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Table ronde : l’impact des médias sur la langue arabe

Libre cours
11/01/2014

Comprendre le rôle des médias dans l'épanouissement ou le recul de la langue arabe, tel est l'objectif de la table ronde organisée par la faculté des arts et des sciences de la LAU en collaboration avec la Commission nationale libanaise pour l'Unesco (LNCU), à l'occasion de la Journée de la langue arabe de l'ONU, fixée au 18 décembre – date à laquelle, en 1973, l'arabe fut adopté en tant que sixième langue officielle de l'ONU.


« On ne peut pas nier le rôle des médias dans la modernisation de la langue arabe », reconnaît le Dr Zahida Darwich Jabbour, secrétaire générale de la LNCU, avant de relever l'existence de « failles majeures ». Et de préciser, en évoquant les médias audiovisuels, « l'usage fréquent de mots incorrects, une mauvaise prononciation et enfin, et ce n'est pas le moins important, de graves erreurs grammaticales ».


Le panel, constitué des Drs Sanaa Haraka, professeure d'arabe à l'UL, Yasmine Dabbous, professeure adjointe en journalisme et études médiatiques, Latif Zeitouneh, professeur de littérature arabe à la LAU (modérateur), et du journaliste expert en médias Rafik Nasrallah, s'est accordé sur le fait que si la qualité de la langue écrite est préservée dans la presse libanaise, « le coup de grâce porté à la langue » vient des médias sociaux et audiovisuels.
« La plupart des journalistes qui travaillent pour des chaînes arabophones n'ont pas une bonne connaissance de l'arabe », dénonce Rafik Nasrallah, qui précise que « seulement 8 % de toutes les chaînes arabophones ont conservé un bon niveau d'arabe dans leurs émissions ».


Les intervenants ont rejeté à l'unanimité l'idée que l'arabe – « langue qui a été historiquement associée aux sciences » – ne puisse pas s'adapter au monde des nouvelles technologies. Le Dr Darwish Jabbour évoque l'existence de plusieurs initiatives, menées à travers la région, visant à la modernisation de la langue arabe et l'expansion de son lexique pour l'adapter aux avancées scientifiques et techniques. « Le problème est que rien n'a été rendu public et qu'il n'y a aucune coordination entre les différents acteurs concernés. Il en résulte un important gaspillage d'énergie et d'argent » , regrette-t-elle.


Le Dr Yasmine Dabbous, quant à elle, a présenté les recherches qu'elle mène sur l'emploi du langage arabizi (combinaison du mot « arabe » et « englizi ») défini comme étant un système d'écriture qui utilise des lettres latines et des chiffres pour exprimer des mots arabes. Un langage largement répandu en ligne et sur les téléphones intelligents. « Le danger est que, même s'il a été initialement limité à des contextes informels de communication comme les discussions en ligne et les messages de textes courts, nous avons aujourd'hui des étudiants qui prennent leurs notes de cours en arabizi », déplore-t-elle.


Pour maintenir une langue en vie, il faut l'aimer. L'arabe n'échappe pas à cette règle. « Il ne faut pas blâmer plus que nécessaire les médias. Le problème est beaucoup plus large. Il commence à l'école, avec les manuels scolaires dont ni les textes ni les illustrations ne permettent à nos enfants de s'identifier à cette langue », conclut le Dr Sanaa Harakat.

 

Pour mémoire
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