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Liban - Liban

Lorsque les infirmières et les infirmiers urgentistes entrent en scène

On connaît la mission des infirmières : sauver la vie d'un patient ou l'assister durant sa maladie. Une mission qui prend tout son sens en situation de crise, ou lorsqu'un attentat se produit, lorsque le chaos règne et que les visions d'horreur sont insoutenables.

Après des attentats il arrive que des blessés soient transportés par dizaines vers les hôpitaux. Photo Ibrahim Tawil

Une explosion résonne au loin. Les premiers flash-infos sont diffusés. À l'heure où la panique se répand comme une traînée de poudre, du côté des urgences, les équipes se forment, les urgentistes sont sur le qui-vive. Un second front se met en place. Les soldats de l'ombre s'activent. « Ces moments se caractérisent par le chaos qui règne, explique le docteur Antoine Zoghbi, médecin responsable des urgences à l'Hôtel-Dieu de France. Dans un premier temps, il faut donner l'alerte, afin de former les équipes puis préparer les urgences à l'afflux de victimes : mettre des blocs opératoires à disposition, préparer les stocks de médicaments et autres dons de sang et optimiser la capacité d'accueil des urgences. »
Des urgences aux aguets donc, à l'image de tout un pays sans cesse secoué. « Nous vivons la plupart du temps dans la supposition et la théorie, explique Adham Tarhini, infirmier en chef à l'hôpital Sahel. Mais, un jour, nous sommes jetés dans une situation bien réelle. » Et de poursuivre : « Il faut savoir que des personnes sont désignées à l'avance en prévision de crises, qu'il s'agisse de situations de guerre, d'attaques terroristes ou de catastrophes naturelles. Avant même l'annonce du lieu précis des attentats, les équipes sont déjà formées. Des membres du personnel médical se présentent sans même avoir été appelés. Bien sûr, dans un coin de notre tête subsiste la peur de voir arriver l'un de nos proches sur une civière. C'était comme si on replongeait dans la guerre de juillet » 2006.

Travail d'équipe
Dans ces situations, le corps médical forme une chaîne solide et le rôle de l'infirmière en constitue un maillon essentiel : « Il appartient au médecin de déclencher le plan d'action, il est vrai, mais l'infirmière assure un rôle complémentaire primordial tout au long de la prise en charge du patient », affirme le Dr Zoghbi. « C'est un véritable travail d'équipe », martèle-t-il.

De plus, comme le relève Roula el-Hajj, directrice des soins à l'hôpital gouvernemental de Tripoli, c'est tout d'abord l'infirmière « de triage » qui détermine la gravité des cas et l'ordre de passage au bloc opératoire. « Tous s'affairent, aident les ambulanciers et se donnent à fond dans l'exercice de leurs fonctions », souligne-t-elle, en précisant que le personnel infirmier est doté d'une conscience professionnelle très marquée, qui se révèle au grand jour en temps de crise.

Les urgences de cet hôpital ont vu le jour depuis à peine deux ans. L'hôpital gouvernemental de Tripoli organise une psychothérapie de groupe hebdomadaire destinée aux équipes urgentistes, en collaboration avec Médecins sans frontières : « Une psychothérapie post-traumatique certes, souligne Mme el-Hajj, mais aussi un moyen d'optimiser le contact et de sensibiliser les infirmières et les infirmiers à des questions qu'ils ne se poseraient pas au moment même. Et ce par le biais de jeux de rôle ou d'autres activités. Les piliers de la profession sont la communication et l'accueil, qui plus est dans un hôpital gouvernemental en temps de crise. »

Il suffit de réaliser les horreurs auxquelles le personnel infirmier est confronté, en temps de guerre ou lorsque des attentats se produisent, pour prendre conscience de l'importance de ces sessions. En effet, les individus et notamment les familles de tués, de blessés ou de personnes portées disparues sont souvent sur les nerfs dans ce genre de situations. Toute personne en blouse blanche devient une cible, un prétexte pour se défouler, exprimer sa douleur ou sa colère. Le corps médical en voit de toutes les couleurs.
Certaines urgences font face à une véritable crise sécuritaire : les affrontements n'y sont pas rares et les urgentistes n'ont que la parole pour restaurer le calme.

Citoyens comme les autres
Les infirmières et les infirmiers ont donc un double objectif en situation de crise : leur priorité est de s'occuper du patient, de lui sauver la vie. Mais ils doivent aussi rassurer ses proches afin que la prise en charge du patient se fasse dans les meilleures conditions possibles. L'infirmière joue ainsi le rôle d'intermédiaire entre la famille et le bloc, « plus particulièrement lorsqu'il s'agit de cas graves », déclare Adham Tarhini. C'est parfois une véritable course contre la montre. Mais face à une attaque terroriste, c'est aussi en tant que « citoyens comme les autres » que réagit le corps infirmier, surtout ceux qui sont « situés à proximité du lieu de l'attentat ». « On ne s'habitue jamais vraiment à ces situations-là, confie Mme el-Hajj. Ce n'est pas que les sentiments s'émoussent au fil des attaques. On devient juste plus apte à gérer ce genre de crises. »

Sans aucun doute, les visions d'horreur et la violence au sein des urgences laissent aussi des traces. Mais dans la profession on passe vite outre : « Certains s'emportent, s'en prennent parfois au personnel et aux infirmières, affirme Roula el-Hajj. D'ordinaire, tout finit par rentrer dans l'ordre, mais avec la violence environnante, les gens ont de plus en plus de mal à garder leur sang-froid. » La responsable insiste aussi sur le côté humain du métier. « Notre mission consiste principalement à être au plus près des gens dans les moments difficiles et leur procurer un soutien physique et moral », conclut-elle.

Parallèlement aux soins prodigués aux victimes des attentats, le corps infirmier est aussi confronté à la psychose qui s'empare des gens, qu'il faut calmer, rassurer, soutenir. « Je me rappelle avoir vu des personnes accourir aux urgences en croyant qu'elles avaient été blessées lors d'un attentat alors qu'il n'en était rien », raconte M. Tarhini.

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A chaque attentat, les urgentistes -médecins, infirmiers et infirmières- courent pour sauver des vies. D'un autre côté, des hommes politiques courent pour emmerder les vivants avec leurx extravagances. La plus en mode maintenant est de lancer le "takfirisme" à droite et à gauche.

Halim Abou Chacra

04 h 20, le 08 janvier 2014

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Commentaires (1)

  • A chaque attentat, les urgentistes -médecins, infirmiers et infirmières- courent pour sauver des vies. D'un autre côté, des hommes politiques courent pour emmerder les vivants avec leurx extravagances. La plus en mode maintenant est de lancer le "takfirisme" à droite et à gauche.

    Halim Abou Chacra

    04 h 20, le 08 janvier 2014

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