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Moyen Orient et Monde - Rdcongo

Des dizaines de morts dans la vague de contestation contre le pouvoir

Des opposants au régime du président congolais Joseph Kabila ont mené hier des attaques inédites et simultanées à Kinshasa, où une source proche du pouvoir a évoqué des « attaques bien orchestrées à Kinshasa, Lubumbashi et Kindu », capitale de la province du Maniema.
À Kinshasa, la journée d'hier a commencé par une prise d'otages inédite à la RTNC, située près du palais du Peuple, le Parlement congolais. Plusieurs dizaines de jeunes auraient forcé l'entrée de la RTNC. Avant la coupure du signal, des images montraient les deux jeunes présentateurs de l'émission en cours, « Le Panier » : ils étaient assis, effrayés mais calmes, avec derrière eux un jeune homme menaçant. L'un des assaillants a demandé en lingala, langue la plus parlée à Kinshasa, que les journalistes lisent un message de « Mukungubila », qu'il a qualifié de « libérateur ». Le pasteur Joseph Mukungubila Mutombo, qui s'est surnommé « prophète de l'Éternel », a été candidat à la présidentielle de 2006, remportée par M. Kabila. Dans une lettre ouverte datée du 5 décembre, il a dénoncé une mauvaise gestion du pays et tenu un discours haineux contre le Rwanda voisin, dont il a rappelé les agressions contre la RDC et avec lequel, selon le pasteur, le chef de l'État pactise.
À Kinshasa, un des preneurs d'otages a lancé : « Vous croyez que ça se fait seulement ici ? Ça se fait aussi à Lubumbashi ! » « Autour de 11h00 heure locale (09h00 GMT), il y a eu des crépitements de balles » près de la résidence (à Lubumbashi) du « prophète » Joseph Mukungubila », a confirmé Timothée Mbuya, président de l'ONG des droits de l'homme Justicia, alors que des tirs étaient aussi entendus à Kindu, dans l'est du pays.
Après la prise d'otages à la RTNC, des tirs ont éclaté à l'aéroport international de Ndjili, où toutes les compagnies aériennes ont suspendu leurs vols internationaux durant quelques heures. Un journaliste de l'AFP a dénombré 24 corps à l'aéroport. Selon lui, les victimes étaient toutes en tenue civile et étaient âgées d'une vingtaine d'années. Des habitants se sont livrés à des mutilations sur le corps de victimes – prélevant leur sexe, vraisemblablement à des fins mystiques, a constaté le journaliste de l'AFP.
Au total, plus de 70 assaillants ont été tués hier dans les attaques, a-t-on appris hier soir de source officielle, dont une cinquantaine à Kinshasa, selon le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, qui a souligné qu'un bilan plus précis serait communiqué aujourd'hui « le temps de compiler les données ». Une quarantaine d'autres ont été capturés. Les attaques menées à Kinshasa sont liées, selon le porte-parole du gouvernement, M. Mende, qui accuse les assaillants d'avoir mené une « agression » visant à terroriser la population. Plusieurs sources ont cependant affirmé que les attaques ne sont pas simplement le fait de jeunes, mais seraient également liées à la nomination d'un nouveau chef à la tête de la police.
Dans ce contexte, la Mission de l'ONU pour la stabilisation de la République démocratique du Congo (Monusco) a mis ses troupes en état d'alerte hier dans les villes concernées, où un calme précaire est revenu.
(Source : AFP)

Des opposants au régime du président congolais Joseph Kabila ont mené hier des attaques inédites et simultanées à Kinshasa, où une source proche du pouvoir a évoqué des « attaques bien orchestrées à Kinshasa, Lubumbashi et Kindu », capitale de la province du Maniema.À Kinshasa, la journée d'hier a commencé par une prise d'otages inédite à la RTNC, située près du palais du Peuple, le Parlement congolais. Plusieurs dizaines de jeunes auraient forcé l'entrée de la RTNC. Avant la coupure du signal, des images montraient les deux jeunes présentateurs de l'émission en cours, « Le Panier » : ils étaient assis, effrayés mais calmes, avec derrière eux un jeune homme menaçant. L'un des assaillants a demandé en lingala, langue la plus parlée à Kinshasa, que les journalistes lisent un message de...
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