Dans son allocution préenregistrée, le président de la Coalition nationale syrienne (CNS), Ahmad Jarba, a d'abord qualifié le président martyr René Moawad de « symbole de la modération, dont nous avons plus que jamais besoin ». Estimant que la relation entre la Syrie et le Liban avait été celle d'un « occupant avec un occupé », M. Jarba a déclaré : « Nous-mêmes, en tant que syriens, étions occupés par ce régime. Ce dont les Libanais ont souffert, les Syriens en ont également souffert, en l'occurrence ce régime rusé et sournois. J'ai un ami libanais qui me disait qu'il déprimait à chaque fois qu'il entendait le parlé syrien : cela lui rappelait les barrages syriens qui l'avaient insulté et avaient offensé sa petite amie, sa sœur, sa mère, son père, son frère... Après la révolution syrienne, m'a-t-il dit, ce dialecte est désormais comme de la musique à ses oreilles. Depuis mars 2011, une véritable réconciliation a eu lieu entre la Syrie et le Liban. Les Libanais ont su que les Syriens ne sont pas tous avec le parti Baas, le régime Assad, ou le régime fallacieux de la moumanaa », a déclaré Ahmad Jarba.
« Assad souhaite prendre la communauté alaouite en otage, a affirmé le président du CNS. La guerre aujourd'hui en Syrie oppose une famille mafieuse et, avec elle, un groupe de chabbiha formé de toutes les composantes, d'une part, au peuple syrien, d'autre part. Certains takfiristes ont tenté de voler la révolution, mais la guerre en Syrie oppose ceux qui sont avec la dictature à ceux qui sont libres. Certains tentent de l'emmener dans une autre direction, précisément les takfiristes, avec l'aide du régime, qui les a entraînés et les a envoyés en Irak lorsque les Américains s'y trouvaient. Il y a aussi une ingérence militaire iranienne flagrante et déclarée sur le terrain, de l'aveu des Iraniens eux-mêmes. Le Hezbollah aussi est présent, ainsi que des extrémistes irakiens, a poursuivi Ahmad Jarba. Ce qui protège les minorités en Syrie, c'est la démocratie. Ce qui protège la coexistence, qui est une garantie pour les minorités en Syrie, c'est la démocratie. Et non seulement en Syrie, mais dans toute la région », a-t-il noté.
Concernant les relations avec le Liban telles qu'il les perçoit, M. Jarba a déclaré : « Le tracé des frontières est ce qui réconforterait le plus le Liban, et ce sera notre première revendication. Le second dossier est celui des détenus libanais dans les prisons du régime : certaines parties libanaises, en dépit de leurs relations privilégiées avec le régime syrien, n'ont rien fait jusqu'à présent à ce sujet. Ce sont les relations politiques équilibrées entre les deux pays qui feront avancer la situation. Nous ne voulons pas que le Liban soit un nid de moukhabarat. Nous voulons une ambassade qui gère les affaires des Syriens à Beyrouth, et la réciproque à Damas. »
Et de conclure : « En Syrie, la modération représente la majorité, en dépit de tout ce que vous entendez. Ces forces radicales obscurantistes constituent une minorité, je l'assure. Durant les guerres, les extrémistes apparaissent, mais lorsque la situation se stabilise, ces anomalies disparaissent. La guerre prendra fin et la liberté reviendra. Nous en finirons avec cette ère dont nous souffrons ensemble, Libanais et Syriens, depuis 40 ans. »
Liban
Ahmad Jarba : « En Syrie, la modération représente la majorité »
OLJ / le 30 novembre 2013 à 00h54

