Au cours de la table ronde au siège du RDCL.
Le Rassemblement des dirigeants et des chefs d'entreprise libanais (RDCL) a organisé hier une table ronde autour d'une possible adhésion du Liban à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Parmi les participants, figuraient en première ligne le président et fondateur de l'organisation Talal Abou Ghazaleh, qui est également membre de la commission d'experts à l'OMC, ainsi que les anciens ministres Jean Ogassabian et Adel Cortas, ou encore le conseiller du chef de l'État Chadi Karam.
Le président du RDCL a insisté sur les avantages que gagnerait le Liban à adhérer à l'OMC, mais « nous sommes malheureusement loin de la conclusion des négociations bilatérales de biens et services ». En premier lieu, « l'OMC est régie par un ensemble d'accords qui constituent un corps de règles auquel tout pays membre peut recourir pour faire valoir ses droits ». Ensuite, M. Zmokhol a indiqué que le Liban bénéficiera de la clause de la nation la plus favorisée qui assure la plus large distribution des avantages commerciaux entre les partenaires. « Ce principe assure qu'un avantage consenti par un membre de l'OMC à l'un de ses partenaires est immédiatement étendu à tous les autres, il interdit toute discrimination entre partenaires commerciaux et constitue un véritable multiplicateur d'échanges dans un environnement de concurrence aussi parfaite que possible », a-t-il souligné. Le président du RDCL a également mis l'accent sur le mécanisme de règlement des différends de l'OMC. « Celui-ci est un outil systématique, contraignant et impartial qui a vocation à trouver des solutions pragmatiques pour des différends commerciaux à forte teneur souveraine ou à fort enjeu économique », a expliqué M. Zmokhol. « De plus, les décisions à l'OMC sont prises par consensus ; ce qui assure que les intérêts de petits pays en termes d'échanges – comme le Liban – ne soient pas escamotés », a-t-il poursuivi. Et enfin, le président du RDCL a insisté sur le rôle catalyseur de l'OMC en termes de réformes législatives et sectorielles. « Bon nombre des prérequis à une adhésion – tels que les normes, l'hygiène et la protection de la propriété intellectuelle – sont en réalité des réformes que tout pays a intérêt à mettre en œuvre – qu'il soit ou non membre de l'organisation », a-t-il ajouté.
Selon lui, il a tout intérêt à accélérer le processus de son adhésion à l'OMC afin de bénéficier dès que possible de ses externalités positives. « Pour accélérer l'adhésion, le Liban devrait s'engager politiquement, et montrer des efforts crédibles pour créer un cadre législatif qui permette d'honorer les obligations qui en découlent », a opiné M. Zmokhol. Ainsi, dans cette optique, la priorité du Liban devrait être de préparer et de mettre en œuvre le plan d'action législatif de l'OMC, qui permettrait l'adoption par le Parlement d'un certain nombre de lois indispensables et préalables à l'adhésion. Parmi elles, l'amendement de l'article 25 de la loi sur les droits d'exploitation, la loi sur les indications géographiques, la loi sur le design industriel, la loi sur les marques et la loi sur la concurrence déloyale, qui ont toutes été approuvées en Conseil des ministres en 2007, et sont toujours en attente d'une adoption parlementaire. M. Zmokhol a par ailleurs insisté sur la nécessité à associer tous les groupes d'intérêt libanais dans la préparation des positions du Liban quant à ses engagements futurs au sein de l'OMC.
De son côté, M. Abou Ghazaleh a indiqué qu'« en dépit des nombreux défis que comporterait une adhésion à l'OMC, le choix du Liban d'en devenir membre est préférable, au vu des opportunités et des bénéfices qu'il pourrait en tirer ». Mais il a pressé le Liban de rejoindre l'organisation au plus vite, soulignant que « plus le pays tardera (...) et plus les règles se durciront ».

