Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole - Dr Joseph Kreiker

Un Mandela pour le Liban

Un leader du monde est mort; Nelson Mandela, 95 ans, prix Nobel de la paix en 1993, militant antiapartheid, premier président noir de l'Afrique du Sud. Un homme qui a consacré sa vie à la recherche de la paix et de la réconciliation entre les Blancs et les Noirs d'Afrique du Sud. Pour négocier une seule condition est avancée; les Noirs de ce pays doivent jouir des pleins droits de citoyenneté.
Le monde vient de perdre un militant devenu un symbole de la lutte contre la ségrégation raciale, de la liberté, de la justice et de la démocratie. La garantie des droits égaux à tous les citoyens a été le terme de négociations extrêmement tendues avec le gouvernement. Des menaces de violence et des dérapages ont ponctué le parcours de Nelson Mandela vers la démocratisation et la liberté. Les tractations difficiles menées avec ses adversaires partisans de l'apartheid lui ont permis d'émerger comme le leader de l'Afrique du Sud et de devenir le symbole universel de la lutte contre la ségrégation.
Charismatique, optimiste opiniâtre, négociateur déterminé, il incarne le statut de l'homme le plus asdmiré du XXe siècle et le héros de la démocratie dans son pays. Vingt-sept ans de prison, dont 18 ans passés à Robben Island, à Capetown, dans des conditions cruelles, n'ont pas eu raison de sa détermination. Cette période en a fait le point de mire d'une campagne internationale menée par son ami de longue date, le juriste Olivier Tambo, et sa femme Winnie. L'itinéraire de Nelson Mandela au sein du Congrès national africain (ANC) a connu en 1980 sous Tambo des flambées de violence avec des attaques à la bombe faisant à Pretoria 19 victimes parmi la population civile. En 1985, pour éviter les violences, le président P.W. Botha a proposé de libérer Mandela si celui-ci renonçait à la violence comme moyen de changement. Mandela refusa.
Il avait négocié avec le gouvernement blanc de l'apartheid une transition pacifique vers une démocratie multiraciale; il a réussi à éviter à son pays de sombrer dans une guerre raciale difficile à éviter dans les années 90. Il disait: «Si vous voulez faire la paix avec votre ennemi, vous devez travailler avec votre ennemi; après il deviendra votre partenaire.» Et, de fait, son combat a mené le pays vers un gouvernement uni, démocratique, non racial et non sexiste. Cela lui vaudra le prix Nobel de la paix, qu'il partagera avec Frederik De Klerk, le dernier président blanc de l'apartheid et son adversaire politique.
J'écris ces quelques lignes avec un rêve qui frise l'utopie: le Liban a besoin plus que jamais d'un Mandela militant pour l'égalité des droits des citoyens, pour la paix, la démocratie, pour une société non confessionnelle, pour faire cesser une guerre entre des communautés issues d'une même croyance religieuse fondamentale. Une guerre qui ravage la notion d'humanité. Nous avons besoin d'un leader qui fasse savoir à tous qu'aucun de nous agissant seul ne peut aboutir au succès. Le drame est encore plus aigu quand on les voit agir les uns contre les autres en s'entre-tuant, utilisant le langage des bombes, des voitures piégées, des assassinats, des attentats qui emportent des innocents. Ce chemin ne peut mener qu'à la destruction totale de la société libanaise dans toutes ses composantes. Rappelez-vous bien les paroles de Nelson Mandela, qui disait: «Demain, vos adversaires deviendront vos
partenaires.»
Y a-t-il un homme d'État dans notre pays? Cette question qui nous habite et nous hante au Liban, je l'entends tous les jours de la bouche de nombre de nos citoyens. Si la question est posée, c'est bien sûr que cet homme d'État n'a pas émergé. Pauvre pays! D'ailleurs, dès qu'un homme politique grandit et acquiert un certain poids, les politiques s'acharnent à le ramener à la dimension de sa communauté religieuse. Aucun n'a pu franchir de façon judicieuse, durable et déterminante le cercle de sa confession. Cette question, je la pose non par nostalgie mais parce qu'elle s'inscrit dans notre conscience collective et annonce une acerbe sensation de décrépitude qui leste notre quotidien. Il est connu que les hommes d'État bâtissent les échafaudages de l'avenir et les espoirs de la prochaine génération, alors que les hommes politiques ne s'intéressent qu'aux prochaines élections. On en est réduit à ces derniers de nos jours. L'homme d'État est devenu une denrée rare et même inexistante sous nos cieux.
Il faut arrêter de gémir; les Libanais ne doivent s'en prendre qu'à eux-mêmes. Depuis plus d'un demi-siècle l'homme politique exerce un métier devenu dangereux, déshonoré, assassiné, menacé pour ceux qui l'exerce dans leur vie et même leur progéniture. Un métier attaqué au quotidien dans la presse écrite et audiovisuelle par les uns et les autres, sur les réseaux sociaux, sur Internet, sur Facebook, sur Twitter. Aujourd'hui, rien n'est plus vraisemblable que ce dicton: «Pourquoi dépenser de l'argent pour faire établir votre arbre généalogique? Faites de la politique et vos adversaires s'en chargeront.» Parmi ces politiques il existerait peut-être quelques exceptions capables de faire avancer la machine du pays. Je voudrais bien le croire.
Serait-ce une chimère dans notre quête pour la paix de prôner une double réconciliation: celle du peuple avec de nouveaux élus et celle de ces nouveaux élus entre eux? Ils doivent dès lors travailler ensemble, unis et réconciliés, pour rebâtir un nouveau pays. Il faut aussi joindre l'action aux idées. Il est grand temps de voir émerger un Madiba libanais. Et que les politiques cessent de nous enterrer dans les cimetières du 14 Mars et du 8 Mars. D'un côté le peuple du 14 Mars, de l'autre celui du 8 Mars. Nelson Mandela a construit une société démocratique non raciale . Serons-nous capables de bâtir une société démocratique, non confessionnelle, solidement respectueuse de sa diversité ? Il nous faut un Madiba libanais pour briser les barbelés qui nous encerclent et pour fonder les bases de la société libanaise de demain.

 

Un leader du monde est mort; Nelson Mandela, 95 ans, prix Nobel de la paix en 1993, militant antiapartheid, premier président noir de l'Afrique du Sud. Un homme qui a consacré sa vie à la recherche de la paix et de la réconciliation entre les Blancs et les Noirs d'Afrique du Sud. Pour négocier une seule condition est avancée; les Noirs de ce pays doivent jouir des pleins droits de citoyenneté.Le monde vient de perdre un militant devenu un symbole de la lutte contre la ségrégation raciale, de la liberté, de la justice et de la démocratie. La garantie des droits égaux à tous les citoyens a été le terme de négociations extrêmement tendues avec le gouvernement. Des menaces de violence et des dérapages ont ponctué le parcours de Nelson Mandela vers la démocratisation et la liberté. Les tractations difficiles menées avec...
commentaires (2)

FAUDRAIT EN IMPORTER "UN"... DES ABRUTIS NOUS EN AVONS À LA PELLE !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

10 h 21, le 14 décembre 2013

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • FAUDRAIT EN IMPORTER "UN"... DES ABRUTIS NOUS EN AVONS À LA PELLE !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 21, le 14 décembre 2013

  • l'histoire et la situation particulière de l'Afrique du Sud ne peut pas être comparé au contexte libanais. Je pense que toutes les confessions sont chacune bien organisées autour de leurs chefs.C'est un renouvellement éternel et familial pour assurer une descendance tribale à la tête de leur de leur parti ou milice. Rêver d'un Mandela libanais est une utopie` Citez moi, parmi tous nos politiciens, ceux qui sont capables de sacrifier leur confort matériel, leur famille pour un Liban démocratique, laïc, indépendant, voire neutre !!! Depuis 1981, date à laquelle j'ai foulé la terre libanaise, ce sont toujours les mêmes noms : Joumblat, Gemayel, Berry, etc Seul Arafat a disparu !!!! Il était loin d'un Mandela

    FAKHOURI

    00 h 54, le 13 décembre 2013

Retour en haut