Des inspecteurs de l'ONU à Damas, après une attaque chimique perpétrée en août 2013. AFP/MOHAMED ABDULLAH
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon juge la Syrie capable de respecter la date butoir du 30 juin pour éliminer totalement son arsenal chimique, conformément à l'accord russo-américain de septembre dernier.
"A propos de ces armes chimiques, je suis persuadé que le processus se déroule plutôt bien même si des retards ont été constatés", a dit Ban Ki-moon à des journalistes à l'issue d'une intervention le jeudi devant le Comité international olympique (CIO), à la veille de l'ouverture des Jeux d'hiver de Sotchi.
En vertu de l'accord intervenu entre la Russie et les Etats-Unis à la suite de l'attaque au gaz sarin du 21 août dans les faubourgs de Damas et consacré par l'adoption fin septembre de la résolution 2118 du Conseil de sécurité de l'ONU, les autorités syriennes devaient évacuer au plus tard le 5 février l'ensemble de leurs armes chimiques hors du territoire syrien. Mais la date n'a pas été respectée et le processus est en retard de plusieurs semaines, ce qui remet en question la date butoir du 30 juin. A ce jour, la Syrie n'a transféré qu'à peine plus de 4% des 1.300 tonnes de produits toxiques qu'elle a déclarés à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC). Les deux petits lots évacués se trouvent à bord d'un navire danois en Méditerranée.
"Notre objectif est le 30 juin de cette année. C'est peut-être un objectif très difficile, mais je suis convaincu qu'il peut être atteint avec le soutien total du gouvernement syrien", a ajouté le secrétaire général des Nations unies.
Ban déclare avoir reçu la promesse que le plan serait respecté de la bouche même du ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al Moualem, la semaine dernière durant les négociations de Genève. "Il m'a assuré que le processus d'élimination des armes chimiques se poursuivrait comme convenu", a dit le secrétaire général.
Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal el-Moqdad a, par ailleurs, affirmé hier que son pays tentait de remplir ses obligations. "La Syrie agit avec une totale détermination, avec force et efficacité pour remplir tous les engagements pris avec l'ONU et l'OIAC", a-t-il affirmé à l'agence de presse syrienne SANA.
Damas a imputé les retards dans l'évacuation de son stock chimique aux menaces d'attaques d'insurgés sur les routes menant au port de Lattaquié, au bord de la Méditerranée. Aussi, le régime demande-t-il davantage de matériel blindé et des équipements de communication pour mener à bien cette mission. Évoquant la sécurité du transfert par la route des agents chimiques jusqu'à Lattaquié, M. Moqdad a souligné qu'il ne pouvait y avoir à ce sujet "aucun laisser-aller".
Les États-Unis et les Nations unies, qui supervisent le programme de destruction des armes chimiques avec l'OIAC, ont toutefois estimé la semaine dernière que l'armée syrienne avait tout le matériel nécessaire et devait honorer ses engagements le plus rapidement possible.
La Russie avait déclaré mardi que son allié syrien allait évacuer prochainement d'autres lots d'armes chimiques, mais les diplomates occidentaux ont dit n'avoir constaté aucun signe d'évacuation imminente. La Syrie a fait savoir qu'elle allait transmettre à l'OIAC un calendrier d'évacuation, sans dire exactement quand elle allait le faire.
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PAUVRE BAN AU GRAND SOURIRE... IL CROIT ENCORE AUX VIEILLES HISTOIRES !
09 h 52, le 07 février 2014