L'entreprise de normalisation du Front national (FN) se heurte au discours de la base, comme le montrent les récents cas de transfuges venus de gauche ou de droite qui ont quitté le parti avant même la campagne pour les élections municipales.
Marine Le Pen peut cependant arguer qu'elle prend des sanctions fortes et rapides et que cela reste un « épiphénomène » par rapport à la masse des candidats, le FN espérant pouvoir présenter 623 listes en mars, souligne Jean-Yves Camus. Le politologue note que le FN, qui récuse sans convaincre jusqu'à présent l'étiquette d'extrême droite, reste soumis à un traitement médiatique différent des autres partis politiques. « Après tout, rien ne dit qu'il n'existe pas de candidats d'autres formations aux municipales qui eux aussi tiennent des propos parfois osés », dit ce spécialiste de l'extrême droite.
Néanmoins, le retrait de deux candidats – l'un UMP, l'autre PCF – démontre le caractère imparfait de la formation donnée aux militants et le problème du parti à faire émerger des candidats crédibles, ajoute Jean-Yves Camus. « L'entreprise de normalisation se heurte à la différence qui existe souvent entre le discours de la base, quand elle se libère un peu, et l'extrême polissage du discours qui a été imposé par Nanterre (siège du parti) à toutes les fédérations, à toutes les sections, à tous les candidats », estime-t-il. Le politologue souligne que les sites des fédérations « sont entièrement normés et ne font que reprendre ce que leur donne le national » afin d'essayer « d'aseptiser » le discours.
Anna Rosso-Roig, ancienne syndicaliste de la CGT et candidate du Front de gauche aux législatives de 2012 à Marseille, a claqué la porte en novembre, six mois à peine après avoir rejoint le Rassemblement Bleu Marine (RBM). Elle estime toutefois que Marseille reste la « frange dure » du parti, celle de Jean-Marie Le Pen, « habitué à radicaliser les discours, la ligne du FN telle qu'il l'a toujours menée ». « Il me semblait pourtant qu'il existait une différence entre Marine et son père, mais je pense que c'est un parti qui ne peut pas être réformé », estime-t-elle.
Pour Jean-Yves Camus, le FN ne peut pas se débarrasser du jour au lendemain « d'une ambiguïté fondamentale qui tient à ce que des gens y adhèrent en pensant que le parti les autorisera à aller plus loin que ce qu'il peut tolérer ». « C'est difficile dans un parti qui se veut antisystème. Car qui dit antisystème dit transgressif, et c'est bien la raison pour laquelle beaucoup de militants y adhèrent », explique-t-il. M. Camus souligne toutefois que le FN a attiré de longue date des transfuges et que certains ont fait un « aller simple ». « Tous les transfuges ne partent pas au bout de trois mois », dit le politologue, rappelant qu'outre Florian Filippot, l'actuel n° 2 du FN, Marine Le Pen a pris comme directeur de cabinet Philippe Martel. Ce haut fonctionnaire, qui se décrit comme « un gaulliste chez Marine Le Pen », a en effet travaillé pour l'ex-président Jacques Chirac à la mairie de Paris puis pour l'ex-Premier ministre Alain Juppé lorsqu'il était aux Affaires étrangères.
Lire aussi
Éducation à la française, le billet d'Emilie Sueur
La France devient-elle raciste ?
France: nouvelle suspension d'un candidat d'extrême droite pour racisme
Marine Le Pen peut cependant arguer qu'elle prend des sanctions fortes et rapides et que cela reste un « épiphénomène » par rapport à la masse des candidats, le FN espérant pouvoir présenter 623 listes en mars, souligne Jean-Yves Camus. Le politologue note que le FN, qui récuse sans convaincre jusqu'à présent l'étiquette d'extrême droite, reste soumis à un traitement médiatique différent des autres partis politiques. « Après tout, rien ne dit qu'il n'existe pas de candidats d'autres formations aux municipales qui eux aussi tiennent des propos parfois osés », dit ce...


QUE CE SOIT ELLE OU LUI, CE NE SERA TOUJOURS QU'UNE MERDOUILLE FASCISANTE COUPÉE EN DEMIE.... TFÎÎÎhhh !
01 h 00, le 04 décembre 2013