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Campus - Libre Cours

L’USJ accueille la troisième édition du Workshop international low tech/high tech

Après l'Institut français de Pondichéry en Inde en 2011 et le musée du Quai Branly à Paris en 2012, le Centre d'études pour le monde arabe moderne de la faculté des lettres et des sciences humaines de l'USJ (Cemam) a accueilli, les 4 et 5 décembre, l'édition 2013 du Workshop international low tech/high tech, organisée à Beyrouth en collaboration avec l'Institut pour la recherche et le développement (IRD, France) et l'Institut français de Pondichéry (IFP, Inde). Une première à l'USJ vu le contexte multilingue et international de l'atelier et l'interdisciplinarité des intervenants.

Placé sous le thème du « Golden Age » – « ce moment imaginaire où les technologies vivent les instants qui les définissent pour l'éternité » –, le séminaire a rassemblé des anthropologues, des sociologues et des spécialistes de l'interaction entre basses et hautes technologies, en provenance de quatre pays différents : France, Liban, Royaume-Uni et Inde.

« Ces workshops consistent à organiser des " collisions scientifiques " autour de l'observation de recompositions de savoirs techniques de natures souvent très hétérogènes », précise Stéphane Bazan, directeur de l'unité des nouvelles technologies éducatives de la faculté des sciences de l'éducation de l'USJ et chargé de recherche à l'unité interdisciplinaire de recherche (UIR) en Web Science, avant d'expliquer : « Beaucoup considèrent que les dernières innovations technologiques, la high tech, représentent, toujours, le futur de la technologie et un progrès décisif pour l'humanité. À l'inverse, certains pensent que la low tech – cet ensemble hétérogène de techniques, d'approches, d'usages, de modèles, de modes de composition alternatifs, définis tantôt négativement, pauvreté ou économie des moyens, tantôt positivement, faire beaucoup avec peu de choses, faire plus local et plus participatif, faire plus adapté à l'usage, etc.– serait notre seule planche de salut, regorgeant de solutions variées, plus écologiques, plus économiques, plus durables, pour résoudre un grand nombre de problèmes. Or, dans la perspective des workshops low tech/high tech, les innovations les plus significatives sont plutôt celles qui peuvent s'inventer et se réinventer, se décomposer et se recomposer, se distribuer et se redistribuer dans les contextes les plus diversifiés, à la fois socialement et culturellement. »

Riches et très intéressantes interventions
Le workshop s'est ouvert sur une présentation réalisée par les chercheurs Denis Vidal, directeur de recherches à l'IRD, et Balu Balasubramanian (Inde), explorant des recherches menées dans l'océan Indien sur le retour des navires de transport maritime fabriqués avec du bois et propulsés par des voiles. Une étonnante illustration de la réutilisation des techniques anciennes de conception et de propulsion pour construire les flottes de demain. Le chercheur Nicolas Puig (France) a exposé ses travaux sur les pratiques sociales liées à la chirurgie esthétique au Liban et dans les pays arabes. Houda Kassatly, ethnologue et chercheuse associée au Cemam, a montré le passage d'objets de la vie rurale à travers le temps, de l'état fonctionnel à l'état esthétique, qui finissent par « investir les musées, les collections privées et le Web ». Le chercheur à l'IFP Guy Attewell, a, quant à lui, présenté une passionnante étude sur la transition d'une clinique familiale en Inde, spécialisée dans les blessures osseuses, d'une petite clinique de village en une alternative aux hôpitaux classiques. La première journée du workshop s'est terminée avec la présentation de Ziad Abichaker, fondateur de l'entreprise libanaise Cedar Environmental, détaillant son approche, intelligente et originale, du recyclage ; une solution sérieuse au problème des déchets au Liban.

La deuxième journée du workshop s'est avérée aussi intéressante que la première. Le professeur au Centre pour l'étude des sociétés en développement (CSDS), Ravi Sundaram (Inde), a présenté les techniques utilisées par les chercheurs indiens pour produire des informations précises sur la gestion urbaine de Delhi. L'utilisation de moyens technologiques innovants permettrait d'assurer une plus grande transparence de la gestion des services publics. Stéphane Bazan s'est ensuite attaché à montrer comment le Web, « cette application informatique créée il y a 20 ans, est en fait une compilation, un assemblage de concepts, d'inventions et de principes techniques développés par les pères de l'informatique moderne dans les années 60 ». Le Dr Karim Kabalan (AUB) et les deux doctorants Ali Ramadan et Lise Safatly ont présenté trois recherches avancées basées sur des technologies low tech : des antennes reconfigurables, des capteurs d'énergie portés sur des vêtements et un système de détection de mines basé sur l'utilisation d'ondes basse fréquence.

Les participants du workshop se sont ensuite « enthousiasmés pour le jeune Avédis Tchamitchian et sa fusée spatiale libanaise ». L'étudiant en génie mécanique à l'Université Notre Dame a montré « comment, avec de bonnes recherches et beaucoup de passion, il est possible aujourd'hui de lancer une véritable fusée à partir du sol libanais », souligne Stéphane Bazan. Enfin, Philippe Tastevin, postdoctorant à l'Université de Toulouse, s'est intéressé dans son intervention à la fabrication des camions équipés de foreuses dans une entreprise familiale de Tiruchengodu, ville moyenne en Inde.

L'atelier s'est clôturé sur des décisions : la production d'un ouvrage interactif, doublé par un site Web, « afin de collecter les présentations des trois workshops », et la tenue en 2014 d'une quatrième édition du workshop prévue sur le territoire africain.

 

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