Des manifestants ont tenté hier de bloquer les accès au siège du gouvernement à Kiev, continuant d’occuper la place de l’Indépendance. Viktor Drachev/AFP
Les trois ex-présidents qui se sont succédé à la tête de l'Ukraine depuis son indépendance en 1991 – Léonid Kravtchouk, Léonid Koutchma, parrain politique de l'actuel chef de l'État, et Viktor Iouchtchenko – ont apporté un soutien de poids aux manifestants ukrainiens partisans de l'intégration à l'Union européenne, en exprimant dans une lettre ouverte commune leur « solidarité avec les actions pacifiques de centaines de milliers de jeunes Ukrainiens ». Le mouvement « a un soutien sans précédent » dans la société, ont écrit les trois ex-présidents. « Leur attachement au choix européen, aux valeurs démocratique, suscite le respect », ont-ils souligné à propos des manifestants.
En outre, le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle s'est rendu à Kiev auprès des contestataires pro-européens. Arrivé hier soir dans la capitale ukrainienne qui accueille aujourd'hui et demain une réunion de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), M. Westerwelle a aussitôt rencontré les dirigeants de l'opposition, dont les deux frères Klitschko, champions du monde de boxe qui s'entraînent en Allemagne. « Nous sommes ici en tant qu'Européens chez les Européens. Les portes de l'Union européenne restent ouvertes. L'Ukraine doit être à bord de l'Europe et les propositions européennes restent d'actualité », a-t-il déclaré devant la presse après la rencontre avec l'opposition. Accompagné des frères Klitschko, le ministre des AE est ensuite descendu à pied sur la place de l'Indépendance, haut lieu de la révolution orange pro-occidentale de 2004, où ils ont pris un bain de foule.
Prudence occidentale
Ces déclarations interviennent avant la réunion ministérielle de l'OSCE prévue de longue date, et qui a été maintenue malgré la crise. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, Guido Westerwelle et une trentaine de délégations seront présentes. Le ministre canadien des AE John Baird a quant à lui déclaré qu'il comptait « parler personnellement aux autorités ukrainiennes et leur faire comprendre, en des termes non équivoques, que leurs actions ne sont pas conformes aux normes démocratiques auxquelles le peuple ukrainien a droit ». Le secrétaire d'État américain John Kerry a, lui, estimé hier que les Ukrainiens devraient avoir « la possibilité de choisir (leur) avenir », sans « pression extérieure », en une allusion évidente à la Russie, qui aurait poussé Kiev à suspendre la conclusion d'un accord d'association entre l'Ukraine et l'Union européenne.
Jusqu'à présent, les États-Unis et les pays européens ont réagi avec prudence face à la crise ukrainienne. La modération des Occidentaux se résume dans une déclaration des ministres des Affaires étrangères des 28 pays membres de l'OTAN, dont John Kerry, réunis mardi et hier à Bruxelles. « Nous exhortons le gouvernement et l'opposition à engager le dialogue et à lancer un processus de réforme », ont-ils déclaré. « Nous appelons toutes les parties à s'abstenir de toute provocation », ont-ils ajouté, tout en condamnant « l'usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques ». « Le ton de la déclaration est plutôt modéré », a estimé un diplomate européen. « Il s'agit de ne pas braquer la Russie à l'heure où nous travaillons bien avec elle sur les dossiers du nucléaire iranien et des armes chimiques syriennes », selon lui.
Sergueï Lavrov a néanmoins dénoncé l'ingérence des pays de l'Alliance atlantique dans les affaires intérieures de l'Ukraine, au lendemain de leurs critiques publiques de l'attitude du pouvoir à Kiev : la déclaration de l'OTAN « envoie un mauvais message » en créant « une vision déformée de la réalité », a commenté le ministre russe à l'issue d'une réunion avec ses homologues de cette organisation à Bruxelles.
Dans la capitale, plusieurs milliers de manifestants restaient hier sur la place de l'Indépendance où des tentes et des braséros étaient installés pour faire face au froid. « L'Ukraine, c'est l'Europe », est-il écrit sur leurs pancartes.
Le Premier ministre ukrainien Mykola Azarov avait mis en garde hier contre l'aggravation des tensions à Kiev. « Le Parlement a exprimé hier sa confiance dans le gouvernement. C'est un fait que l'opposition et nos partenaires à l'étranger doivent accepter », a déclaré M. Azarov, en ouvrant le Conseil des ministres, le premier depuis la mobilisation de l'opposition dans les rues de Kiev. « J'appelle à arrêter l'escalade de la tension politique », a-t-il déclaré, alors que des manifestants avaient encore tenté hier de bloquer les accès au siège du gouvernement, en plein centre de Kiev, et continuaient d'occuper la place de l'Indépendance, sur laquelle ont été érigées des barricades. À titre de rappel, le Parlement, dominé par le Parti des régions (au pouvoir), a en effet rejeté mardi une motion de défiance dont l'examen avait été imposé sous la pression de la rue.
En outre, le Premier ministre a menacé les manifestants de poursuites. L'Université de Kiev a été sommée de fournir les listes d'étudiants susceptibles d'avoir pris part aux manifestations pro-européennes et contre le pouvoir, a ainsi rapporté hier le quotidien en ligne Ukraïnska Pravda. La veille, un tribunal de Kiev a placé en détention provisoire pour deux mois neuf suspects de troubles dimanche devant l'administration présidentielle, une décision dénoncée hier par l'opposition. « Ces neuf personnes, dont des journalistes, entrepreneurs et pères de famille nombreuse, ont été illégalement interpellées », a déclaré Arseni Iatseniouk, l'un des leaders de l'opposition, accusant les forces de l'ordre de « couvrir » ainsi les agissements illégaux des policiers. Toutes les décisions sont basées sur les témoignages d'un même membre des troupes antiémeute, a-t-il ajouté, les qualifiant de « criminelles ».
(Source : AFP)


ESPÉRONS QUE LES CENTAINES DE MILLIERS DE JEUNES IRANIENS FERONT BIENTÔT DE MÊME CONTRE CES MOLLÂHS PERS(C)ÉS....
16 h 38, le 05 décembre 2013