Pour Dany Bou Saleh (au premier plan), le sport est aussi un moyen de socialisation.
«Le sport est indispensable dans ma vie. Je m'entraîne quotidiennement », affirme Majed el-Hachem, qui travaille depuis 2007 dans le département vente de billets de trésorerie et de certificats de dépôt d'une banque. Ce qui a suscité la passion du jeune homme pour le sport, c'est son obésité précoce. « Pour retrouver ma forme et ma santé, j'ai commencé à pratiquer régulièrement des activités physiques. Le football à 8 ans. Ensuite, à 15 ans, je me suis tourné vers le tennis. Et aujourd'hui, je pratique également la musculation, mon activité préférée. »
De plus en plus de jeunes Libanais s'intéressent au sport. À l'instar de Majed, pour de nombreux étudiants, mener une activité physique est devenu une priorité. Ce qui les pousse à s'exercer régulièrement ? Les bénéfices qu'ils en tirent. « Rester en forme et garder une belle silhouette sont essentiels de nos jours. Et seul le sport peut nous aider à atteindre ce but », déclare Mirella Khoury, 20 ans, étudiante en 3e année de biologie à l'UL. Pour cela, elle danse régulièrement la zumba avec une amie : « On s'encourage mutuellement. Et ainsi l'activité devient plus agréable. » Diana Bejjani, elle aussi, refuse de mener une vie sédentaire. L'étudiante en chimie confie : « Au lieu de passer mon temps libre à regarder la télé ou à me connecter aux réseaux sociaux, je fréquente une salle de gym. En plus de garder une belle silhouette, le sport me permet de me défouler. »
Dany Bou Saleh partage cet avis. La future journaliste participe à un cours d'aérobic trois fois par semaine. Pour elle, le sport est aussi un moyen de socialisation puisqu'il lui permet de se faire de nouvelles connaissances. Nermine Dib, elle, préfère s'exercer à la maison. « Le sport n'est pas uniquement une activité physique mais aussi psychologique », assure-t-elle. Chaque fois qu'elle sent le besoin de « (s)'échapper du monde », elle monte sur le tapis roulant et commence sa « méditation ».
D'autres regards
Pour d'autres étudiants, et ce malgré l'amour qu'ils disent porter au sport, leur « horaire surchargé » les empêche de pratiquer régulièrement une activité sportive. C'est le cas de Georges Daoud qui, depuis sa tendre enfance, « adore le football ». Le futur ingénieur agronome, très pris par ses études et son travail, n'arrive plus à s'entraîner qu'une fois par semaine, dans un terrain public à Jdeidé. Émile Abou Zeidan, étudiant en biologie, se plaint lui aussi du manque de temps. Le jeune homme de vingt ans, qui a commencé à jouer au foot dès l'âge de 8 ans, constate : « Je n'ai plus le temps de m'entraîner. Pourtant, j'aime beaucoup ce sport qui m'a initié au travail de groupe où chaque joueur a sa position, son rôle et coopère avec les autres pour atteindre le même but. »
Contrairement aux jeunes intéressés par le sport, d'autres, peu nombreux, n'ont pas du tout le goût des activités sportives. Nadim Barakat est l'un d'eux. « Je n'ai jamais aimé le sport. À l'école, je détestais les cours d'éducation physique », confie l'étudiant en gestion, avant de poursuivre : « Entre la connexion aux réseaux sociaux et la pratique d'une activité qui me coupe le souffle, j'opte sans hésitation pour le premier choix. »
Inciter les jeunes au sport
M. Sami Garabédian, directeur sportif et instituteur de tennis et de basket-ball à la LAU, au campus de Beyrouth, distingue trois catégories d'étudiants : ceux qui arrivent à bien gérer leurs vies académique et sportive, ceux qui favorisent le côté académique au sportif tout en essayant de trouver du temps pour pratiquer une activité physique, et finalement ceux qui sont complètement indifférents au sport.
« Les jeunes aujourd'hui sont occupés par la politique, les réseaux sociaux et les soirées », souligne M. Garabédian, avant d'ajouter : « L'excuse du manque de temps est une fausse excuse, il faut laisser du temps – au moins une fois par semaine – pour les activités physiques qui permettent de rester en forme et de libérer les idées. » Quelles solutions alors au peu d'enthousiasme des étudiants ? Un membre du comité d'éducation de la Fédération internationale du sport universitaire propose d'intégrer le sport dans le cursus académique puisque, pour lui, il complète la formation universitaire.
À la LAU, pour promouvoir le sport, un cours obligatoire d'éducation sportive est requis dans tous les cursus. L'étudiant choisit l'activité qu'il souhaite parmi les neuf activités proposées : basket-ball, volley, tennis de table, tennis, danse moderne, danse folklorique, taekwondo, condition physique et natation. Les cours sont dispensés par des instituteurs qualifiés. « L'horaire est varié pour permettre à tous les étudiants d'y participer. Ainsi, ils sont tenus de s'entraîner pendant quatre mois, et cela pourrait faire naître en eux un attachement au sport », affirme le directeur sportif.
En plus de ce cours obligatoire, la LAU offre aux étudiants un accès gratuit au Fitness Center de 6h à 21h. « Avec la danse, la natation, l'aérobic, la musculation, le cheerleading, le billard, le baby-foot, etc., les jeunes sont tentés de consacrer du temps au sport », poursuit M. Garabédian. L'Université libano-américaine va encore plus loin dans sa promotion du sport auprès des jeunes en offrant, et ce depuis trois ans, des bourses sportives de 15 % aux étudiants qui ont un talent sportif.
« Parmi les 5 000 élèves inscrits à la LAU, on releève une liste de 200 athlètes, répartis sur 21 activités différentes. Ils représentent la LAU dans des tournois internationaux, et cela les incite davantage à améliorer leur performance », explique le directeur sportif. Hassan Alameddine, 22 ans, est l'un de ces athlètes. L'étudiant en science de l'informatique, doué au volley-ball, a participé, il y a quelques mois avec l'équipe de la LAU, au tournoi des cinq ballons qui s'est déroulé en France, dans lequel la LAU a remporté la 4e place. « Je m'entraîne chaque jour. Pour moi, c'est également un exercice mental. Lorsque je fais du sport, mon rendement académique s'améliore », confie-t-il.
Entraîner, instruire et gérer des athlètes
Les athlètes qui participent à des tournois internationaux sont tenus d'avoir de bonnes notes pour pouvoir voyager avec la LAU. « De cette façon, ils apprennent à bien gérer leurs vies sportive et académique. Car l'essentiel pour un étudiant, c'est d'obtenir son diplôme. Notre but est d'entraîner, d'instruire et de gérer des athlètes complets, mentalement et physiquement. Être complet, c'est pouvoir joindre les deux aspects, mental et physique, et ne pas favoriser l'un aux dépens de l'autre », souligne l'instituteur.
Pour favoriser l'esprit de fraternité et encourager l'esprit sportif chez les jeunes, M. Garabédian a initié, il y a quelques années, un évènement sportif qui unit de jeunes athlètes en provenance de différentes universités. La huitième saison de ce championnat a débuté à la LAU au mois de novembre. Elle sera clôturée au mois de mai 2014. Onze universités y participent.
« L'initiation aux activités physiques doit se faire à l'école et en famille », affirme le directeur sportif, qui poursuit : « Le sport doit faire partie de l'éducation de l'individu. » Pour lui, le concept de combinaison sport-éducation doit être promu partout.
C'est le cas dans de nombreuses universites privées, notamment à l'USJ, où, cette année, 205 étudiants forment les sélections sportives, 876 suivent des cours optionnels de sport et plus de 1 040 sont inscrits au centre sportif. « Nous avons mené différentes actions afin d'inciter les jeunes au sport. Nous avons, entre autres, aménagé de nouvelles infrastructures sportives et rénové les anciennes. Nous avons assuré une formation professionnelle aux membres du personnel du service du sport et élargi la participation des équipes de l'USJ à plus de tournois universitaires, nationaux et internationaux », affirme Maroun el-Khoury, coordinateur des équipes sportives à l'USJ.
Si, dans les universités privées, le sport est valorisé, ce n'est pas le cas à l'UL, ni souvent dans la société, par manque d'initiatives ou de fonds. Pourtant, les jeunes réclament leurs droits de pratiquer des activités sportives. Élie Jreitini revendique la construction de stades publics dans les différentes villes et régions pour encourager les jeunes aux sports d'équipe. Diana Bejjani, pour sa part, réclame la création d'espaces publics destinés à la marche et à la pratique de la bicyclette. « Cela pourra encourager la jeunesse à ne pas couper les ponts avec le sport », conclut-elle.
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