce moment même, travaillent dur pour gagner l'honneur de porter la ceinture et en finir avec la chasteté.
En même temps, une autre sous-culture se développe sournoisement sous notre soleil sans que personne n'y prête l'attention qu'elle mérite : celle du Captagon. Par-delà les petites saisies réalisées ici et là, ce sont des dizaines de tonnes de pilules d'amphétamines qui circuleraient à travers le pays depuis quelques années. Chaque guerre engendre sa propre drogue, sa substance iconique. Au Vietnam, c'était le LSD. Chez nous, dans les années 80, c'était le Benzhexol. Aujourd'hui c'est le Captagon, un nom dans lequel on entend irrésistiblement « piège à cons ». Sans Captagon, personne ne consentirait à aller se faire viander pour rien dans une ville où il n'a jamais mis les pieds, en prenant bien soin de demander son chemin.
Il y a dans tout cela de forts relents de vase. Un amateurisme navrant doublé d'une terrifiante folie meurtrière justifiée par la haine sectaire. Dans ce marécage médiéval où nous sommes appelés à patauger bon gré mal gré, l'affaire Jackie Chamoun apportait hier une fraîcheur salutaire. Il ne fallait pas vous excuser, Jackie. C'est nous...
Quand on appartient aux Brigades Abdallah Azzam, quelle pourrait être la menace suprême sous laquelle on serait prêt à livrer toute la stratégie du groupe ? La mort ? Mais la mort n'est-elle pas le rêve ultime du futur « chahid », ce téléporteur qui vous envoie littéralement en l'air vers le boxon céleste où 70 vierges sont à l'accueil et aux petits soins ? Abdallah Azzam en...


Les méthodes pour faire parler ces messieurs il y en a beaucoup. La torture l'une d'elle. Mais la mort étant le but de ces forcenés, je pense que la torture n'aide pas beaucoup. Pour les faire parler les SR de l’armée les menaces de les enterrer avec un porc ou un cochon pour que leur âme n'aille pas au paradis. Alors ils parlent! C'est sans douleurs et sans se salir les mains!
17 h 02, le 13 février 2014