Après la vogue des voitures piégées, voici donc venue celle des attentats-suicide, dont deux viennent de prendre pour cible l'armée régulière. Mais au fond, n'est-ce pas le pays tout entier qui se trouve paralysé, comme fasciné, par le vertige du suicide ? Le voilà en effet qui se perd en polémiques tandis que surviennent invariablement, l'une après l'autre, toutes ces catastrophes prévisibles, attendues, annoncées, que crache en rafale le volcan de Syrie.
Entre autres arguments tordus qu'il a invoqués au fil des mois, le Hezbollah affirme combattre aux côtés du régime Assad afin de faire échec à une invasion jihadiste menaçant notre propre pays. C'est bien cette intervention de la milice, ripostent ses adversaires, qui, tel un aimant, a attiré sur elle-même, comme sur le Liban, un débordement de fanatisme meurtrier, terroriste. Qui, de la sulfureuse poule ou de l'œuf monstrueux, a précédé l'autre ? Alors que la maison brûle déjà, c'est de ce cercle vicieux que se trouve aujourd'hui prisonnier le discours politique.
Ce débat est d'autant plus vain que d'un côté comme de l'autre, la bonne foi fait trop souvent défaut. Le Hezbollah chiite se moque ainsi du monde quand il argue d'un libanisme à tout crin, dans le même temps qu'il se réclame d'une anachronique théocratie iranienne et qu'il persiste dans son chantage aux armes pour soumettre à sa loi le reste des Libanais. Il en est de même désormais pour les jihadistes sunnites, qui, lançant à leur tour la machine à remonter le temps, œuvrent à établir un minicalifat sur une portion du Liban-Nord. L'establishment de cette communauté, tant religieux que politique, ne manque certes pas de condamner une telle aberration et de multiplier les déclarations de soutien à l'armée ; ce qui est requis toutefois, en particulier des forces modérées, c'est un anathème sans appel et un effort plus sérieux et effectif, plus crédible, visant à asphyxier cette dérive.
Ce sont deux maux contradictoires, mais finalement parallèles, deux antithèses parfaites de la formule libanaise qui, en des styles différents, se conjuguent pour menacer, dans son existence même, ce pays pluriel que nous connaissons, que nous voulons. Or ces deux pernicieux phénomènes ne peuvent plus continuer d'être appréhendés – et encore moins traités – dans une optique de cause à effet. Une vue d'ensemble s'impose désormais et seule à l'offrir est l'initiative fédératrice, civile, souverainiste du président Michel Sleiman. C'est dans le même chaudron – en l'occurrence la déclaration de Baabda – qu'il faut plonger et l'œuf et la poule si doit apparaître, par miracle, un semblant de potion magique.
Issa GORAIEB
Entre autres arguments tordus qu'il a invoqués au fil des mois, le Hezbollah affirme combattre aux côtés du régime Assad afin de faire échec à une invasion jihadiste menaçant notre propre pays. C'est bien cette intervention de la milice, ripostent ses adversaires, qui, tel un aimant, a attiré sur elle-même, comme sur le Liban, un débordement de fanatisme...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef