Le titre de champion du monde des clubs semble promis au Bayern Munich, aujourd'hui au Maroc, lors d'une finale inédite face au Raja Casablanca, modeste représentant du pays hôte qui joue toutefois sur un nuage depuis 10 jours, au point de faire croire à un nouvel exploit.
En toute logique, Franck Ribéry et ses coéquipiers vivront à Marrakech l'apothéose d'une année en or marquée par quatre autres titres : la Ligue des champions, le championnat d'Allemagne –où ils sont invaincus depuis plus de 40 matches –, la Coupe d'Allemagne et la Supercoupe d'Europe.
Mardi, en demi-finale, le club allemand n'a fait qu'une bouchée des Chinois de Guanghzou (3-0), champions d'Asie, avec un premier but inscrit par « Kaiser Franck », en course pour le Ballon d'or.
Bien que privée des internationaux allemand, Bastian Schweinsteiger, et néerlandais, Arjen Robben, « l'équipe est trop solide, trop déterminée, et son entraîneur (Pep Guardiola) trop ambitieux » pour laisser filer ce 5e trophée, affirme le président, Karl-Heinz Rummenigge.
En 10 éditions, aucun Mondial des clubs n'a, qui plus est, échappé au champion d'Europe ou d'Amérique du Sud. Il s'agit même de la seconde fois uniquement qu'un représentant d'un autre continent s'invite en finale (la première, en 2010, avec le TP Mazembe).
Oui, mais ! : la formation bavaroise va trouver sur son chemin un ovni, le Raja Casablanca, qui ne doit sa présence qu'au statut de pays hôte du Maroc.
Scènes de liesse à Marrakech, Casablanca et Rabat
Certes, le club casablancais, dont la période de gloire remonte aux années 1990 (avec notamment deux Ligues des champions d'Afrique), ne découvre pas l'épreuve. Mais son unique participation remonte à la première édition, en 2000, avec une élimination au 1er tour.
Englué en milieu de tableau en championnat, il s'est en outre payé le luxe de limoger son entraîneur à quelques jours à peine du match d'ouverture, pour recruter le Tunisien Faouzi Benzarti.
Tout cela n'a pas empêché le Raja de remplir son objectif initial en s'imposant en barrage face aux Néo-Zélandais d'Auckland City (2-1). Puis est venu le temps du conte de fées, avec la victoire (2-1 a.p.) en quart face aux Mexicains de Monterrey et celle, en demi-finale (3-1), face à Mineiro, le club brésilien de Ronaldinho.
À présent, même exténués par la répétition des matches, les coéquipiers de Mohcine Moutouali semblent capables de tout, au point de faire douter de l'issue de cette finale.
« Le rêve n'est pas près de s'arrêter », assure l'attaquant Mohcine Iajour, déjà auteur de deux buts. « Cette équipe possède des ressources mentales inépuisables », dit-il.
Sans aucun doute, le Raja pourra compter sur son 12e homme : frustrés de l'absence – une de plus – du Maroc lors du prochain Mondial, les amateurs de football du royaume se sont pris au jeu. Outre l'ambiance de feu assurée mercredi par les 40 000 spectateurs, l'accession en finale a donné lieu à des scènes de liesse à Marrakech, Casablanca et même à Rabat, la capitale.
Signe de l'union sacrée, le roi pourrait assister au match samedi soir, selon plusieurs médias locaux.
« Nous allons nous sacrifier pour le Maroc, pour tout le peuple marocain », clame le Centrafricain Vianney Mabidé, auteur du 3e but mercredi. « Mes joueurs ont déjà beaucoup donné, mais vont donner encore plus », promet pour sa part Benzarti.
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