Photo Gabriel Bouys/AFP
L'Irlandais Peter O'Toole, qui vient de mourir à l'âge de 81 ans, a connu au cinéma comme au théâtre une carrière en dents de scie.
La fille de l'acteur, l'actrice Kate O'Toole, a indiqué que la famille avait d'ores et déjà reçu de très nombreux témoignages « d'amour et d'affection », et qu'une cérémonie « remplie de chants et d'allégresse, comme son père l'aurait souhaité », serait prochainement organisée. Le président irlandais Michael D. Higgins, qui a indiqué avoir entretenu une relation d'amitié avec l'acteur depuis 1969, a fait part de sa « grande tristesse ». Le Premier ministre britannique David Cameron a quant à lui présenté ses condoléances à la famille et aux amis de l'acteur.
Regard bleu intense et port princier sous la tunique du chérif de La Mecque, Peter O'Toole est né en Irlande le 2 août 1932. Élevé à Leeds, dans le nord de l'Angleterre, le jeune Peter quitte l'école à 14 ans avec une idée en tête : devenir grand reporter et écrivain, parcourir le monde sur les traces d'un Jack London. Sa carrière de journaliste commence au journal Yorkshire Evening News à Leeds, où il fait ses premières armes dans le métier avant de rejoindre la Royal Navy à l'âge de 18 ans.
En 1952, une représentation du Roi Lear l'incite à entrer, avec une bourse, à la prestigieuse Académie royale d'art dramatique à Londres où il découvre le répertoire shakespearien et côtoie Alan Bates, Richard Harris ou Albert Finney. Il devient membre de la prestigieuse Royal Shakespeare Company du Bristol Old Vic, le plus ancien théâtre royal du Royaume-Uni. Il y joue une soixantaine de pièces dont Othello, Hamlet, Macbeth, Roméo et Juliette, Jules César de William Shakespeare, etc.
Il fait ses premières apparitions sur le petit écran en 1954 puis au cinéma en 1959 dans The Savage Innocents. Cette même année, il épouse l'actrice galloise Sian Phillips, qui lui donnera deux filles et dont il divorcera 20 ans plus tard. Il a un fils né d'un second mariage. En 1962, le réalisateur anglais David Lean lui propose son premier grand rôle, celui de l'aventurier-écrivain Lawrence d'Arabie – qu'a refusé Marlon Brando – dans une superproduction financée par Hollywood. Peter O'Toole accepte. Son jeu profond et subtil le propulse instantanément au rang de star internationale. Ce rôle lui vaudra une première nomination aux oscars. Il continue alors à enchaîner une colossale carrière, multipliant les grands rôles au cinéma comme au théâtre.
Dans les années 70, après Rosebud d'Otto Preminger, la carrière de Peter O'Toole manque de se noyer dans l'alcool et les problèmes de santé. Ses prestations s'espacent, mais après un traitement médical, il fait un retour remarqué dans Le Diable en boîte (1980) puis My Favorite Year. Il alterne comédies, drames historiques et films d'horreur, passe de la télévision au cinéma et aux planches. Nominé huit fois aux pscars dans la catégorie du meilleur acteur, Peter O'Toole reçoit en 2003 un oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.
(Source : AFP)

