Le Portugal est parvenu à échanger hier 6,64 milliards d'euros d'obligations arrivant à maturité en 2014 et 2015 contre des titres à échéance 2017 et 2018, réduisant ainsi le montant de la dette à rembourser dans les deux prochaines années.
Cette opération, qualifiée de « succès » par le gouvernement comme par les analystes, est censée préparer le retour à un plein accès aux marchés financiers en juin 2014, date à laquelle expire le plan d'aide internationale dont le pays bénéficie depuis mai 2011.
L'Institut de gestion du crédit public (IGCP) a annoncé avoir racheté 837 millions d'euros d'obligations à échéance juin 2014, 1,64 milliard arrivant à maturité en octobre 2014 puis 4,16 milliards à échéance octobre 2015.
Le montant total à rembourser à ces dates a ainsi été réduit de 26,99 à 20,35 milliards d'euros.
Dans le même temps, le Trésor portugais a placé auprès des investisseurs intéressés par un rendement supérieur 2,67 milliards d'euros d'obligations à échéance octobre 2017 au taux de 4,67 %, et 3,96 milliards en titres arrivant à maturité en juin 2018, assortis d'un taux de 4,95 %. « Nous estimons que l'échange de dette est un grand succès pour le Portugal en vue de la conclusion de son plan d'aide », a commenté David Schnautz, analyste de Commerzbank.
Avec une réduction de 24,6 % des besoins de financement pour les deux prochaines années, « le taux de participation n'est pas mauvais du tout et il s'agit d'un soutien important pour que le Portugal puisse revenir sur les marchés l'an prochain », a souligné Patrick Jack, un stratégiste obligataire de BNP Paribas.
« L'opération est un succès qui nous donne confiance en vue d'un retour progressif aux marchés », s'est félicité le secrétaire d'État aux Finances, Manuel Rodrigues, lors d'une conférence de presse.
Cet échange de dette intervient à la veille de l'arrivée à Lisbonne des experts de la troïka UE-BCE-FMI pour un nouvel examen trimestriel du programme de rigueur et de réformes que le Portugal s'est engagé à mettre en œuvre, en échange d'un prêt de 78 milliards d'euros accordé par l'Union européenne et le Fonds monétaire international.
Pour conclure son plan d'aide selon le calendrier prévu, Lisbonne cherche à reconquérir la confiance des investisseurs afin de financer une dette qui atteindra près de 128 % du produit intérieur brut (PIB) cette année.
Le pays n'a jamais quitté les marchés de la dette à court terme, mais doit pouvoir réaliser des émissions à long terme afin de retrouver son autonomie financière.
Pour y parvenir, le Portugal avait réalisé un premier échange de dette en octobre 2012, avant d'émettre cette année ses premières obligations, à cinq puis à dix ans, par le biais d'emprunts syndiqués permettant de tester l'appétit des investisseurs sans courir trop de risques.
©AFP


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine