Si on admet que la politique internationale des États-Unis a été définie par le pétrole depuis les années 70, nous vivons aujourd'hui un tournant historique dont on ne réalise pas toute l'ampleur et toutes les conséquences. Mercredi dernier, l'AIE publiait ses prévisions de production des États-Unis tandis que l'Arabie saoudite réagissait violemment au virage politique américain dans la région.
Nous suivons de très près le marché du pétrole. Parce qu'il est le reflet d'un bouleversement géopolitique majeur. Un bouleversement provoqué par la révolution du gaz et du pétrole de schiste aux États-Unis. L'Agence internationale de l'énergie a publié des prévisions spectaculaires. En 2016, la production de pétrole aux États-Unis atteindra un niveau record, dépassant probablement le record de 1970. Avec une baisse du prix du pétrole inéluctable ?
C'est en fait plus
compliqué que cela et c'est ce qui rend le sujet passionnant. L'exploitation du schiste aux États-Unis n'est rentable qu'au- dessus de 85 dollars. Et des pays comme l'Iran ou l'Irak reviennent progressivement sur le marché et pèsent sur les cours. Si les cours baissent trop, la production américaine ralentira et les cours remonteront. C'est le paradoxe. L'Arabie saoudite continuera donc à jouer le rôle d'arbitre.
Et c'est là que cela se complique. Un membre influent de la famille royale a expliqué au Wall Street Journal tout le mal qu'il pensait du rapprochement des États-Unis avec l'Iran et, de façon générale, de l'abandon du Moyen-Orient par les États-Unis. Si on considère que c'est le pétrole qui a défini la politique internationale des États-Unis depuis les années 70, nous vivons aujourd'hui un tournant historique à suivre de très près.
Économie
La face du monde
OLJ / le 27 décembre 2013 à 00h00

