Un soldat a été tué et plusieurs autres ont été blessés dans de nouveaux heurts à Tripoli. Ibrahim Chalhoub/AFP
Le calme précaire qui prévalait ces dernières 48 heures à Tripoli a été rompu hier en cours de journée lorsque des tirs et des accrochages ont été signalés dans le périmètre de la zone de combats habituelle entre Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen, ainsi qu'à d'autres endroits de la ville.
Un militaire a été tué et neuf personnes blessées, dont six soldats, dans ces heurts qui ont ainsi entaché la trêve imposée depuis quelques jours par l'armée. « Un militaire a été tué et six soldats, dont un lieutenant, ont été blessés dans des échanges de tirs entre l'armée et des hommes armés de Bab el-Tebbaneh », a déclaré à l'AFP une source sous le couvert de l'anonymat.
Dans l'après-midi, les échanges de tirs ont commencé lorsque des jeunes s'en sont pris à une équipe de télévision qui filmait dans la rue de Syrie.
« L'armée est intervenue et des tirs ont éclaté entre ces hommes et les soldats, a expliqué la source. L'incident a dégénéré et des échanges de tirs ont ensuite opposé les deux quartiers, l'armée ripostant en direction des deux bords. »
Par la suite, l'armée a riposté à des tirs de combattants de Bab el-Tebbaneh et a fait usage de gaz lacrymogène, a précisé le responsable, faisant état de huit blessés.
Les tirs des francs-tireurs ont également fait un blessé, Walid Fatmeh Abou Omar, qui a été transporté à l'hôpital.
Comme convenu sur base du nouveau plan sécuritaire dont le commandement a été confié à l'armée, les soldats ont poursuivi leurs patrouilles dans la ville, démantelant les barricades érigées ici et là, notamment aux alentours de l'axe Starco-Jabal Mohsen.
Un échange de tirs a également eu lieu entre l'armée et des individus armés au rond-point de Malloula après qu'un groupe de jeunes eurent bloqué l'axe international reliant Tripoli au Akkar pour des raisons restées inconnues. Une personne, de la famille Awad, a été arrêtée pour avoir tiré des coups de feu en l'air.
Dans la foulée, et poursuivant parallèlement ses perquisitions afin de mettre un terme à la présence des milices armées, les soldats ont arrêté trois personnes recherchées pour avoir fait usage d'armes et pris part aux combats à plusieurs reprises. Il s'agit de Seifeddine et Bilal Nasr Hassoun, et Abdel Hamid Mohammad Awad.
Dans un communiqué, l'armée a précisé avoir déféré par ailleurs quatre détenus devant le parquet militaire, arrêtés pour leur implication dans les derniers affrontements à Tripoli. Il s'agit de Jaafar Tamer, Malaz Dibo, Ala' Dibo et Ahmad Chami.
Dans un entretien accordé à la LBC, le ministre de la Défense, Fayez Ghosn, a tenu à clarifier l'idée que les nouvelles mesures sécuritaires prises à Tripoli « ne signifient aucunement que la capitale du Nord est devenue une zone militaire », mais que l'armée est « désormais prête à intervenir à chaque fois que la ville est appelée à faire face à des circonstances exceptionnelles ».
Le ministre, qui avait rencontré le chef de l'État, Michel Sleiman, et le chef de l'armée pour évoquer ce sujet, a saisi l'occasion pour inviter les politiques à cesser d'assurer une couverture politique aux combattants. Le sujet de Tripoli a été en outre au centre d'un entretien entre le chef de l'armée et le président du Parlement.
Kabbara en faveur d'un plan équitable
Dans une réaction, le député de la ville, Mohammad Kabbara, a insisté sur la nécessité d'appliquer le plan sécuritaire à Tripoli « de manière équitable et de manière à trouver le bon équilibre entre toutes les parties ». Le député a appelé les habitants à coopérer avec l'armée et les forces de l'ordre.
Le membre du bloc du Futur, Khaled Zahraman, a réitéré pour sa part la demande maintes fois formulée, notamment par ce camp politique, pour désarmer la ville. Le député a évoqué les opérations de perquisitions effectuées par la troupe qui ont abouti, au cours des dernières 24 heures, « à la saisie de plusieurs dépôts d'armes ».
« Cependant, a ajouté M. Zahraman, nous ne pouvons afficher notre optimisme encore, tant que le plan sécuritaire n'aura pas englobé le désarmement total (de l'ensemble des miliciens). »
Le mufti de Tripoli, cheikh Malek Chaar, a invité pour sa part les protagonistes à adopter un discours calme, mettant en garde, une fois de plus, contre les dangers que comporte la période actuelle.
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09 h 43, le 06 décembre 2013