Des manifestants ont déboulonné et renversé une statue du leader de la révolution de 1917, Vladimir Lénine. Maxim Zmeye/Reuters
Plusieurs centaines de milliers d'Ukrainiens proeuropéens ont réclamé hier à Kiev le départ du président Viktor Ianoukovitch, dans une nouvelle démonstration de force.
Drapeaux ukrainiens et européens en main, entre 250 000 et 300 000 manifestants ont investi la place de l'Indépendance et les rues voisines, selon des journalistes de l'AFP. Les organisateurs ont affirmé que le nombre de manifestants avait « approché un million », tandis que la police a évalué le rassemblement à 60 000 personnes. L'opposition, mobilisée depuis le refus du pouvoir de signer un accord d'association avec l'UE, a ainsi confirmé la mobilisation de la semaine précédente, la plus forte dans le pays depuis la Révolution orange qui avait porté au pouvoir les forces pro-occidentales et qui avait déjà pour centre la même place, aussi appelée Maïdan. Elle accuse le président ukrainien de vouloir jeter l'Ukraine dans les bras de la Russie.
« Élargir la contestation »
Dans un acte de défi envers Moscou, une trentaine de manifestants ont renversé une statue du leader de la révolution de 1917 Vladimir Lénine située également dans le centre et servant de point de rassemblement aux communistes locaux. Deux députés du parti ultranationaliste Svoboda (Liberté) ont assisté à cette scène, selon un photographe de l'AFP sur place. Le député d'opposition Andriï Chevtchenko a assuré que l'acte avait été accompli par un groupe isolé sans la bénédiction du mouvement dans son ensemble.
Plus tôt dans la journée, devant les manifestants, l'un des dirigeants de l'opposition, Arseni Iatseniouk, avait de son côté appelé à « élargir la contestation » et à « bloquer le quartier gouvernemental ». Une partie des manifestants a installé plusieurs tentes près du siège du gouvernement et a commencé à ériger des barricades avec des corbeilles à fleurs dans ce quartier.
Dans le même temps, les services spéciaux ukrainiens (SBU) ont annoncé l'ouverture d'une enquête pour tentative de « prise de pouvoir » suite « aux agissements illégaux de certains hommes politiques » non désignés. De tels actes sont passibles d'une peine allant jusqu'à dix ans de prison.
Près de 20 000 opposants au pouvoir se sont par ailleurs rassemblés à Lviv, dans l'ouest du pays traditionnellement proeuropéen, tandis que des rassemblements plus modestes ont eu lieu dans plusieurs villes de l'Est, économiquement et culturellement plus proche de la Russie.
Sur le plan diplomatique, la Commission européenne a annoncé une visite à Kiev dans la semaine de la ministre européenne des Affaires étrangères Catherine Ashton. Son homologue français Laurent Fabius a indiqué de son côté qu'il recevrait à Paris l'un des leaders de l'opposition, le champion de boxe Vitali Klitschko, qui a appelé hier à une grève générale visant à « faire tomber le pouvoir ».
La crise qui agite l'ex-République soviétique de 46 millions d'habitants est encore montée d'un cran après la visite vendredi du président Viktor Ianoukovitch en Russie où il a discuté avec son homologue Vladimir Poutine de « partenariat stratégique ». La Russie a été accusée par les Européens d'avoir exercé des pressions économiques et des menaces « inacceptables » sur l'Ukraine pour qu'elle renonce à l'association avec l'UE.
Pour mémoire
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Ce soir sur France 2 , une emission de Calvi sur mots croises , le theme : a quoi nous sert encore l'Europe ? et les nikrainrien se jettent dans la gueule du piege a cons .
12 h 12, le 09 décembre 2013