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Nos lecteurs ont la parole - Salim F. Dahdah

Adieu veaux, vaches, cochons, couvées...

Quelle terrible mascarade que celle à laquelle assistent les Libanais depuis dix mois ! Que d'erreurs accumulées dans ce triste parcours du combattant d'un Premier ministre appelé à former un nouveau gouvernement, le dernier du mandat du président Sleiman. Après avoir obtenu en effet l'appui de la quasi-totalité des représentants de la nation qui avaient vu en Tammam Salam, à part son appartenance à une famille politique nationale, des qualités de probité, de sérieux et de crédibilité, et donc tous les ingrédients pour réussir sa mission de façon sereine et équilibrée, et au président de la République de terminer son mandat en douceur et en parfaite harmonie avec les règles constitutionnelles, le vide gouvernemental est malheureusement toujours là et l'ambiance générale plus pesante et plus oppressante que jamais.
Après avoir neutralisé et pris en otages, ces dernières années, toutes les autres composantes politiques de la nation, le Hezbollah, formation politico-militaire, tentaculaire et ancrée dans tous les coins et recoins de la République et hors de ses frontières, a malheureusement réussi à gangrener le corps libanais et rendu impossible toute décision nationale sans son agrément et sa franche adhésion à son contenu. C'est pourquoi, après avoir été investi par toutes les formations politiques, une seule décision s'imposait au Premier ministre chargé de la formation de ce nouveau gouvernement, à savoir l'obligation d'agir à chaud et de présenter une équipe qui réponde à des critères généraux acceptables pour tous, mais en se réservant à lui et au président de la République le détail de la composition et l'annonce de sa formation. Mais les circonstances régionales et nationales il y a dix mois ne sont plus les mêmes aujourd'hui, et ce qui était alors envisageable, ne l'est plus actuellement. Cette grave erreur tactique ne doit pas se répéter. Il est en effet plus honorable et plus sûr pour Monsieur Salam d'assumer, malgré les multiples obstacles et « peaux de banane » qui se multiplient pour bloquer son action, la formation d'un nouveau gouvernement composé d'une équipe politique crédible et équilibrée, même si elle n'est pas plébiscitée par tous, et qu'elle pourrait essuyer un vote de défiance à l'Assemblée nationale, que de faire subir à la nation un camouflet peut-être fatal pour la République, s'il s'abstenait de former un gouvernement à un tournant aussi délicat de son existence.
Agissez donc Monsieur le Premier ministre avant qu'il ne soit trop tard, car l'histoire ne vous le pardonnera pas. La Constitution est là pour vous encourager et vous couvrir, n'hésitez plus et advienne que pourra.
Sinon, « adieu veaux, vaches, cochons, couvées »... Le Liban de nos pères risque de se diluer encore davantage et de couler dans les sables mouvants qui enfoncent systématiquement tous les pays arabes de la région.

Salim F. DAHDAH

Quelle terrible mascarade que celle à laquelle assistent les Libanais depuis dix mois ! Que d'erreurs accumulées dans ce triste parcours du combattant d'un Premier ministre appelé à former un nouveau gouvernement, le dernier du mandat du président Sleiman. Après avoir obtenu en effet l'appui de la quasi-totalité des représentants de la nation qui avaient vu en Tammam Salam, à part son appartenance à une famille politique nationale, des qualités de probité, de sérieux et de crédibilité, et donc tous les ingrédients pour réussir sa mission de façon sereine et équilibrée, et au président de la République de terminer son mandat en douceur et en parfaite harmonie avec les règles constitutionnelles, le vide gouvernemental est malheureusement toujours là et l'ambiance générale plus pesante et plus oppressante que...
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