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Liban - Incendie Criminel

Une délégation solidaire du 14 Mars au Nord dans un esprit d’apaisement

La tournée d'une délégation de la coalition samedi fait suite à la déclaration de Tripoli, publiée deux semaines plus tôt.

La colère et les risques d'un dérapage après l'incendie provoqué vendredi soir par des inconnus dans la bibliothèque al-Sa'eh, appartenant au prêtre grec-orthodoxe Ibrahim Sarrouj, ont été vite contenus hier, en grande partie grâce à la médiation du 14 Mars, présent en force samedi dans la ville du Nord.
D'abord, une réunion a eu lieu au sérail de Tripoli, en présence du chef des Forces de sécurité intérieure de la ville, le général Bassam Ayoubi, et du député Robert Fadel, marquée par une expression commune de solidarité avec la participation du père Ibrahim Sarrouj et l'ancien chef du comité des ulémas, le cheikh salafiste Salem Rafeï. « L'islam condamne les actes injustes contre qui que ce soit », a déclaré cheikh Rafeï, dénonçant la présence de « certains groupes qui veulent instiller la sédition entre musulmans et chrétiens à Tripoli ».

Les résultats de l'enquête
C'est dans ce sens d'ailleurs que se dirigent les résultats de l'enquête, selon le le général Ayoubi, qui est revenu sur « les tirs qui avaient auparavant visé Bachir Hazouri, un employé de la bibliothèque al-Sa'eh, en réaction à une rumeur sur l'existence dans cette bibliothèque d'un article attentatoire au prophète Mohammad. Il s'est avéré que le père Sarrouj n'a aucun lien, ni de près ni de loin, avec l'auteur de l'article, portant la signature d'Ahmad Kadi – qui peut bien être un nom d'emprunt. Cet article avait été publié sur un site danois le 7 janvier 2010, dans le cadre d'un entretien avec un écrivain juif américain du nom de David Wood. Nous avons le numéro et l'adresse mail du propriétaire du site, qui est basé à Copenhague », a-t-il précisé, rappelant que « tous ceux qui s'aventurent à semer la discorde seront mis derrière les barreaux ».
C'est dans le cadre du suivi de la déclaration de Tripoli élaborée il y a près de deux semaines qu'une délégation du 14 Mars a tenu à exprimer sa solidarité avec le père Sarrouj en se rendant à Tripoli.
La tournée a été marquée par une réunion au domicile du député Mohammad Kabbara, regroupant les députés Ahmad Fatfat, Khaled Zahraman, Robert Fadel, Samer Saadé, Khaled Daher, Kazem Kheir, Kassem Abdel Aziz, Badr Wannous et Khodr Habib ; les anciens députés Samir Frangieh, Jawad Boulos et Moustapha Allouche ; le coordinateur du 14 Mars Farès Souhaid, à la tête d'une délégation du secrétariat général du 14 Mars ; le général retraité Wehbé Qaticha représentant les Forces libanaises ; Henri Moawad représentant le président du Mouvement de l'indépendance, Michel Moawad ; le conseiller du président Saad Hariri pour les affaires du Nord, Abdel Ghani Kabbara, et le président du syndicat des enseignants des écoles privées, Nehmé Mahfoud.

Un acte au service de Damas
Le procès-verbal de la réunion, lu par le député Kabbara, a d'abord dénoncé « la main criminelle et les esprits noirs qui s'activent à accoler à la ville, coûte que coûte et par tous les moyens, les accusations d'extrémisme et de fanatisme ».
« Les forces du 14 Mars, qui ont publié il y a deux semaines la déclaration de Tripoli, réitèrent leur refus de l'acte lâche et mesquin contre la bibliothèque, qui est l'expression d'un avilissement national, moral et religieux », a ajouté le communiqué, affirmant en même temps que Tripoli « n'est pas un environnement favorable à la criminalité ».
Plus encore, le communiqué a déclaré que « les auteurs de ces actes méprisables servent les intérêts du régime syrien et de ses acolytes, et leur objectif est de dénaturer l'image de Tripoli ».
À partir de là, le 14 Mars a réitéré cinq principes, « la convivialité des Tripolitains et la responsabilité des forces de sécurité à arrêter les instigateurs et les auteurs de l'acte criminel, qui sont d'ailleurs connus ; des sanctions en raison des manquements constatés dans la protection des citoyens et de leurs biens; ; l'appui au communiqué du mufti de Tripoli et du Nord et, enfin, la nécessité de former un gouvernement neutre afin de préserver les institutions constitutionnelles du risque de vide ».

Ahdab redoute une attaque du Hezb
L'entretien, qui s'était déroulé plus tôt au domicile du député Robert Fadel, avec le mufti de Tripoli et du Nord cheikh Malek Chaar, a reflété la teneur de ce discours. Le mufti Chaar a en effet estimé que l'attaque contre le père Sarrouj « ne saurait être que l'ouvrage d'esprits sournois qui n'ont que de la haine pour la ville ». De son côté, Robert Fadel a appelé à « sanctionner les agents des services chargés de la protection de la bibliothèque », dont le retrait des lieux aurait facilité le déclenchement du sinistre. Par ailleurs, l'ancien directeur général des Forces de sécurité intérieure, le général Achraf Rifi, a également reçu la délégation du 14 Mars et relevé dans un entretien avec la presse « les mille interrogations que laisse planer cet incident ».
Le passage de la délégation à l'évêché grec-orthodoxe a permis en outre de réitérer le fait que Tripoli « reste une ville de culture et d'entente islamo-chrétienne ». C'est ce qu'a souligné Farès Souhaid, rappelant que « cela fait huit ans que le 14 Mars prend position contre le fanatisme sous toutes ses formes, qu'il soit chrétien, sunnite ou chiite ».
Pour l'ancien député Misbah Ahdab, qui recevait des visiteurs hier, tous les incidents qui secouent Tripoli sont planifiés par des services libanais en vue d'une attaque du Hezbollah contre la ville qu'il compte dominer. Notons enfin que l'incendie a été également condamné hier, notamment, par le Premier ministre sortant Nagib Mikati et l'ancien Premier ministre Fouad Siniora, qui a contacté les évêques grec-orthodoxe, maronite et grec-catholique de Tripoli.

La colère et les risques d'un dérapage après l'incendie provoqué vendredi soir par des inconnus dans la bibliothèque al-Sa'eh, appartenant au prêtre grec-orthodoxe Ibrahim Sarrouj, ont été vite contenus hier, en grande partie grâce à la médiation du 14 Mars, présent en force samedi dans la ville du Nord.D'abord, une réunion a eu lieu au sérail de Tripoli, en présence du chef des Forces de sécurité intérieure de la ville, le général Bassam Ayoubi, et du député Robert Fadel, marquée par une expression commune de solidarité avec la participation du père Ibrahim Sarrouj et l'ancien chef du comité des ulémas, le cheikh salafiste Salem Rafeï. « L'islam condamne les actes injustes contre qui que ce soit », a déclaré cheikh Rafeï, dénonçant la présence de « certains groupes qui veulent instiller la...
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