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Martin Sheen à l’honneur à Dubaï : « Je suis enfin en paix avec moi-même ! »

Invité par le Festival international du film de Dubaï, le comédien Martin Sheen, qui vient de recevoir un prix d'honneur pour sa carrière, s'est quelque peu dévoilé devant une assistance nombreuse, rassemblée au théâtre de Souk Jumeira. Une conversation à bâtons rompus qu'il n'a jamais interrompue avec son public.

Invité par le Festival international du film de Dubaï, le comédien Martin Sheen (gauche), qui vient de recevoir un prix d’honneur pour sa carrière, a livré ses impressions et jeté une certaine lumière sur sa carrière devant la presse et quelques fans, rassemblés au théâtre de Souk Jumeira.

Il a probablement pris du poids et il n'a plus cette allure et même ce sourire dissimulé de ses débuts. Un sourire « James Deanesque » et une façon d'incliner son regard qui a fait son « trademark ». Mais Martin Sheen, aujourd'hui âgé de soixante-treize ans, n'a rien perdu de cet aspect juvénile et de ce « baby face » (malgré les cheveux blancs) qui lui a permis de travailler avec les plus grands cinéastes de notre temps et d'obtenir des rôles qui ont marqué l'histoire du cinéma.


De sa basse note aux examens, un 3 qui a fait de lui un jeune homme sans diplôme (une honte à l'époque pour son père) à son statut d'acteur célèbre, un parcours riche en turbulences, mais surtout en « bonnes choses », dira-t-il à l'intervieweur. Il est de cette génération d'hommes qui ont tout laissé tomber pour poursuivre leur étoile. « Aujourd'hui, je suis en paix avec moi-même, affirme-t-il, et même heureux de la vie. » Martin Sheen ne se souvient même pas de l'époque où il ne faisait pas du cinéma. « Comme si toute ma vie je faisais partie de ces acteurs, même lorsque moi-même je les regardais sur l'écran. »


Et pourtant, le comédien n'a pas toujours été tête d'affiche. Et même s'il s'était fait remarquer dans le film Badlands de Terrence Mallick en 1973, sa carrière peinait à décoller. C'est un hasard lorsqu'en 1979 il remplace Harvey Keitel après quelques semaines de tournage dans le film Apocalypse Now de Francis Ford Coppola. Ce rôle allait devenir une performance anthologique dans l'histoire du cinéma. Plus particulièrement cette scène d'ouverture, dite de « la chambre d'hôtel », que le public a pu revoir sur l'écran devant les yeux effarés de Sheen qui a avoué qu'il a tardé à la voir parce qu'elle lui faisait mal. Cette scène paraît d'autant plus effrayante « quand on connaît les détails du tournage », précise le comédien. En effet, pour rentrer dans la personnalité malade et fragile de son personnage, Martin Sheen s'enferme pendant deux jours dans la chambre d'hôtel, tout en buvant des quantités impressionnantes d'alcool. « J'étais alcoolique à l'époque et j'ai demandé à Coppola de me laisser faire et de faire face seul à mes démons. » L'acteur le fait si bien qu'il s'ouvre la main en brisant un miroir. Coppola veut arrêter de tourner, mais Sheen insiste pour continuer. Il sera même victime d'une grave attaque cardiaque, qu'il traitera après le tournage, prenant cinq semaines de repos seulement avant de reprendre le travail.


Ce n'est que dans les années 80 que Martin Sheen se réconciliera d'abord avec la foi (il est de mère irlandaise), et par la suite avec lui-même. « Je suis sobre à présent et tout cela est bien derrière moi. » Lorsqu'on lui demande avec quel cinéaste il a aimé le plus tourner, il répond sans hésitation « avec tous, mais avec une petite préférence pour "Marty" qui aime profondément ses acteurs ». Aujourd'hui, Martin Sheen est un démocrate engagé. Son activisme se traduit dans des actions pacifiques comme celle contre l'entrée des troupes en Irak ou d'autres servant l'écologie. N'a-t-il pas incarné durant six saisons le fameux président Jed Bartlet dans la fameuse série The West Wing écrite par Aaron Sorkin ? Un président idéal, concentré de Clinton, Kennedy et Carter, précise-t-il avec un diplôme en plus, dit-il en rigolant. Le cinéma est donc pour Martin Sheen un certain reflet de la vie qu'on peut remanier à sa guise.

Il a probablement pris du poids et il n'a plus cette allure et même ce sourire dissimulé de ses débuts. Un sourire « James Deanesque » et une façon d'incliner son regard qui a fait son « trademark ». Mais Martin Sheen, aujourd'hui âgé de soixante-treize ans, n'a rien perdu de cet aspect juvénile et de ce « baby face » (malgré les cheveux blancs) qui lui a permis de travailler avec les plus grands cinéastes de notre temps et d'obtenir des rôles qui ont marqué l'histoire du cinéma.
De sa basse note aux examens, un 3 qui a fait de lui un jeune homme sans diplôme (une honte à l'époque pour son père) à son statut d'acteur célèbre, un parcours riche en turbulences, mais surtout en « bonnes choses », dira-t-il à l'intervieweur. Il est de cette génération d'hommes qui ont tout laissé tomber pour poursuivre...
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